DEUXIÈME PARTIE
Institut de France. La classe de littérature et des beaux-arts nomme trois commissaires, MM. David- Leroy, Dupuis et Ameilhon, pour rendre un compte raisonné du premier mémoire que j’ai soumis à cette société savante, le 19 mars 1801. La lecture de ce rapport a été faite à la séance publique de cette classe, le 4 septembre suivant.
M. le duc Caetani et de Sermonetta, prince de Caserta, savant italien, mon bote à Rome et mon ami, devint partisan de ma théorie dès le principe; il n’a point cessé jusqu’à sa mort de favoriser les recherches relatives aux monuments pélasgiques, et de m’en faire connaître les résultats par de nombreuses lettres que j’ai conservées.
M. Fauvel , consul français à Athènes, me communique ses observations sur les murs d’Eleusis, de Mycènes, de Tirynthe, de Midea, d’Hisie, de Delphes, de Melos, d’Eleuthère, de Mégare, de Salamine, et par suite de Tripodiscus et de la tour cyclopéenne qu’il a le premier observée à Thèbes. Ce savant a continuellement fourni des renseignements sur ces matières. Il a fait en Grèce ce qu’avait fait M. d’Agincourt à Rome. Par suite des recherches qu’il a provoquées à l’appui de ma théorie sur les deux âges de construction des murs cyclopéens et de ceux qui sont bâtis en pierres parallélipipèdcs, tous les voyageurs, sans exception, (pii ont visité la Grèce ont adopté l’idée de ces deux périodes bien distinctes d’antiquité. Le même M . P’auvel ,
qui , dès 1801, embrassa mes idées, m’envoya encore un croquis, fait par lui sur les lieux mêmes, le 20 jan vier 1 83s , d’un mur de Bérécynthe, près de Smyrne, et de la vue d’une roche située à l’ouest de cette ville. 11 terminait ainsi la lettre qui accompagnait ce dessin :
«Voilà, mon cher collègue, le résultat de mon «voyage impromptu aux environs de Smyrne. Si mes «forces, qui baissent journellement avec ma vue, me «permettent d’y retourner, je ferai mon possible pour «satisfaire à quelques-unes de vos demandes. Agréez, « en attendant, l’assurance du plaisir que j’aurai à vous « être utile dans vos recherches. »
M. le comte de Choiscul-Gouffier m’envoie les dessins des murs cyclopéens d’Éleusis, de la porte de My cènes et du bas-relief des lions, le plan et la coupe du trésor d’Atrée. Il annonça ma théorie dans son Voyage de la Grèce1; et il termine la note qui me concerne par ces mots : « C’est beaucoup d’avoir ainsi « retrouvé quelques feuillets de plus de l’histoire. De « telles découvertes seront toujours précieuses, dussent- « elles laisser subsister encore de nombreuses diffi- « cultés. »
M. Slieglitz, architecte et antiquaire allemand , publie à Weimar l’Archéologie de l’architecture. Dans cet ouvrage 2, il décrit la construction cyclopéenne sans la nommer. En i8o5, cet architecte est compté parmi les adversaires de ma théorie dans le Nouveau Mer-
1 Tom. II, pag. 99; 1809.
2 Tom. I, pag. 95 et 599.