‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 178 sur 214 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

«Delphes La plaine située aux cn-

« virons de Cirrha demeure toujours inculte; on n’y «plante aucun arbre, soit par la crainte "d’encourir «quelque malédiction, soit qu’on ait remarqué que les «arbres ne s’y plaisaient pas. On dit au sujet de Cirrha

« et c’est de cette Cirrha que

«la ville a pris, à ce que l’on assure, le nom quelle « porte maintenant. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’Ho- « mère , dans l lliade et dans son hymne à Apollon , « l’appelle Crissa, de son ancien nom. Les habitants s’é- « tant portés, dans la suite, à diverses impiétés envers « Apollon et s’étant même approprié une partie de «son domaine, les Amphictyons ordonnèrent par un « décret de prendre les armes contre ces sacrilèges. « On confia la conduite de cette guerre à Clisthène , «tyran de Sicyone, et l’on fit venir d’Athènes Solon, «pour servir de conseil à ce généi'al. L’oracle de Dcl- « plies ayant été consulté sur le succès de cette guerre, «la Pythie, au nom du dieu, répondit en ces termes: « Vous vous flattez de prendre Cirrha, malgré les tours et les « remparts qui la défendent; mais c’est envain, jusqu’à ce que « la mer vienne baigner de ses flots mon domaine. Alors So- « Ion [usant de sa sagesse ordinaire] persuada aux Am- « phictyons de consacrer à Apollon toutes les terres qui «étaient aux environs de Cirrha afin que, le domaine « du dieu s’étendant jusqu’à- la mer, l’oracle pût s’ac- « complir. Ensuite, pour faciliter la prise de Cirrha, il « imagina de détourner le fleuve Plistus , qui passait «dans la ville. Mais, voyant que les assiégés conti- « muaient à se défendre, parce qu’ils avaient de l’eau

u de puits et de citernes qui pouvait leur suffire, il fit «jeter dans le fleuve une grande quantité de racines « d’ellébore , et , quand ces racines eurent communiqué « leur vertu aux eaux , il fit reprendre au fleuve son pre- « mier lit. Les assiégés, charmés de revoir le Plistus «passer à l’ordinaire dans leur ville, burent avidement «de ses eaux; ce qui leur causa une si violente diar- « rliée, qu’ils furent bientôt obligés de quitter leurs rem- « parts. Les Ampbictyons, maîtres de la ville, châtièrent «les habitants, et vengèrent l’injure faite à Apollon. Ce « fut alors que Cirrha devint le port de Delphes b »

Pliocus, fils d’Ornytion, de qui les Phocéens tirent leur origine, avait eu deux fils d’Antiope, fille de Nyctée, Panopeus et Crissus; ce dernier fonda la ville de Crissa , selon Hécatée.

Cette ville a été décrite par la plupart des voyageurs modernes que nous avons cités; elle est à une demiheure de Delphes, en allant vers la mer, dont elle est éloignée de trois quarts d’heure. L’enceinte en est formée de pierres calcaires, non taillées, et très-grandes. Elle est située sur une hauteur fort escarpée.

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