‹ Recherches sur les MyxosporidiesChapitre 3 sur 87 · BATRACIENS · texte numérisé non relu

BATRACIENS

A. Lutz est, je crois, le premier auteur qui ait signalé la présence des Myxosporidies chez les Batraciens. 11 les avait observées dans la vésicule biliaire de différents Anoures du Brésil, en particulier du Bufo agua .

En 1893, Oiilmacher de Chicago en a signalé dans le rein du Bufo lentiginosus . D’après la forme des spores et les dimensions que donne l’auteur, il semble qu’il s’agit d’une Sphœrospora ou d’une Leptotheca .

Cette espèce habite également le rein de la Ranci esculenta et de la R . fiisca. En France, du moins en Bretagne et aux environs de Paris, elle paraît assez rare et je n’ai pu l’observer qu’un très petit nombre de fois.

La présence de Myxosporidies chez les Urodéles n’avait pas encore été signalée. J’en ai observé dans la vésicule biliaire du Triton cristatuse, t du Tr. marmoratus . Mais ce parasite semble fort peu répandu et je ne l’ai rencontré chez le premier, que dans des individus provenant d’une mare des environs de Betton, près Rennes, et chez des Tritons marbrés pêchés à Redon (2 fois sur 20).

Dans les observations que je viens de rapporter, il s’agit bien nettement de Myxosporidies, comme le montre la présence dans les spores de capsules polaires très facilement visibles.

D’autres auteurs ont découvert chez les Anoures et en particulier chez la Grenouille, d’autres productions parasitaires moins nettement caractérisées au premier abord et sur la véritable existence desquelles il était permis de conserver quelque doute. Leur constitution semblait, en effet, les rapprocher surtout des organismes appartenant à l’ordre dos Microsporidies et c’est à cette opinion que s’étaient en général rangés les naturalistes qui avaient découvert ces parasites.

Depuis que j’ai pu démontrer (il) que les Microsporidies sont de véritables Myxosporidies voisines des Glugea , il y a lien, je crois, de modifier cette manière de voir et de considérer les parasites»en question comme appartenant à ce dernier groupe.

Danilenvsky est, je crois, le premier a les avoir observés; il les a rencontrés dans les muscles de la Grenouille, sous forme de petits utricules, se montrant dans les muscles comme de fines raies blanches d'environ 1 mm à l mm 5 de long et renfermant de petites spores ovoïdes. L’auteur les regardait comme des Microsporidies.

La mémo année (1891), Gariuni trouve dans la Grenouille un parasite qui semble identique au précédent, mais il en fait une Sarcosporidie. Les spores sont semblables à celles décrites par Danilewsky, c’est-à-dire ovoïdes, avec une région claire au niveau de la grosse extrémité : l’auteur les a trouvées tantôt libres, tantôt enfermées en assez grand nombre dans de petits kystes arrondis.

Pfeiffer parle également de cet organisme qu’il n’a pas retrouvé en Allemagne, mais qu’il a étudié à l’aide de pièces que lui a envoyées le professeur Danilewsky. A l’exemple de ce dernier, il le considère comme une Microsporidie.

Malgré de nombreuses recherches, je n’ai pu arriver à rencontrer ce parasite et je ne le connais que par les travaux des auteurs précédents : j’ai pu également l’étudier sur des préparations que M. le D r Pfeiffer a eu l’amabilité de me faire parvenir.

Nous avons vu que Danilewsky et Pfeiffer en font une Microsporidie, tandis que, pour Garbini, il s’agirait d’une Sarcosporidie.

Cette dernière opinion me semble tout à fait inacceptable, les caractères de cet organisme, en effet, s’éloignant absolument de ceux des véritables Sarcosporidies avec lesquelles il n’a de commun que son habibat intra-musculaire.

La manière de voir de Danilewsky et de Pfeiffer est évidemment la seule acceptable et ce parasite de la Grenouille doit être considéré maintenant comme une Glugèidèe .

Enfin, pour terminer ce qui a trait à la présence de Myxosporidies chez les Vertébrés, il faut citer certains organismes signalés chez des R.eptiles et à peu près identiques au précédent.

Danilewsky, dans le travail cité plus haut, rapporte qu’il en a rencontré chez des Lézards et des Tortues. Pfeiffer confirme cette observation : il a étudié ces parasites et en donne des figures.

Pour ces auteurs, il s’agit d'une Microsporidie: nous devons donc compter les Reptiles au nombre des hôtes de nos parasites.

P. THÉLOHAN.

INVKHTKimKS

Jusqu’à ces dernières années, la présence de Myxosporidies chez les Invertébrés était considérée comme un fait exceplionnel et on n’en citait pas plus de deux ou trois exemples.

Nous allons voir, au contraire, qu’elles y sont très fréquentes : quelques-unes d’entre elles étaient connues depuis longtemps déjà, mais à cause de certaines particularités d’organisation et surtout à cause de la connaissance impaifaite que l’on avait delà structure de leurs spores, on les considérait comme formant un groupe à part.

M. Balriani, qui avait attiré l’attention sur les affinités que présentaient ces organismes avec les Myxosporidies, en avait lait, sous le nom de Microsporidies, un ordrede la classe des Sporozoaires.

Le type des Microsporidies était le parasite de la Pébrine qui a exercé tant de ravages dans la sériculture de la France et de différents pays d’Europe.

J’ai pu, connue on va le voir, démontrer que ce parasite doit être rangé parmi les véritables Myxosporidies, en constatant dans ses spores l’existence d'une capsule à filament, élément absolument caractéristique de ces Sporozoaires.

Ce point étant établi, je vais exposer dans leur ordre chronologique, les différentes observations relatives aux Myxosporidies des Invertébrés.

Si leur véritable nature est restée longtemps incertaine, la notion de leur existence est déjà assez ancienne.

Elle a été signalée pour la première fois par Leydig, en 1854, dans un travail sur l’anatomie du Cocons hespn'idum ( 3). Dans une courte note additionnelle à son mémoire, cet auteur rapporte que dans la cavité du corps de presque tous les individus adultes de cet Insecte, il a trouvé en très grand nombre de petits corps particuliers rappelant l’aspect des pseudonavicilles. Ils ont la forme d’un fuseau, leur longueur est de Ü,U0 i ,nni . Ils sont libres et ne sont jamais renfermés dans des cellules : ils ne sont altérés ni parl’acide acétique ni par une solution de soude.

Sl’R r.KS MYXOSl’OHIDIKS.

En 1855, le moine auteur (4) constate la présence de productions analogues chez d'autres Arthropodes, et, eu particulier, chez l ’Epeira diadona où elles siégeaient dans les muscles, principalement au niveau des parois du corps et dans le cœur. C’étaient do petits amas de corpuscules particuliers, ovalaires, longs de 0,002 mm , siégeant dans les fibres primitives où ils produisaient de petites stries blanches.

En 1888, M. Henneguy (i) signalait dans les Palœmonreclirostrix, des marais salants du Croisic, et dans des P. serra lus , provenant de Concarneau, l’existence assez fréquente d’un parasite qu’il considéra d’abord comme une Sarcosporidie, on raison de son siège intramusculaire, tout en reconnaissant que par certains caractères il se rapprochait des Microspoiidies et desMyxosporidics.

Cet organisme se présentait sous forme de petits vésicules sphériques, entourées d'une enveloppe transparente et contenant chacune huit petites spores ovoïdes (3-4p.), avec un espace clair au niveau de leur grosse extrémité.

En 1891, Garhini, dans des Palœmonetes variant récoltés aux environs de Vérone, trouva un parasite très voisin, ne différant du précédent que par la forme en fuseau des vésicules ù spores ; il le considéra comine une Sarcosporidie.

En 1892, dans un travail fait en collaboration avec M. Hennegi y, nous avons repris l’étude du parasite des Palémons et, grâce ù l’amabilité de M. le professeur Giard, nous avons pu étudier également un Crangon vulgaris provenant de Boulogne et dont les muscles étaient envahis par un organisme très voisin.

En outre d’un certain nombre de faits intéressants relatifs au développement et sur lesquels j’aurai à revenir plus tard, ces recherches nous ont fait connaître la véritable nature de ces parasites, qui ne sont autre chose que les Vyxosporidies voisines des Ghigca , mais présentant un certain nombre de caractères particuliers, justifiant la création d’un genre nouveau, que 51. Henneguy a bien voulu me dédier sous le nom de Thelohania. Ce genre comprend, outre les parasites du Crangon 'Th. Giardi) et du Palœmou (Th. ovlospora) une troisième espèce, que nous avons rencontrée dans des fragments d’Ecrovisse provenant du département du Doubs et que nous devions à l'obligeance de M. le Docteur Contkjkan.

P. THÉLOHAN.

Enfin, il devient extrêmement probable que l’organisme trouvé par Garbini chez le Palœmonetes varians et qui présente des rapports si étroits avec les précédents, doit être regardé comme appartenant au même genre.

En dehors des Arthoprodes, on n’a jusqu’ici trouvé de Myxosporidies chez les Invertébrés que d’une façon exceptionnelle.

Lieberkühn (1) en a observé dans un Ver, la Nciïs proboscidea.

Récemment, Iyorotneff a décrit sous le nom de Myxosporidium bryozoides , une espèce qu'il a rencontrée dans un Bryozoaire, r Alcyonella fungosa.

Tels sont les faits actuellement connus relativement à la présence de Myxosporidios chez les Invertébrés ; mais il est fort h supposer que des recherches entreprises de ce côté, amèneraient la découverte d’un bon nombre de formes nouvelles dans des animaux où l’on n’en a pas encore signalé.

D’après T étude que nous venons de faire de l’habibat de nos parasites, on voit qu’il est bien difficile de tirer des faits actuellement connus, quelque notion un peu générale.

Nous avons vu que les Myxosporidies peuvent vivre aux dépens des Invertébrés comme des Vertébrés, mais il semble impossible, au moins quant à présent, de remonter à la loi qui préside à leur distribution.

Dans un même groupe, par exemple chez les Poissons, on voit que certaines familles sont à l’abri de leurs atteintes alors que chez d’autres, très voisines, la plupart des espèces peuvent servir d’hôtes à des parasites de cet ordre, sans que nous puissions saisir le motif de ces différences.

Un fait cependant parait bien établi, c’est que les Myxosporidies ne se trouvent jamais chez les Vertébrés à sang chaud.

Enfin, d’après ce qu’on sait actuellement, bien que certaines Myxosporidies puissent se rencontrer chez des hôtes assez différents, comme nous venons de le voir, il n’y a pas d’espèce commune à des hôtes appartenant à des groupes différents : on n’a jamais trouvé par exemple, le même parasite chez un Poisson et un Crustacé.

(1) Observation inédite, citée par Bütschli ( Broun s Thier-Reich, Bd I. Prototou , page 590).

SUR LUS MYXOSPORIDIES.

En dehors des Poissons, on ne connaît que des Glugéidées et ries Myxidiées : on n’a jamais rencontré ni Myxobolidées ni Chloromyxidées chez d’autres animaux.

En Résume :

Les Myxosporidies sonl des parasites vivant aux dépens des Vertébrés et des Invertébrés.

Parmi les Vertébrés, elles sont surtout fréquentes chez les Poissons ; on en trouve aussi chez les Ainphibiens et les Reptiles.

Il ne semble pas y en avoir chez les Vertébrés à sang chaud.

Chez les Invertébrés, elles sonl surtout répandues chez les Arthropodes : Insectes, Arachnides et Crustacés.

On en a aussi observé chez un Ver (Nais probosciclea) et chez un Bryozoaire (Alcyonella fungosa).

Certaines familles ne se rencontrent jamais en dehors dos Vertébrés: Myxobolidées et Chloromyxidées.

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