‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 35 sur 214 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« empêché de s’en servir dans les constructions verti- « cales ? »

Pour détruire ou du moins pour affaiblir l’impression singulière causée par la lecture de ce passage, eu égard à son opposition avec ce qui est exprimé dans le rapport académique précédent, nous nous empressons de dire (pie dans la dernière édition du même Dictionnaire, annoncée en 1 83 3 \ cet article a été réduit aux trois premières lignes, résultat sans doute d’une tardive conviction; mais le doute était lancé, et un doute de l’auteur du Jupiter olympien, dans un ouvrage didac tique, ne saurait être négligé ni passé sous silence.

J’avais pensé que toute l’Allemagne aurait partagé l’opinion de M. Sickler, mais je me suis détrompé quand j’ai vu M. Niebuhr exalter tellement l’antiquité des monuments cyclopéens qu’il ne craint pas de les regarder comme l’ouvrage d’une nation antérieure aux temps historiques. Cette opinion a été développée par M. Niebuhr dans son Histoire romaine1 2. Le rédacteur de l’analyse de cet ouvrage écrivit, dans les Annales encyclopédiques de Millin 3 4, une dissertation assez étendue, dont je ne rapporterai que la fin, conçue en ces termes :

« Les peuples qui ont construit les monuments cyclo- « péens et ceux des Étrusques devaient être riches en «instruments de fer; les sciences, l’industrie et l’archi « tecture avaient certainement fait des progrès chez eux;

1 Journal de la librairie, n° I, art. 3g.

2 Roemischc Geschichte. Berlin, 1811 et 1812.

5 Tom. Vf, année 1817, pag. 147 et suiv.

« mais ce qui mérite le plus notre admiration , c’est la «persévérance, la prévoyance de l’avenir, le désir de « faire un ouvrage pour l’éternité.

« La parfaite ressemblance qui existe dans la cons- « traction des murs du Péloponnèse et ceux du Latium « fait croire que les peuples qui les ont érigés sont d’une « origine commune, et qu’ils ont apporté leur art d’Asie, «leur patrie primitive. Il n’y a pas de raison suffisante «pour attribuer à l’ architecture des Cyclopes, qui se «servaient de polygones irréguliers, une plus haute an «tiquité qu’à celle des Etrusques, qui assemblaient de

« grands parailélipipèdes en couches horizontales

« On a rencontré des murs qui sont construits dans les «deux ordres : Cosa, la seule ville d’Étrurie (avec Sa- «turnia) qui ait des murs cyclopéens, n’est pas des plus «anciennes (sans doute comme appartenant l’une et «l’autre à la seconde expédition pélasgique). Cependant « il est probable que les forts du Latium ont existé avant «l’invasion des Étrusques, et qu’ils ont arrêté leurs con- « quêtes. Or, si cette invasion a eu lieu, comme on le « croit communément , un ou deux siècles avant la «guerre de Troie, les murs du Latium sont plus an- « ciens que ceux d’Argos et de Mycènes. Dans tous les «cas, les murs des Herniques et clés Etrusques en Ita- « lie , et ceux du Péloponnèse , sont les monuments les « plus anciens de la civilisation européenne. »

Je regrette beaucoup de voir l’auteur de cet article garder l’anonyme; j’ai tout lieu de croire qu’il est d’un savant allemand, M. Vinckler, coopéi'ateur de M. Millin. Il n’eût pas commis sans doute l’anachronisme qui lui

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