TROISIEME PARTIE
« La façade ci-dessous de la roche est supposée masquée par des inscriptions, mais, sur les lieux, on la voit épaulée d’un mur à la base duquel sont les ruines d’une construction cyclopéenne successivement restaurée en ouvrage réticulaire en briques, en maçonnerie confuse mêlée de fortes tuiles. Ces supcrpo sitions, faites avec chaux et ciment, marquent à l’œil exercé les divers temps auquels le culte de la très-sainte Circé de l’inscription a persévéré sur ce sommet après l’empire de Marc-Aurèle, comme en d’autres lieux écartés de Rome au temps de Symmaque, dernier protecteur public du culte païen, vers l’an 3 95 de l’ère vulgaire. »
Au milieu de la même plate-forme, 011 voit les débris d’un temple, dont les gouttières fournissaient d’eau la citerne que l’on voit plus bas à gauche.
Ce fut, ainsi que je l'ai déjà dit, en juin 1 792 que je gravis cette roche pour la première fois, afin d’en rapporter à Rome un palmier-éventail. Cette monocotylédonée, que je rencontrai enracinée entre les blocs de l’ara Circes , fut cause que je m’arrêtai à examiner ces antiques constructions, et c’est dès ce moment que fut enfin fixé le caractère distinctif des monuments pélasgiques parmi les autres monuments architecturaux des anciens.
On voit, de ce côté du modèle, les trois degrés de l’autel pélasgique, bâti à l’instar des autels de la loi mosaïque, et les restaurations pratiquées du temps de Marc-Aurèle ou postérieures à lui, qui se reconnaissent à l’emploi continuel de la règle droite.
MONUMENTS GYCLOPÉENS.
AD
PROMVNTVR ■ VENERIS PVBLIC • CIRGEIENS VSQ • AD • MARE ■ M TERMINO • LXXX
J’ai lu cette inscription topographique gravée en lettres onciales sur la roche vive du chemin des tours de garde , sur les flancs du mont Circé. Elle se trouve aussi gravée en plusieurs autres endroits, mais elle ne s’est conservée nulle part dans son intégrité : le temps l’a détruite en grande partie et l’a rendue presque inintelligible. Ortelius pense, d’après Breventanus , que promuntur est le même mot que promontorium , « promon- « toire de Vénus publique Circéienne, » et que le reste de l’inscription devait marquer, ou la distance du lieu où elle se trouve à l’hiéron de la déesse, ou bien les distances marquées pour le circuit du promontoire, qui était, comme on l’a vu, de quatre-vingts stades (un myriamètre et demi ) , selon Théophraste.
D’après la tradition recueillie par Hésiode , le pays et les habitants du Latium avaient tiré leur nom de Latinus, un des fils que Circé eut d’Ulysse, et qui régna sur eux. Voici le passage d’Hésiode :
Kipjo? S’HeXiou OvyÛTrjp TTrepiovfècto,
Tsivolt Ùûvacrrjos TaXtxcrKppovos èv <pi"kÔTï)Ti Aypiov, v;§e Aartvov àpipovà ts xpcnepàv ts ,
O: h'ijroi pâXa t^Xs p-v^ÿ) vyjcruv ispauv,
TI &atv Tvpcry]votcriv dyankenotcriv avaacrov.
Circé, fille du Soleil, fils d’Hypérion, dans son union avec l’infortuné et courageux Ulysse, enfanta deux fils, Agrius, et Latinus remarquable par sa justice et par sa vaillance; ils ré-