‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 33 sur 214 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« à une construction qui appartient au genre qu’il appelle « structurée orclinariæ , ou construction disposée en ran «gées (de ordo, rang), comme l’a bien remarqué Per « rault, dont l’explication a été dernièrement confirmée, « de manière à n’en pouvoir douter, par les savantes oba servations de M. le professeur Schneider. Vitruve coin « pare ces constructions , disposées en rangées ou en « corps d’assises d’une petite hauteur, aux constructions « en briques, lateritiæ, qu’elles imitent, et il en distingue « trois espèces : Yisodomum, dans laquelle les assises ou « rangées sont toutes égales en hauteur; la pseudisodomum , « dans laquelle les corps d’assises varient de dimensions , « quoique chaque assise soit composée de pierres d’une « hauteur égale ; enfin Yemplecton, ou la construction en « trelacée, dans laquelle les assises ou rangées sont com- « posées de pierres inégales, de manière qu’une rangée « semble , par la dilférente hauteur de ses pierres , se mê- «ler ou s’entrelacer avec la rangée supérieure. Vitruve, « en s’arrêtant à cette troisième espèce de construc- « tion à rangées, ordinariæ, a remarqué une différence « importante qui existait dans la manière dont Yemplec - « ton était exécuté par les Romains, et la manière em « ployée par les Grecs ; remarquons qu’il est question « de ciment dans l’une et dans l’autre. Il préfère la mé- « thode grecque à celle des Romains , parce que , dit-il , « ceux-ci posent de champ les pierres qui forment les «parements ( arrecta coria locantes), et ils garnissent le « dedans d’un blocage qui ne peut pas tenir assez soli- « dement aux deux parements. Les Grecs, au contraire, «ne garnissent pas de blocage ces constructions; mais

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«les pierres dont ils les forment sont couchées ( plana « collocantes ) ; plusieurs d’entre elles se prolongent iné- « gaiement dans l’épaisseur du mur, et quelques-unes «vont même d’un parement à l’autre. Cette différence « rend ïemplecton des Grecs plus solide , tandis que celui «des Romains n’est censé pouvoir durer que quatre- « vingts ans. Les constructions en briques, continue-t-il, « sont bien plus solides.

«Ces raisonnements, ces détails, ces comparaisons, «montrent évidemment que Vitruve n’a pas entendu «désigner par le nom à'eniplecton, les constructions en «grands blocs sans ciment, mais seulement une espèce «de construction, cæmentitiæ et ordinariæ, comme il l’a «dit expressément à la fin du chapitre vu précédent, et « dans le même chapitre vm , c’est-à-dire qu’il a rangé uï'emplecton dans le nombre des constructions compo- « sées de petites pierres ( cæmentitiæ ), et où les petites «pierres sont disposées en cours d’assise [ordinariæ) , « caractères qui ne peuvent pas convenir aux construc- «tions qui font l’objet des recherches de notre savant « confrère.

«Ainsi, les passages de Vitruve, indiqués par M. Sic- « kler, ne pouvant pas se rapporter aux mêmes construc- « tions gigantesques sur lesquelles M. Petit-Radel a fixé ((depuis plusieurs années l’attention des artistes et des «antiquaires, les opinions et les conjectures de notre « confrère ne peuvent recevoir aucune atteinte de l’ap- «plication de ces passages.

«A ce seul résultat se borne le travail de votre com «mission. Elle n’a dû se proposer d’autre but que de

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