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MORPHOLOGIE ET STRUCTURE DES MYXOSPORIDIES

Un des principaux caractères des Myxosporidies consiste en ce que chez elles la sporulation ne représente pas une phase particulière de l’existence, marquant la fin du cycle évolutif, comme cela s’observe de la façon la plus nette, chez d’autres Sporozoaires tels que les Grégarines. On voit, au contraire, ici, les corps reproducteurs se former de très bonne heure au sein de l’organisme qui n’en continue pas moins à se mouvoir et à s’accroître.

L’étude des phénomènes de sporulation ne devrait donc pas être séparée de celle de la constitution des organismes eux-mêmes.

Cette division, tout artificielle quelle puisse être, étant par ailleurs indispensable à la clarté de la description, j’examinerai successivement les caractères des Myxosporidies, puis ceux des spores et enfin le mode de formation de ces éléments et leur destinée ultérieure.

Dujardin est le premier observateur qui se soit exactement rendu compte de la véritable nature de nos parasites. 11 reconnut, en effet, qu’il s’agissait de «productions animales distinctes», représentées par des végétations sarcodiques ramifiées, ressemblant a des Amibes, et renfermant les spores que l’on avait prises jusque-là pour dos organismes autonomes {Psorospermies de J. Muller). Dujardin, au contraire, les rapprochait des navicelles ou spores des Grégarines.

Cette observation fut bientôt confirmée par d’autres auteurs, et tout d’abord par Leydig et Lieberküiin.

Le premier découvrit, dans la bile de divers Plagiostomes, des masses de protoplasma colorées en jaune et renfermant des Psorospermies (Chloromyxum Leydigi , Ming.). Il n’y vit pas de noyaux et elles lui semblaient immobiles ; comme Dujardin, il les rapprochait fies Grégarines et regardait les Psorospermies comme représentant des navicelles.

SUR LES MYXOSrORIDIKS.

Likbkrkühn observa dans la vessie urinaire du Brochet eide la Lote des corps très semblables aux précédents renfermant également des Psorospermies {Mj/ridium Liberkühni). Il exprime, à l'égard de leur parenté avec les Grégarines, une manière de voir identique a celle de Leydig. Pas plus que ce dernier auteur, il n’a réussi a découvrir d’éléments nucléaires dans ces masses protoplasmiques, mais il put constater qu’elles sont douées de mouvements amiboïdes.

Plus tard, Gabriel (1878), reprenant l’étude du Myxidium Liéberliülun , contesta l’existence de ces mouvements ; mais il ont été maintes fois observés depuis, tant sur la même espèce (Balbiaxi, Bütsciili, etc.), que sur un grand nombre d'autres.

C’est Bütsciili qui, le premier, reconnut l’existence de noyaux dans le protoplasma des Myxosporidies, tant dans les formes libres que chez celles qui vivent dans les tissus.

J'arrive maintenante l’exposé de mes propres observations, au cours duquel j’aurai l’occasion de revenir sur un certain nombre de faits signalés par différents auteurs et qui ne pouvaient trouver place dans le court aperçu qui précède.

La variété que nous avons constatée dans les conditions d’existence des Myxosporidies, exerce sur leur organisation une influence considérable. On observe, par exemple, des différences bien marquée? dans la constitution de ces parasites suivant qu'il s’agit des espèces qui vivent en liberté dans les cavités organiques ou, au contraire, de celles qui se développent au sein des tissus.

Comme il était facile de le prévoir, c’est parmi les premières que l’on trouve les formes les plus parfaites et les plus élevées eu organisation. Il pourrait donc paraître plus naturel de n’aborder leur étude qu’en dernier lieu après avoir examiné tout d’abord les formes les plus inférieures.

C'est cependant l'ordre inverse que je crois devoir adopter en raison de ce fait que le type d'organisation primitif des Myxosporidies me semble représenté par les formes les plus élevées, dont les autres plus simples seraient dérivées par un processus de dégradation, dû a des conditions spéciales d’existence et â un parasitisme plus accentué.

J’aurai d’ailleurs à revenir sur cette question et à donner les raisons qui me portent à émettre cette manière de voir, que je mentionne seulement ici pour justifier la marche suivie dans l’exposé des faits.

P. THÉLOHAN.

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