‹ Recherches sur les MyxosporidiesChapitre 2 sur 87 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

La présence de Myxosporidies n’a jamais été constatée chez VAmphioæuSi non plus que chez les Ganoïdes elles Cvclostomes, mais on en rencontre chez des représentants de la plupart des familles de Plagiostomes et de Téléostéens.

Chez les Plagiostomes, on en connaît trois espèces, qui vivent uniquement dans la vésicule biliaire. L’une, le Chloi-omyxum Leydigi , découverte par Leydig (i) * en 1851 est, répandue chez un assez grand nombre de représentants des différentes familles :

Scyllidés ; ScyIlium catulus, Sc. canicufa.

Spinacidès: Acanthias vulgaris.

Squatinidês : Syuatina A ngélus .

Torpèdjdès : Torpédo wmmorcda et T . oeidcita.

Rajiidés : Raja bâtis . Raja a/ba .

Trygonidés: Trygon rulgaris.

Une auirc espèce que j’ai signalée en 1892 (8) la Ceratoinyxa sphœrulosa , a été observée tout d’abord à St-Yaléry-en-Caux par M. Balbiani, chez le Ga/ens canis et le Mustelns fœuü. Enfin, j’ai

* Les chiffres placés après les noms d'auteurs el en caractères gras renvoient au numéro de leurs mémoires cités il l’Index bibliographique, page 366.

sun les myxosporidies.

trouvélatroisième espèce, Lepfothcca agi Iis chez le Tryrjon rulyaris (Concarneau, le Yivier-sur-Mer), elle existe aussi chez un Scorpœna.

Cn très grand nombre de Myxosporidies vivent aux dépens des Téléostéens.

Certaines familles semblent jouir d’une véritable immunité; tels sonts les Pleuronectidés, les Gycloptéridés. D’autres familles sont peut-être dans le même cas, mais je ne saurais les faire figurer ici, n’ayant pas eu l'occasion d’examiner à ce point de vue les Poissons qui leur appartiennent ou n’ayant pu en étudier qu’un nombre trop restreint pour qu’il me soit possible de tirer de mes observations des conclusions de quelque valeur.

La distribution de ces parasites chez les Poissons semble d’ailleurs très capricieuse et il paraît impossible de dégager des faits connus h cet égard quelque notion générale.

Le genre de vie de ces animaux ne paraît pas avoir, au point de vue qui nous occupe, l'importance qu’on serait tenté à priori de lui attribuer. On aurait pu s’attendre, eu effet, à rencontrer surtout des Myxosporidies chez les animaux les plus sédentaires, surtout chez ceux qui vivent sur le fond, plus ou moins enterrés dans la vase et, au contraire, les espèces pélagiques pouvaient sembler à l’abri de ces parasites ou du moins bien moins exposées à leurs atteintes. En réalité, il n’en est rien et nous voyons, par exemple, la Sardine servir d’hôte à deux espèces bien distinctes, tandis que lTranoscope ne m’en a jamais présenté, non plus que les Triglidés et les Pleuronectidés.

Dans les mêmes ruisseaux, j’ai pêché des Ëpinoches et des Vairons contaminés, vivant côte à côte avec des Cobilis et des Anguilles indemnes.

Le régime alimentaire semble également sans influence ; la Carpe en présente tout aussi bien que la Perche et le Brochet ; les Miujil donnent asile à deux espèces, tandis que certains Squales n’en présentent jamais, etc.

S’il est des Poissons chez lesquels on n’observe jamais de Myxosporidies, il en est d’autres qui peuvent servir d’hôtes à deux, trois et môme quatre espèces différentes, que l’on trouve .souvent en même temps chez le même individu , siégeant dans le même organe ou dans des organes différents.

P. THELOHAN.

Dans la vésicule biliaire du Trygon vulgaris , on peut observer ensemble Chloromyxum Leydigi et Ceratomyxa agilis ; dans celle de la Motella triev'rata : Sphœromyxa Balbianii , Myxidium incurvatum, Ceralomyxa arcuctfa.

Dans le rein de l’Épinoche et de l’Épinochette : Sphœrospora elegans et Iienneguya media.

Chez la Tanche on trouve, et souvent côte à côte, dans le rein, la rate, le mésentère et sur les branchies: Myxobolus ellipsoïdes et M. piriformis.

D’autres espèces peuvent habiter le même hôte, mais toujours dans des organes différents: la Glugea microspora se trouve dans le tissu conjonctif sous-cutané des Gaslerosteus dont le rein et l’ovaire renferment Sphœrospova elegans , Iienneguya media et IL brevis.

Chez Y E ntelurus œquoreus et le Syngnathus acus, la vésicule biliaire est habitée par le Myxidium incurratuni elles muscles sont envahis par le Chloromyxum (quadratum et la Glugea acuta.

Le Blêmi ins pholis peut renfermera la fois :

Sphœromyxa divergeas dans le rein ;

Pleistophora lypica/is dans les muscles ;

Myxidium incurvatum dans la vésicule biliaire.

Le Brochet présente le Myxidium Lieberhuhni dans la vessie urinaire et Y Iienneguya psorospermiea sur les branchies.

Certaines Myxosporidies semblent spéciales à un hôte déterminé e! même à un organe particulier de cet hôte en dehors duquel on ne les rencontre jamais: tel est le Myxidium Lieberhuhni de la vessie du Brochet.

D’autres peuvent envahir divers organes, mais toujours chez la même espèce de Poisson: j’ai déjà cité les Myxobolus ellipsoïdes et piriformis de la Tanche, ou peut y ajouter le Myxobolus du Barbeau.

À côté de ces parasites à espèce hospitalière unique, on en trouve qui sont communes à plusieurs Poissons d’espèce différente.

Ceux-ci peuvent appartenir au même genre ou à des genres peu éloignés: par exemple la Glugea microspoi’a , Y Iienneguya brevis. la Sphmvspora elegans sont communes aux Gasterosteus andeatus et pungitïus : le Chloromyxum Leydigi se trouve chez un grand nombre de Plagiostomes, etc.

SUR IÆS MVXOSPOniDIlCS.

Dans d'autres cas, les hôtes sont très éloignés le*; uns des autres : par exemple, j’ai observé le Chloromtjxtem <jteadrafteut h Roscoff ci à Concarneau dans les muscles du Stjnqnaihies actes el de YEnielurns œquo) , eies rt je l’ai retrouvé à Marseille dans ceux du Jidis vidgaris .

L oMtpvidium f/avœrrt/H>;Hiabitela vésicule biliairodu Syngnathe, de l’Entelure, du Blennies jtholis el delà Moief/a Irieirraia.

Dans d'autres cas, outre la différence entre les hôtesau point devue zoologique, oïl constate des circonstances particulières qui rendent cos faits encore plus caractéristiques.

La Sph(croin;/.ra Balbianii doit être cité h ce point de vue. Très commun à Roscoff dans la vésicule biliaire de la Moi clin irieirraia , je l’ai retrouvé dans la Méditerranée, h Marseille et a Banyuls, dans le mémo organe chez la Copain riebescens ( 1). Celait me semble intéressant à noter, non seulement à cause du peu de rapports qui existent au point de vue zoologique entre la Motelle et la Cépole, mais surtout à cause de la différence profonde entre le genre de vie de ces deux animaux : la Motelle est en effet un Poisson côtier que l’on trouve en abondance à Roscoff en soulevant les pierres, au bas de beau, à toutes les marées un peu fortes, tandis que la C. rtibescens vit à une profondeur relativement considérable et ne se rencontre guère avant 70 ou 80 m .

Enfin, la même Myxosporidie peut se montrer chez des Poissons, non seulement bien éloignés au point de vue de l'organisation, mais vivant dans des conditions toutes différentes, les uns habitant les eaux douces, les autres étant essentiellement marines.

Le Mtjcrobolns Mteüeri se trouve chez un certain nombre de Cvprinidés d'eau douce, Phoj'inus lœcis , Sqtealites cephaltts , etc. : je l’ai retrouvé assez fréquemment à Roscoff dans l’œil du Crenilabrus rnelops.

J’ai observé le Pleisfop/tora dans les muscles du Colites scorpites (Concarneau), du Ben nias pholis (Roscoff), et dans ceux du Gastcrosteiespieacjilim (Rennes).

(1) Lu foiu do eus doux Poissons usl égalumunl unvuhi par une aulru uspccc, la G lu (jeu ovoideu.

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