‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 15 sur 214 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

appelée cyclopéenne , parce qu’on en attribuait l’origine au peuple arcadien de ce nom; c’est ce qu’explique la légende inférieure du tableau destiné à représenter l’irrégularité constante de toutes les nuances de ce genre de construction multiforme. Cette légende, tirée d’un vers d’Euripide, consiste en ces mots : Kvx’Xconcuv €<x9pa. ‘, signifiant que la partie inférieure a été bâtie par les Cyclopes, comme si le poète à qui nous l’empruntons avait voulu montrer qu’il avait déjà remarqué le fait constant de i’épitéichisme des constructions helléniques au-dessus des constructions cyclopéennes. Les Cyclopes primitifs d’Arcadie paraissent aussi , selon les traditions recueillies par Aristote, avoir habité originairement la Thrace.

La partie supérieure du frontispice, qui représente la construction à la règle droite, est caractérisée par cette autre légende qui nous est également fournie par Euripide : Ùp0o7(ji xa.vbcri’1 2 « à la règle droite. » Sur le cadre de ce tableau, à la fois historique et allégorique, s’appuient, d’un côté, un de ces Pélasges primitifs, antiques habitants des montagnes phéniciennes, dont parle Pausanias ; et, de l’autre, un Phénicien habitant des plaines, dont le nom est d’une date postérieure à celle du premier. On a fait tenir au Cyclope la règle flexible de plomb des Lesbiens, ?fjs Aeaëi'as olxoSofxrjs b [xo’hiëStvos xavcov, à l’aide de laquelle, suivant Aristote3, les Pélasges de Lesbos traçaient l’épure irrégulièrement polygone de toutes leurs

1 Le Cyclope, v. 352.

2 Les Tivyennes, v. 6.

1 Traite des mœurs, liv. V, cliap. xiv.

MONUMENTS GYCLOPEENS.

constructions en gros blocs de pierre dure qu’ils assemblaient sans Ciment. Le Pélasge primitif est caractérisé , comme l’était le Jupiter Hcnpwos, Paternel, suivant Pausanias1, par un troisième œil placé au milieu du front; ce qui indique à quelle haute antiquité remonte la coutume du tatouage, usitée chez les peuples qui n’ont pas encore complètement passé de la vie nomade à la stabilité de la civilisation.

Le costume du Phénicien ou Pélasge des temps postérieurs , représenté de l’autre côté du cadre , se compose de la toge et de la tunique à manches. La toge, qui est l’habit spécialement significatif de la civilisation était devenue commune aux citoyens des villes pélasgiques, suivant les traditions anciennes que Tertullien nous a conservées dans son traité De pallio; car, au temps du premier chef pélasge, Inachus ( dont le nom , qui vient ici à l’appui de cette assertion , se lit au sommet de notre tableau des généalogies et des synchronismes), les Arcadiens, comme nous l’avons dit précédemment, d’après Pausanias, n’étaient vêtus que de peaux d’animaux et ne se nourrissaient encore que du gland doux [qnercns bellota) , ou du fruit de l’espèce de hêtre nommé par les botanistes modernes fagus castanea. Ces deux arbres, qui fournirent une nourriture toute préparée aux premiers habitants des montagnes, se reproduisent toujours spontanément aux mêmes lieux, et couvrent encore aujourd’hui les flancs des montagnes de l’Arcadie , comme nous l’apprennent les voyageurs modernes. Notre frontispice est, en outre, sur- 1 Liv. II, chap. xxiv.

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