‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 58 sur 214 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

monuments des bords du Pont-Euxin et des défilés du Caucase.

M. Brochant d’Antilly, consul français à Valence, en Espagne, chargé de reconnaître le monument précédemment indiqué par M. de Gamba, écrit à l’un des chefs du ministère des relations extérieures qu’il fera faire au plus tôt les recherches qui lui sont demandées.

M. Jauhert de Passa, conseiller de préfecture à Perpignan, m'informe, à son retour de Valence, que, par suite des recherches dont il s’était chargé d’après l’invitation de M. Brochant d’Antilly, il a découvert que le mur du terre-plein du temple de Diane, à Sagonte, est revêtu d’une construction cyclopéenne, dont la ruine est surmontée d’un mur en blocs carrés et parfaitement conformes à ceux du théâtre bâti par les Romains dans la même ville. Cette observation a fourni la preuve matérielle de la fondation de la colonie grecque de Sagonte, fixée à environ deux cents ans avant la guerre de Troie, suivant Pline et Bocchus, cité par ce naturaliste. Le même M. Jauhert a décrit et dessiné les ruines d'Einporiæ.

M. le comte de Clarac, conservateur des antiques du Musée royal de Paris, me communique ses dessins des murs cyclopéens d’Albe des Marses et d’une porte bâtie en ogive par encorbellement, formant galerie allongée, qui se voit à Arpinum, au sommet de l’acropole. Ce monument, tout à fait semblable à celui de la galerie qui règne sur le liane de la forteresse de Ti rynthe, ajoute un nouveau point de comparaison entre

100 MONUMENTS CYCLOPEENS.

l’architecture des monuments les plus anciens des deux contrées.

M. Pertudier, chef d’escadron dans l’artillerie française, me fait part de ses observations sur les murs de Cyzique et de Prusa, en Bithynie.

M. Tromelin, voyageur anglais, observe la construction cyclopéenne à Cranaï ou Cranaé, ancienne forteresse de file de Céphalonie.

M. Cockerell , voyageur anglais , lève les plans d’un grand nombre de villes grecques, entre autres celui de Rhamnus , en Attique.

M. l’abbé Giambatista Bruni, antiquaire italien, publie à Bologne ses Recherches concernant la langue des Pélasges tyrrhéniens. Bans cet ouvrage , en tout conforme aux principes de ma théorie, l’auteur se croit fondé à dire, d’après les textes des anciens historiens, que les Pélasges , qui de l’Hellénie vinrent en Italie , parlaient la langue de leur patrie primitive, laquelle n’était pas la langue grecque d’Homère, mais un idiome composé d’expressions phéniciennes, gètes et tbraces; ce qui confirme la probabilité de mon opinion précédemment émise sur le séjour primitif des Pélasges, que j’ai cru devoir fixer dans l’ancienne contrée de Chanaan.

M. Letronne , de l’Institut de France , rendant compte dans le Journal des Savants 1 de l’ouvrage de M. Francis Beaufort, sur la Caramanie, etc. mentionné ci-dessus à l’année 1817, parle des constructions cyclopéennes conformément à ma théorie.

M. le docteur Holland, médecin anglais , auteur d’un

1 Mai 1819.

Itinéraire en Epire, reçoit de M. Pouqueville les dessins gravés de plusieurs monuments de ma collection, et s’en sert pour se diriger dans les recherches qu’il fait en Thessalie.

M. Wyse, voyageur anglais, me communique un extrait de son journal, qui constate qu’en visitant l’acropole de Pergame, en Asie Mineure, il a trouvé un reste de mur cyclopéen dont les pierres, quoique assez grosses, n’égalent cependant pas celles des ruines cyclopéenncs qu’il a observées à Argos, à My cènes, etc.

M. Jules Didot, voyageur français, me remet un échantillon des murs de Mycènes, avec le dessin d’un mur de Thelpusa en Arcadie, et celui du mur de Pergame de Troie. L’échantillon du mur de Mycènes, apporté par ce voyageur, se voit incrusté sur le modèle n° XL1X de la collection pélasgique.

M. Auguste de Sayve, officier français, me fait part de ses observations sur une partie des murs de Catane qu’il croit être de construction cyclopéenne, et qu’on peut reconnaître, selon lui, au lieu appelé le Boulevard des Pestiférés.

M. Barbié du Bocage, de l’Institut de France, qui depuis longtemps mettait beaucoup de zèle à provoquer les recherches relatives h ma théorie, et è me communiquer les découvertes qui sont venues à sa connaissance, entre autres celles de M. Fauvel en Grèce, m’envoie un article de l’ouvrage de M. Gell, sur l’Attique et les pays environnants, où il est question de murs cvclopéens trouvés à Ahæ, sur la route qui conduit de Bogduna au pont du Céphise et à Lébadie.

M. Starnati Bulgari, capitaine du génie, attaché à l’état-major du général Donzelot, lève le plan de Kardikaki, en présence du consul français Pouqueville, qui certifie l’exactitude de ce plan, et pense que les ruines cyclopéennes de ce lieu fortifié sont celles de l’hiéron de Dodone.

M. Lajard, de l’Institut de France, me donne, par une lettre datée du 1e1' mars, des renseignements sur quelques débris de monuments cyclopéens qu’il a vus à Aix et à Marseille.

M. Stuart, voyageur anglais, publie la relation du voyage qu’il fit, en 1812 et 181 3, sous le titre de Voyage en Albanie et en Grèce, dans lequel il a réuni plusieurs détails sur quelques villes pélasgiques, sans employer les dénominations dont je fais usage. Ainsi, au chapitre vu du tome II , il dit qu’à Bérat une partie de la construction inférieure des murs est un ouvrage des anciens Grecs, au lieu de dire des Pélasges. Au chapitre ix du même tome , il appelle les substructions de Castri pseuclo- cyclopéennes, distinction fausse qu’il a empruntée de M. Gell.

M. le chevalier Albert de la Marmora, capitaine des grenadiers de la garde du roi de Sardaigne , m’écrit de Turin que, devant aller dans file de Sardaigne, il se propose d’y faire des recherches topographiques relativement à ma théorie, et il me demande communication des dessins cités dans les rapports de l’Institut. Après avoir reçu de moi ces dessins, le zélé voyageur

Page 1