II PREFACE
à 20 OU 30 mètres de profondeur qu'il faudrait descendre pour rechercher les traces de cette civilisation ; tâche devenue impossible et qu'il n'est plus permis que de signaler. »
Telle était encore, en 1895, mon opinion sur Tâge de pierre en Egypte. N'ayant à ma disposition que les assertions fournies par mes prédécesseurs et n'ayant pas encore été à même d'en reconnaître l'inexactitude, j'avais été trompé; sans discussion, j'attribuais aux temps historiques les silex taillés que j'avais parfois rencontrés dans le remplissage des sépultures.
Pouvais-je, en effet, supposer a priori que les recherches de près d'un siècle dans le sol égyptien n'avaient jamais porté sur ces questions, qu'une opinion purement superficielle s'était établie chez les nombreux savants qui avaient parcouru en tous sens la vallée du Nil et ses montagnes, que presque personne n'avait cherché à élucider les problèmes relatifs aux origines et que, malgré l'opinion de quelques rares spécialistes sur l'existence en Egypte de Tâge de la pierre, l'opinion contraire, qui ne reposait sur aucun fait positif et scientifiquement observé, avait été acceptée sans contrôle par la grande majorité des égyptologues.
Mon erreur était, à coup sûr, bien plus excusable que celle de la plupart de mes devanciers, car, depuis le commencement de mon court séjour en Egypte, durant les années 1892-93 et 94, j'avais été absorbé par des travaux n'ayant rien de commun avec les origines égyptiennes. Mais elle tomba d'elle-même quand, plus libre de mon temps, j'eus le loisir d'explorer attentivement le désert; les documents devinrent, à ma grande surprise, d'une telle abondance que je dus modifier mon opinion, rejeter les e;cplications fantaisistes de bien des auteurs et admettre l'existence