‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 29 sur 214 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Rome prirent tellement part à la controverse de cette grande question, qu’au même temps où la commission de l’Académie des inscriptions examinait la Sabine, et que cinquante-deux de ses monuments étaient déjà dessinés et envoyés à Paris par l’architecte romain Simelli , les monuments du pays des Herniques l’étaient simul tanément par M. Middleton, venu pour cet objet des Etats-Unis d’Amérique; par M. Dodwell , architecte anglais, et par Mme Dionigi, artiste paysagiste romaine, laquelle, comme elle en convint depuis, induisit en erreur, par l’infidélité de ses premiers dessins pittoresques, le burin de l’habile graveur Gmellin.

Or, il résulta de ce concours divers ouvrages publiés (tonnât atlantique), qui furent présentés à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, mais dont la publication excita longtemps la critique et l’opposition la plus ani mée d’une section de la philologie germanique, dont le Journal encyclopédique de Millin se rendit l’organe , on dirait presque le complice, pendant plusieurs années. Ces querelles auraient dû cesser absolument quand l’artiste romaine eut positivement avoué, dans les livraisons de son Latium, que le dessin imaginaire reproduit par Millin, et devenu l’objet des discussions, était purement pittoresque et n’avait absolument rien de conforme au monument.

Pendant que ces recherches se poursuivaient sous le contrôle de vérifications multipliées et rigoureuses, dans les environs de Rome, le Moniteur universel , le Magasin encyclopédique et le Nouveau Mercure allemand , étaient les principaux ouvrages périodiques où s’agitaient vive-

MONUMENTS CYCLOPEENS.

ment ces questions polémiques en France et en Allemagne. Le Moniteur surtout accueillait presque seul avec impartialité tout ce qui lui était adressé pour ou contre cette théorie. Mais le rédacteur du Nouveau Mercure allemand, croyant apparemment l’honneur national compromis parce qu’un Français avait osé publier le premier des idées aussi hardies , les accueillit d’abord avec ironie, comme une instruction profitable, disait-il, aux savants architectes et antiquaires de l’Allemagne, tels que les Hirt, Genelli, Gentz, Rode, Stieglitz, Weinbrenner et autres. Mais M. Flirt fut le plus directement provoqué par M. Bœttiger, lorsqu’à la fin d’un long article consacré, en i8o5, à cette question alors naissante, le savant rédacteur du journal s’exprimait ainsi:

« Un homme instruit , qui réunirait les connaissances «de l’architecture à celles de l’archéologie, rendrait « un grand service aux nombreux amateurs de ces deux «sciences, s’il voulait pousser ces explications plus loin. «J’ose ici, continuait M. Bœttiger, inviter nommément « M. Hirt , de Berlin , à communiquer aux lecteurs de ce « journal son opinion sur cette matière.»

Je ne sais si le savant académicien a répondu plus tard à cette invitation dans quelque ouvrage périodique, il ne m’est du moins rien parvenu de relatif à ce sujet, si ce n’est ce passage de la deuxième édition de l’Histoire de l’architecture, publiée à Berlin en 1821, dans lequel il s’explique en ces termes 1 : « On trouve en d’au- « très parties de la Grèce , et dans l’Italie moderne , des «restes considérables de murs d’enceinte, entièrement

1 Ton). I, pag. 1 95.

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