‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 136 sur 214 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

toire romaine , aurait été le premier théâtre de la grandeur italienne, bien des siècles avant la fondation de Rome, par le séjour qu’y fit, en ces âges reculés, un chef pélasge fugitif.

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De son hymen avec le Ciel elle (la Terre) eut ensuite le profond Océan et l’aimable Téthys 1

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L'Océan eut d’elle (de la Terre) le courageux Phorcys2.

Tel est le langage mythologique, qui, sous une obs cure théogonie, enveloppe et nous cache les origines des choses; mais voici le langage de l’histoire et de la science. Varron 3 dit : Ab satu est dictus Satamus. « De «l’art de semer il a été dit Saturne. »

Joseph Scaliger4 commente ainsi ce passage :

Nam quod hic mutavit qaædam Vertranias, valde Jalsus est, cum sensum Varronis assequi non quiret. Porro Saturai nomen Tuscum esse omnes mihi concèdent qui sciant syriace, etpro certo liaient ohm Tuscorum linquam aramœam fuisse Satamus enim linqua syriaca siqnificat latentem. Unde in

1 Hésiode, Thèotj.\. i32.

1 Ibid. v. 233.

3 Lang. lut. liv. IV.

4 Conjeclanea, p. 3o.

agro latino quasi interprétantes vocarant eum Latium, et ejus uxorem Opem, Latium. Et, in pontificalibus indigita mentis, dicebatur Latia Saturni. «Dans les changements «qu’il a faits à ce texte, Vertranius s’est tout à fait «trompé, n’ayant pu parvenir à découvrir le sens de «Varron. En effet, tous ceux qui savent le syriaque « conviendront avec moi que le mot Saturne est étrus- «que, et ils conviendront aussi que la langue primitive « des Etrusques était araméenne ou syriaque. Or, Sa- «turne, en langue syriaque, signifie qui se cache. D’où «les Latins, interprétant dans leur langue le sens de ce « mot , appelèrent Saturne Latius , et sa femme Ops , u Latia, comme si l’on disait le caché, la cachée; et dans « les formules pontificales on disait : Latia Saturai. »

Ce passage du savant Scaliger, qui assurément ne pensait pas à créer ma Théorie, lui est on ne peut plus favorable, et confirme, de son autorité, l’opinion que j’ai émise sur l’origine des Pélasges dans l’Exposi tion précédente. Il en résulte ce double fait, que les premiers Dodonéens vinrent en Grèce, des côtes cananéennes ; de même aussi , la première lueur de civilisation dont l’histoire nous donne la date, en Italie, y fut portée par une colonie venue des mêmes côtes.

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