‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 28 sur 214 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

«cienne, attendu qu’on n’en trouve aucune dont l’ôri- « ginc soit assignée ni au temps de la république , ni au «temps des empereurs, on peut croire que leurs murs « datent des temps antérieurs à l’établissement des Latins «en Italie, et présumer qu’ils auront été construits par «les Pélasges qui ont occupé ces régions dès les temps « les plus anciens. Quiconque fera quelque observation « relative à cette invitation est prié d’en adresser les do- «cuments authentiques à M. l’abbé Scarpellini, secré- « taire de l’académie des Lincei à Rome. »

L’objet de cette invitation fut parfaitement rempli par les soins de nos amis. Le duc Caetani prit la peine d’imprimer la feuille, de ses propres mains, à sa typographie domestique; le chevalier d’Agincourt voulut graver aussi de sa main les spécimens de constructions à peine connues : les évêques, les curés et les architectes de tout le pays des Èques, des Herniques, des Volsques et des Sabins, recueillirent et légalisèrent les pièces officielles propres à constater les i'ésultats des recherches faites et publiquement provoquées par eux.

Ce fut alors, par suite de l’intérêt toujours croissant pour des matières d’une aussi haute critique, qu’après être devenu membre de l’Institut de France je lus, à la séance publique du 3 juillet 1807, un discours, reproduit par le Moniteur, dans lequel je fis connaître l’état des recherches entreprises sur les monuments cyclopéens de 1 Italie et de la Grèce; on put dès ce moment se faire une juste idée de l’imporlance des études com mencées à ce sujet.

Enfin, la recherche des monuments cyclopéens de la

Sabine de Vairon fixa tellement l’attention de l’Acadé mie des inscriptions et belles-lettres, que, sur le rap port de trois commissaires, MM. Visconti, Quatremère de Quincy et Mongez , la compagnie vota les fonds néces saires pour envoyer, de Rome sur les lieux, l’architecte Simelli, de Rieti, avec mission de rechercher les monuments de la Sabine, d’en lever les plans, d’en dessiner géométriquement les constructions et même les vues perspectives. Les découvertes de cet architecte , et les dessins par lui envoyés à l’Académie , ont fourni les moyens de faire exécuter les premiers monuments li gurés de notre collection , les plans topographiques des monuments les plus propres à constater l’existence des villes pélasgiques, citées par Varron comme étant déjà, pour la plupart, ruinées de son temps, et situées entre Rieti et les fleuves de l’Anio, du Tibre, et même jusqu’au Liris , mais non au delà , comme il le dit lui-même. Les colonies pélasgiques n’avaient pas dépassé le Liris à l’occident; au nord, elles s’étaient arrêtées à la ligne transversale des villes de construction cyclopéenne d’Ameria , de Spoleto et de Gortona, ce qui s’est encore tout récemment vérifié avec la plus grande exactitude par le témoignage d’autres savants français, anglais et allemands , lesquels ont ainsi augmenté la certitude des faits topographiques, et en ont étendu les conséquences.

C’est donc en l’année 1807 que fut commencée l’exécution en relief des monuments pélasgiques; les circonstances étaient alors favorables, c’était même une nécessité.

Tous les voyageurs distingués se trouvant alors à

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