PREMIÈRE PARTIE
toire , cela étant confirmé par toutes les indications de l’ancienne topographie la plus exactement vérifiée, de nos jours même, en Italie, en Grèce, dans les îles de l’Archipel et en Asie.
L’elfet produit à Paris, dans le monde savant, par cette importante nouvelle, fut assez singulier. Ennius- Quirinus Visconti, qui venait d’être acquis à la France, avoua d’abord franchement, ainsi qu’il convenait à un homme doué comme lui d’un génie supérieur, qu’après avoir mûrement examiné les faits, le mémoire lu sur cette question récemment soumise au jugement de l’Institut de France lui avait (ce sont ses propres expressions) fait tomber les écailles des yeux. Il ajouta que, durant tout le temps de son séjour à Rome, il allait, chaque année , passer l’automne dans la ville pélasgique d’Alatri , mais qu’il avait, avec tous les antiquaires d’Italie, considéré les remparts de cette ville comme ayant été bâtis par les Romains, sans avoir jamais réfléchi sur les questions que pourrait susciter le nouveau langage résultant de la lithologie raisonnée des constructions diverses et des époques historiques révélées par cette même lithologie aux scrutateurs de l’histoire primitive de la région.
Dupuis, satisfait de trouver dans ma découverte la confirmation palpable du fonds de vérité dont il avait profité pour fortifier le premier de ses deux mémoires à l’Institut, voyait, d’un autre côté, un fait qui détruisait la théorie purement hypothétique du second; car alors il ne fallait plus aller au fond de l’Ethiopie chercher le berceau immédiat d’une civilisation dont les vieux
MONUMENTS CYCLOPEENS.
murs des villes de notre Europe montrent les commu nications intermédiaires, et qui, venue de l’ancienne terre de Chanaan a traversé l’Asie Mineure et la Grèce, jusqu’à la Sabine, comme le prouvent les connexités historiques et topographiques établies sur le témoignage continuel des listes généalogiques des premiers rois fondateurs.
C’était aux académies réunies qu’il appartenait de proposer une question aussi intéressante et si neuve ; c’est ce qui eut lieu en i8o4, quand la classe des beaux-arts, après une réunion générale, fit imprimer, publier et répandre dans toute l’Europe savante un examen détaillé de la question. B nous a paru essentiel de faire précéder l’explication des monuments pélasgiques par un extrait de cet examen dont la publication fut un des motifs qui nous déterminèrent à en former la collection.
Eclaircissements demandés par la classe des beaux-arts de l'Institut national de France , sur les constructions de plusieurs monuments militaires de l'antiquité. ( Paris , i8o4, in- 4°. )
«Une théorie qui, comparant les antiques monuc< ments militaires de l’Italie avec ceux de la Grèce, offri- « rait pour résultats de nouvelles lumières sur la filiation «des peuples et sur l’histoire des arts, est soumise de- « puis trois ans à l’examen de l’Institut national.
« Cette théorie, considérée sous le point de vue relatif « aux travaux dont la classe doit essentiellement s’oc-