‹ Recherches sur les MyxosporidiesChapitre 17 sur 87 · REMARQUAS SUR QUELQUES FORMES ABERRANTES · texte numérisé non relu

REMARQUAS SUR QUELQUES FORMES ABERRANTES

Quelques, espèces présentent dans leur constitution certaines particularités qui me semblent mériter une élude spéciale. 11 est, en effet, assez difficile de les rattacher à ce que l’on peut considérer comme le type d’organisation normal des Myxosporidies. Cette sorte d anomalie est, sans doute, plus apparente que réelle et il est bien probable que la connaissance plus complète de ces organismes

P. THKLOHAN.

permettrait de découvrir en eux quelque caraclère par lequel ils se rattachent a l’ensemble du groupe. Mes recherches à leur égard ne m’ont malheureusement pas permis d’arriver à ce résultat ; aussi, je crois préférable d’exposer simplement les faits sans chercher à dissimuler, à l’aide d’hypothèses plus ou moins plausibles, la lacune que l'observation ne m’a pas permis de combler.

Cesformesaberrantes, au moins en apparence, sont les Thelohania et les Pleistophom. J’v joindrai le Mf/cridium iucnrvatum que j’ai parfois rencontré avec des caractères dont la signification est assez difficile à déterminer.

Les Thelohania se montrent dans les muscles de leurs hôtes sous forme de petites sphères revêtues d’une enveloppe bien distincte, dont le contenu varie suivant la phase du développement et se montre finalement constitué par huit spores (PI. îx, fig. 124, 125, 127).

Dans l’état le moins avancé qu’il m'ait été donné d’observer, ces petites sphères sont formées de protoplasma et renferment un noyau : leur enveloppe est déjà parfaitement nette. Leur diamètre varie selon les espèces: 10p. chez Th. octospora, 14 u dans Th. Giardi.

Je ne m’occuperai pas ici des phénomènes dont elles sont le siège pendant la formation des spores et qui seront exposés plus loin. Je veux seulement montrer combien il est difficile de rattacher ces productions au corps protoplasmique des autres espèces.

D’après leur évolution, comme par l'ensemble de leurs caractères, elles semblent correspondre à la sphère primitive de ces dernières.

Mais si l’on admet cetle interprétation, comment expliquer leur origine? Si elles sont nées, comme c’est la règle chez la généralité des Myxosporidies, au sein d’une masse de protoplasma, qu’est devenu celui-ci? 11 semble bien difficile d’imaginer qu’il a disparu : dans les autres espèces, il reste toujours un reliquat plasmique considérable, meme chez les individus dont l’évolution est achevée cl qui ne renferment plus déjeunes sporoblastes mais seulement des spores mûres.

Or ici, tant dans les recherches que nous avons faites avec M. Henneguy que dans celles que j’ai pu faire depuis, nous n’avons jamais rencontré au milieu des tissus envahis aucun autre élément parasitaire que les petites sphères à divers degrés de développement.

Peut-être aussi pourrait-on admettre que chacune de celles-ci représente un individu particulier qui se serait transformé tout entier en une sphère primitive.

Sim LUS MYXOSPORIDIKS .

2 ir»

Mais dans ce cas, ces individus présenteraient une constitution absolument anormale et une évolution plus particulière encore . Leur origine serait également bien obscure.

En tout cas, l’individu primitif qui leur aurait donné naissance nous a complètement échappé.

Il y a là évidemment, dans l’histoire de ces parasites, un point que nos recherches n’ont pas élucidé.

Il me semble, toutefois, que l'hypothèse que j’ai indiquée en dernier lieu, est celle qui se rapproche le plus de la vérité, et je crois que c'est dans cette voie que l'on trouvera des faits qui permettront de déterminer l’origine et la signification exacte des caractères particuliers que revêtent les Thdohnnin , et de combler la lacune qui les sépare des autres Myxosporidies.

Les Pleistophom se rapprochent beaucoup des organismes précédents : ils n’en diffèrent, en somme, que par les dimensions plus considérables des petites sphères et le nombre plus considérable des spores qu’elles renferment.

Je n’ai pu ici rencontrer des stades aussi jeunes que chez les Thelohania ni observer de sphères protoplasmiques uninucléées : dans les phases les moins avancées que j’aie pu trouver, l’enveloppe renfermait déjà de nombreuses petites cellules dont l'ensemble présentait un aspect muriforinc (PL ix fig. 133, 1*16. 137). Mais il s’agit évidemment d’organismes très voisins, et dont les particularités d’organisation sont absolument identiques et peuvent donner lieu aux mêmes considérations.

Dans certains cas, le Mtjridiuui incurvatum se présente sur les coupes avec des caractères qui rappellent ceux des espèces précédentes ; aussi, je crois devoir signaler ce fait à la suite de ceux que je viens d'exposer.

L’explication des caractères du parasite est ici, en effet, plus facile et cette étude permet de mieux comprendre la véritable nature des particularités offertes par les espèces que nous venons d’étudier.

La fig. 55 (PL viii), représente une partie d'une coupe de la vésicule biliaire d’un Syngnnthus arus envahie par le M, încurcalttm.

Accolée contre la face internede l’épithélium (ep), on voit une masse assez considérable (M) constituée par un amas de petites sphères formées d’un protoplasma très transparent, réfringent, à peine granuleux. Leur périphérie semble occupée par une fine membrane

transparente. La plupart sont do petite taille et renferment un noyau. Dans d'autres, l’enveloppe présente des dimensions plus considérables et son contenu plus volumineux est divisé en deux ou quatre petites masses secondaires nucléées (b). Dans quelquesunes enfin, on observe deux spores (sp.) ; quelquefois, il n’y en a qu’une seule, mais ce fait semble tenir a un accident de préparation.

Quelle est la nature de ces éléments? Je crois qu’ils représentent autant d’individus distincts. Les faits que j’ai pu constater en étudiant cette espèce sur des préparations fraîches, ne me semblent pas permettre d’autre interprétation. Dans ces conditions on la trouve, en effet, représeniée dans la vésicule biliaire de ses différents hôtes par de petits individus ordinairement à peu près sphériques, de dimensions très variables, et dont les plus développés peuvent renfermer deux spores. Souvent, on les trouve attachés les uns aux autres par leurs pseudopodes, de manière à former des amas considérables constitués par la réunion d’exemplaires de taille très variable, dont beaucoup sont extrêmement petits. Ce sont très probablement de semblables amas qui, après avoir subi faction des réactifs, revêtent l’aspect représenté dans la fig. 53.

J’aurai à revenir plus loin sur l’origine de ces individus. Le nombre véritablement énorme des exemplaires que l’on observe ne peut, en effet, s’expliquer que par la prolifération sur place du parasite.

Ce fait vient, comme on le voit, à l’appui de la manière de voir que j’exposais plus haut à propos des Thelohania .

SUR LES MYXOSI>ORir>!KS.

s pou es et smpr/Anox.

Los spores des Myxosporidies présentent une structure compliquée qui constitue Lune des particularités les plus caractéristiques de ces organismes.

Gomme on La vu, elles avaient seules attiré l’attention des premiers observateurs.

Glugk (i)lesvit le premier, en 1S‘JS, chez la Glac/eamicrospoi-a; mais, se méprenant sur leur nature, il les considérait comme un produit de Laltération des petits corps cristallins qui donnent à la peau des Poissons son aspect métallique, erreur que la petitesse de ces éléments rend d’ailleurs parfaitement explicable.

Plus heureux que l’observateur belge. J. Muller observa des spores de taille beaucoup plus considérable (Henneywja , Myxobolm), et dont les particularités déstructuré étaient bien plus faciles à constater.

11 les rencontra pour la première lois dans les petits kystes des muscles de l’œil chez le Brochet : elles se présentaient sous forme de petits corpuscules dont la configuration rappelait celle d’un spermatozoïde ; on y distinguait un corps ovalaire et une queue. Le corps présentait deux faces convexes et une bord aminci ; dans son intérieur, au niveau de l'extrémité opposée à la queue, se montraient deux vésicules baillantes, ovalaires, convergeant parleurs extrémités effilées vers la pointe du corpuscule : le reste de la cavité était occupé par une matière transparente. La queue allait en s’amincissant vers son extrémité libre ; la cavité du corps ne se continuait point dans son intérieur.

L’auteur trouva par ta suite chez divers Poissons, des corpuscules analogues, tantôt pourvus, tantôt dépourvus de quouc, mais présentant toujours des vésicules brillantes à l'une de leurs extrémités.

P. THKLOHÀN.

Il reconnut qu’il s’agissait d’éléments appartenant à des organismes particuliers et non encore décrits : mais, prenant les corpuscules eux-mêmes pour des cires aulonomes, il leur donna le nom de

Psorospermies .

L’année suivante (1842) Creplin, chez une nouvelle forme de Psorospermie qu’il découvrit chez YAceriua l'iilgcu'is , fit une observation importante. Il constata, en effet, la structure bivalve de l’enveloppe et la déhiscence de ces deux moitiés.

A partir de ce moment, nous voyons les auteurs se faire une idée plus exacte de la nature des Psorospermies.

Dujardin (1845)'signala, le preniier, l'existence des masses protoplasmiques au sein desquelles elles prennent naissance et les compara aux navicelles ou spores des Grégarines.

En 1851, Leydig découvre le ChloromgæumLeydigi, et constate que les Psorospermies de cette espèce présentent quatre vésicules à leur extrémité effilée et se développent dans des masses protoplasmiques comparables à des Grégarines.

En 1854, Lîeberkühn (4) décrit les spores de plusieurs formes nouvelles et insiste sur les rapports que présentent ces organismes avec les Grégarines. Il observe en outre la germination des spores, et voit sortir de leur enveloppe une petite masse de protoplasma amiboïde.

En 1863,M. BALRiANi(i)éludiant la constitution des Psorospermies, découvre dans les vésicules brillantes déjà vues par Muller, l’existence d’un filament souvent très long, enroulé en spirale et qui, sous l’influence de certains réactifs, en particulier de la potasse, est susceptible de se dérouler et de sortir par une petite ouverture de l’enveloppe. Il mentionne, en outre, l’existence dans les spores de petits globules réfringents, disséminés sans ordre et en nombre variable.

En 1882, Bütschli (4) confirme ces faits et signale l’existence d’un noyau dans le protoplasma de la spore.

En 1889, Lutz étudie une espèce dont la spore, entre autres particularités, est remarquable pour l’obliquité de la ligne de suture par rapport au grand axe.

SUR LES MYXOSPOH1DIKS.

Enfin, j'ai moi-même depuis 1880, publié d’observations relatives à la constitution des que je présenterai avec plus de détails dans le même temps que quelques faits inédits.

un certain nombre spores, observations présent chapitre, en

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