‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 56 sur 214 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

tout de comparer attentivement la nature, la diversité et le nombre des constructions réunies aux remparts des villes antiques, m’a fait part de ses observations sur trente et une villes, dans les murs desquelles la construction cyelopéenne se trouve constamment établie sous des ruines de constructions helléniques en pierres d’un très-gros volume et disposées en lits bori zontaux. Ces constructions sont surmontées à leur tour par des ruines romaines en briques, et par d’auti'es ruines de petites pierres taillées datant du Bas-Empire; enfin on les voit couronnées par des ouvrages slavons, turcs et vénitiens. Quelques monuments réunissent toutes ces constructions perpendiculairement disposées les unes sur les autres, ce qui paraît mettre le sceau à la démonstration du point de critique le plus important de la théorie.

M. Pouqueville a, de plus, fait connaître les monu ments cyclopéens des villes de l’Epire et de la Macédoine, dont on n’avait encore aucune idée. J’en avais seulement soupçonné la construction , d’après un basrelief de la colonne trajane qui me paraissait indiquer cette construction dans les murs de la Dardanie et de la Pélagonie.

Le nombre des monuments cyclopéens observés en Grèce, par M. Pouqueville, s’élève à cent trente-quatre; en y joignant les vingt-deux villes purement de construction hellénique qu’il a soigneusement distinguées des autres, ce savant voyageur aura fourni à lui seul la connaissance de cent cinquante-six monuments de villes antiques. Aucun voyageur n’a répondu avec autant de

MONUMENTS CYCLOPEENS.

zèle aux Questions adressées à toute l’Europe savante par l’Institut de France.

Je transcris ici un témoignage dont j’ai reçu la note écrite de la main de M. Pouqueville :

«Lors du voyage que je fis, de 1790 à 1800, dans «le Péloponnèse, je n’avais nulle idée des monuments «cyclopéens, et je ne voyais dans ces constructions « que des maçonneries de la nature incertain de Vitruve, « erreur qui m’avait été suggérée par mon ami M. Fau- « vel , qui lui-même vacillait sur la dénomination qu’il « devait leur appliquer.

« Ce fut d’après un mémoire et une note de M. Petit- «Radel, qui me furent envoyés en 1807 par M. Barbié «du Bocage, que je recherchai et reconnus l’hiéron de «Dodone, d’api’ès la figure de l’hiéron de la Sabine, et «je crois l’avoir trouvé à Kardikaki. »

Le résultat complet des recherches de M. Pouque ville est consigné dans son Voyage de la Grèce.

M. le docteur Vla'ico , antiquaire de Corfou, résidant à Prasto , l’ancienne Prasiæ , fait des observations d’après lesquelles il faut inscrire cette ville au nombre des villes pélasgiques. On doit au même docteur la connaissance des monuments cyclopéens de Gæranthræ, dans le même canton de la Laconie. Les observations de M. Vlaïco ont été communiquées par M. Pouqueville.

M. Francis Beaufort, capitaine anglais, membre de la Société royale de Londres, publie, en 1817, un

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