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ÉLIMINATION DES SPORES

Quoi qu'il en soit, il arrive un moment où le parasite présente la constitution que nous avons étudiée plus haut et devient le siège des phénomènes de sporulation.

Quand les spores ont achevé leur développement, elles peuvent arriver dans le milieu extérieur au bout d’un temps plus ou moins long et par différents procédés, variables évidemment avec les conditions d’existence de l’organisme mère.

Voyons d’abord ce qui se passe chez les Myxosporidios des cavités organiques.

SUR LES MYXOSPORIDIES.

Les spores, une fois mûres, restent enfermées clans l’endoplasma pendant un temps plus ou moins long: la Myxosporidie peut-elle les éliminer et continuer à vivre ? C'est une question à laquelle il m’est malheureusement impossible de répondre avec certitude.

Chez les Polysporées, dont l'emloplasma peut être à un moment donné littéralement bourré de spores, entre lesquelles il ne persiste que des restes presque insignifiants de proloplasma, il ne me semble pas que l’on puisse admettre la possibilité de la mise en liberté des spores autrement que par la destruction de l’individu et la disparition du reliquat protoplasmique qui reliait entre eux ces éléments.

Au contraire, chez beaucoup de Disporées, où le volume des spores est presque insignifiant par rapport au volume total de l’organisme, on peut se demander si ce dernier n’est pas susceptible de continuer à vivre apres avoir expulsé ces corps reproducteurs. Je n’ai pu faire, à ce sujet, aucune observation précise. Cependant, par analogie avec ce qui se passe chez les Polysporées, j’avoue que je ne crois guère à la continuation de l’existence individuelle après élimination des spores.

La mise en liberté de ces dernières me semble bien plutôt devoir résulter de la destruction du corps protoplasmique qui leur a donné naissance.

Quand il s’agit de Myxosporidies parasites de la vésicule biliaire, les spores, une fois devenues libres dans labile, ne tardent pas à être entraînées dans l’intestin et à gagner le milieu extérieur. On les retrouve assez facilement en examinant les fèces ou le contenu intestinal (Ceratomyxa sphœrulom, Chloromyxa Leydigi, etc.), mais il faut faire un grand nombre de préparations car elles sont toujours on petit nombre.

Pour les Myxosporidies de la vessie urinaire, l’élimination des spores est encore plus simple et elles arrivent directement au dehors avec l’urine (Myxidium Liéberkühni ). Il en est de même pour celles qui envahissent les tubes du rein ; le fait est extrêmement facile à constater pour les espèces qui vivent dans le rein de l’Épinoche. Il suffit d’isoler un de ces Poissons dans un verre conique, et en recueillant avec une pipette les débris accumulés au fond,on y trouve, au bout de quelques jours des spores en nombre plus ou moins considérable si l’animal était infesté (Sphœrospora elegcins, Henneguya brevis , IL media).

P. THÉLOHAN.

Chez les Myxosporidies des tissus, la manière dont les spores arrivent dans le milieu extérieur peut être fort différente suivant le siège de ces parasites.

Ceux qui se sont développés dans l’épithélium du tube digestif se rapprochent beaucoup à ce point de vue des espèces précédentes : leurs corps reproducteurs finissent par tomber dansrintestin avec les cellules mortes et sont ainsi éliminées.

Ce mode de sortie des spores est depuis longtemps connu chez la Glugeabombi/cis etlcs excréments des Vers contaminés constituent le véhicule le plus fréquent de l’infection.

On peut également citer ici l’expulsion des spores des Myxosporidies développées dans l’ovaire de l’Épinoche.

Parmi les autres Myxosporidies des tissus, les unes se développent dans la peau ou le tissu conjonctif sous-cutané : d’autres, au contraire, dans des organes beaucoup plus profonds et plus éloignés de la surface du corps.

Les premières forment le plus souvent des masses bien circonscrites et plus ou moins considérables, que l’on désigne sous le nom de kystes. Quand elles ont achevé leur évolution, elles ne sont, pour ainsi dire, constituées que par un amas de spores, autour duquel il ne persiste que des restes à peu près insignifiants de protoplasma. Dans certains cas, ces kystes, en se développant, deviennent de plus en plus superficiels et finissent par amener la rupture de l’épiderme ou de l’épithélium qui les recouvrait; ils se détachent des tissus, tombent au fond de l’eau où ils ne tardent pas à crever, et les spores sont mises en liberté.

Ce processus s’observe assez souvent pour les kystes des branchies (Henneguya, Myxobolus , etc.J. Comme Bütschli l’avait fait remarquer, ces masses parasitaires devenues libres par rupture de l’épithélium à leur surface, pourraient, dans certains cas, être prises pour des Myxosporidies développées à la surface de l’organe, en véritables ectoparasites, alors qu’il s’agit, en réalité, dorganismes qui siégeaient primitivement dans la profondeur du tissu.

J’ai observé des phénomènes analogues à propos de la Gluyea microspora. Les kystes siègent primitivement dans le tissu conjonctif sous-cutané et leur couleur blanche se trouve alors plus ou moins masquée par la pigmentation des téguments. A mesure qu’ils se développent, la saillie qu’ils déterminent devient de plus en plus consi-

* SUR LES MYXOSPORIDIES.

durable : la peau se trouve distendue, le derme s’atrophie, disparaît peu à peu et la tumeur, devenue sous-épidermique, présente une blancheur qui tranche sur la coloration générale du Poisson. L’épiderme finit lui-même par se rompre et le kyste, devenu libre, tombe au fond de l’eau où il ne tarde pas h se désagréger.

Au contraire, chezles Myxosporidies des organes profonds, l’arrivée des spores dans le milieu extérieur ne peut avoir lieu, dans la plupart des cas, qu’à la suite de la mort de leurs hôtes.

Tel est le cas, par exemple, pour les Myxobolus ellipsoïdes de la vessie natatoire de la Tanche, les Myxosporidies de la rate, du tissu conjonctif du rein, du foie, de la paroi intestinale, des muscles, etc., sauf des cas toul à fait exceptionnels, comme celui que l’on observe chez le Barbeau, où la formation de véritables abcès, dus à une infection microbienne secondaire, peut amener la mise en liberté des spores sans que le Poisson soit nécessairement destiné à succomber.

Si les spores de ces parasites sont par elles-mêmes incapables d'arriver au dehors et si elles peuvent conserver pendant un certain temps leur vitalité au sein des tissus, ce séjour ne doit pas se prolonger au delà de certaines limites sous peine de leur devenir fatal.

C’est ainsi que l’on trouve parfois des spores mortes et dégénérées dans les organes où vivaient les organismes qui les ont produites. Dans ces cas, la dégénérescence calcaire s’observe assez fréquemment.

C’est, je crois, dans ce sens qu’il faut interpréter l’observation de Linton (S). Dans son travail sur une Myxosporidie qu’il a trouvée chez le Cyprinodon variegatus (Myxobolus Lintoni , Gurley), cet auteur signale, en effet, dans les tumeurs causées par le parasite, la présence de corpuscules calcaires de formes variées et irrégulières. La présence de ces productions ne peut s’expliquer que par la dégénérescence et la calcification consécutive de certaines portions des tissus infestés.

J’ai moi-même constaté plusieurs faits de ce genre. Chez une Tanche, en particulier, je trouvai le mésentère couvert d’un grand nombre de petites masses jaunâtres , assez résistantes, qui renfermaient des spores de Myxobolus ellipsoïdes ctd QM.pirifoeuiis ; celles-ci étaient dégénérées, leur réfringence avait disparu,

P. TIIÉLOHAN.

leur enveloppe était ratatinée ; en observant ces productions, on reconnaissait qu’il s’agissait de petits nids parasitaires, entourés d’une enveloppe fibreuse résultant de la prolifération irritative du tissu conjonctif.

Mais les parasites avaient succombé, les spores et les restes du pro t oplasma avaient été frappés de dégénérescence et étaient incrustés de sels calcaires, comme on le constatait facilement en traitant ces formations par les acides.

D'autres fois, on observe seulement la dégénérescence granulograisseuse : (Sphœromyxci des glomérules du rein du Mugil chelo).

En résumé :

La mise en liberté des spores semble être toujours liée à la destruction de ce qui persiste après leur formation du protoplasma de l’organisme mère.

La manière dont elles arrivent dans le milieu extérieur varie selon le siège de ce dernier.

Chez les Myxosporidies de la vésicule biliaire, elles arrivent dans l'intestin et sont finalement expulsées avec les fèces ; chez celles des tubes du rein ou de la vessie, elles sont entraînées par l’urine.

Dans d’autres cas, la production parasitaire tout entière, située superficiellement sous la peau ou la muqueuse branchiale, est mise en liberté à la suite d'une ulcération de celles-ci.

Enfin, dans d’autres cas, les spores emprisonnées dans des tissus profonds (muscles, rate, tissu conjonctif, etc.), sont forcées d’y demeurer jusqu’à la mort de l’hôte. Si ce séjour se prolonge au delà de certaines limites, elles succombent et sont frappées de dégénérescence.

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