‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 34 sur 214 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« fixer, autant que possible , le véritable sens de quelques « expressions tant soit peu équivoques d’un auteur clas- «sique qui a fait, depuis la renaissance des arts, la base « de l’enseignement dans les écoles d’architecture. Au « reste , la commission , en donnant son avis sur l’inter- « prétation de ces passages, ne prétend préjuger d’aucune « manière le fond d’une question sur laquelle les opi- « nions des savants sont encore partagées. »

Le rapport est signé : Quatremère de Quincy, Dufourny, Heurtier, commissaires, et Visconti, rapporteur.

Il parut ensuite, mais à diverses époques, d’autres opinions favorables ou contraires à la théorie. D’abord , au tome second de son Dictionnaire d’architecture, article Incertum, publié en 1820, dans l’Encyclopédie méthodique, M. Quatremère, resté fidèle à la doctrine développée dans le rapport précédent, s’exprime ainsi : « On a longtemps appliqué le nom d'opus incertum à ces « restes de murailles antiques qu’on trouve dans les « ruines d’un grand nombre de villes grecques ou ro- « maines, et qui sont formées d’énormes blocs de pierres «irrégulièrement taillées, dont l’aspect offre aussi des «joints incertains et irréguliers. Il paraît constant, d’a- « près le passage de Vitruve1, qu’il ne donne ce nom « qu’à un genre de maçonnerie formée de petites pierres «ou de moellons irréguliers dans les joints, et liés par « du ciment. »

Malgré cette opinion si clairement énoncée, malgré les rapports académiques signés par lui avec Visconti 1 Liv. II, chap. vin.

et les autres commissaires de l’Institut , et quoiqu’il en fût toujours résulté, par suite des théories nombreuses établies sur les monuments de près de quatre cents cités, que toutes les villes de construction cyclopéenne portaient seules le caractère de leur antiquité pélasgique, voici néanmoins comment M. Quatremère s’est exprimé dans le passage suivant de l’article Polygone irrégulier, au troisième volume de son Dictionnaire, publié en 1 82 5.

« On a essayé de faire d’une telle bâtisse le caractère «diagnostique d’un peuple (les Pélasges), d’une époque « de l’art, ou d’une classe de monuments en particulier; « mais tout système à cet égard est aussi difficile à sou- « tenir qu’à recevoir. S’il s’agit d’un peuple, on voit une «pareille méthode, indiquée souvent par la nature « même des matériaux , se produire par toute la terre « avec quelque différence sans doute , mais telle que « toute méthode, même la plus uniforme en comporte. « Si l’on prétend que la construction en polygones irré- «guliers fut presque uniquement d’un certain âge, et « des siècles reculés de l’art de bâtir, en Grèce et ailleurs, « la chose ne peut guère être douteuse , tant il entre dans « cette méthode de cet art sans art que l’instinct dut ins- « pirer de tout temps aux peuples à qui la nature en «fournit les moyens et les matériaux. Mais que jamais « depuis et dans les temps postérieurs on n’ait employé «cette construction, c’est ce qui, d’une part, ne saurait «être prouvé, et de l’autre ne paraîtra pas probable, « surtout si l’on réfléchit que cette manière d’assembler « les pierres fut constamment celle qu’on adopta pour «la confection des voies romaines; quelle raison aurait

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