Fouilles de 1897 à 'Om-el-Gaab
très ancien, j'ai trouvé dans le nord de la Perse un vase en terre émaillée.
Les bracelets étaient nombreux dans le monument. J'en ai retrouvé un grand nombre de fragments (fig. 733 à 742); ils étaient en nacre, en ivoire et en écaille de tortue, aussi devons-nous penser que la plupart ont été détruits par l'incendie. Les bagues (fig. 743) étaient plus rares. Je n'en ai rencontré qu'un fragment.
Le seul bijou réellement précieux du tombeau est une longue perle d'or (fig. 744) ornée d'une spirale; elle ne porte aucune trace de sou-
Fig. 74 'h — Perle d*or. Grandeur naturelle.
dure et semble avoir été découpée en pleine pièce. L'or est fort rare dans les sépultures de cette époque. 11 en a été rencontré à Abydos et à Gébel-Tarif. La soudure ne semble pas avoir été connue, cardans une garniture de couteau de silex de Gébel-Tarif, les deux feuilles d'or sont cousues entre elles comme le serait une étoffe ou du cuir, à
Fig 745 à 755. — Fragments d'ivoire. 2/3 grandeur naturelle.
l'aide d'un fil métallique passé dans des œillets. Quant au métal luimême, il est toujours très impur et mélangé d'argent. Les fondeurs de cette époque, ne connaissant pas encore les procédés d'affinage,
employaient Tor tel qu'il était fourni par la nature, c'est-à-dire à Tétat d'électrum.
En dehors des objets que je viens de citer, le tombeau renfermait encore un grand nombre de fragments (fig. 745 à 766), ou de petits objets dont l'usage m'est inconnu. Ils sont en ivoire, en os, en corne,
Fig. 766 à 759. — Instruments d*ivoire. — Fig. 760, corne de gazelle. — Fig. 761, os de poisson. 1/2 grandeur naturelle.
Fig. 7G2 à 766. — Fragments de bois. 1/2 grandeur naturelle.
en bois quelquefois garni de fils de cuivre. Je ne les cite que pour rendre absolument complète la description du mobilier que renfermait le monument royal de Négadah.
En parlant des usages des indigènes, au chapitre qui précède, j'ai
émis Topinion d'après laquelle les figurines animales en stéatoschiste ne seraient autres que des amulettes funéraires ou des représentations ayant trait aux croyances religieuses. Je ne puis donner cette explication relativement aux plaques de la môme roche dont j'ai trouvé bon nombre dans la tombe royale de Négadah. Ces plaques (fig. 767 et 768) sont rectangulaires ou carrées, elles portent sur les
Fig. 767 et 768. — Plaques de sléntoschisle. i/3 grandeur nalurellc.
bords deux lignes gravées en creux, le milieu restant entièrement lisse et sans traces de dessins. Ces objets atteignent parfois de grandes dimensions. J*en ai rencontré de 0",40 et de 0",45 de côté. Toutes avaient été brisées par le feu, quelques-unes môme, demifondues, étaient tordues. Ce sont ces modifications qui m'avaient induit en erreur au sujet de quelques vases de pâte siliceuse fort maltraités par Tincendie.
Pour en finir avec la description du mobilier royal de Négadah, je parlerai des instruments de silex taillés, objets très caractéristiques de ces époques primitives, fort nombreux dans la tombe, mais qui, malheureusement, sous Faction du feu, se sont, dans la plupart des cas, brisés en un grand nombre de fragments.
Les couteaux (fig. 769) sont courbes, pointus à Texlrémité, obtus dans la partie qui, destinée à être saisie à la main, était recouverte de peau ou d'étoffe ; leur longueur atteint parfois 0°*,30 et 0",32, leur épaisseur ne dépasse jamais 0",005 à 0",006. Les éclats sont moins
Fig. 769. — Couteau de silex. 2/3 grandeur naturelle.
Lt: TOMBEAU ROYAL DE ÎSÉGADAH 201
réguliers que dans certains objets que je considère comme antérieurs, et qui se rencontrent dans les sépultures indigènes. Mais Fensemble du travail est d'autant plus remarquable que tous les couteaux du tombeau royal, bien que ne présentant pas exactement les mêmes dimensions, offrent toujours les mômes proportions dans l'épaisseur, la largeur, la longueur, et dans les courbes des deux tranchants.
Dans les diverses tombes royales de Négadah et d"Om el-Gaab, les types des couteaux varient, mais il est à remarquer qu'une même sépulture renferme toujours des objets du même type. Les couteaux courbes semblent être plus anciens que ceux munis d'un manche
^*?' 77^ *'* 77'*» — Instruments de silex taillé. 2/3 grandeur naturelle.
découpé dans la pierre. Dans tous les cas, les instruments d'époque pharaonique sont bien inférieurs, comme travail, à ceux des indigènes ; les éclats sont levés avec beaucoup moins de régularité, et bien que les pièces soient fort grandes, il est aisé, en les voyant, de prévoir la (in de l'usage de la pierre taillée en Egypte.
Les autres instruments (fig. 770-et 777) sont de formes connues; on en rencontre de semblables, non seulement dans les tombes royales d'Abydos, mais aussi dans les sépultures contemporaines des premiers souverains égyptiens. Ce sont des racloirs de formes diverses, arrondis ou pointus.
Tels sont les résultats fournis par la fouille du tombeau royal de
Négadah. J'ai cru devoir entrer, à leur sujet, dans beaucoup de détails, car ce monument, le plus ancien connu, fournit un très grand nombre de documents sur les origines égyptiennes. Je sortirais du cadre que je me suis tracé, si je cherchais à établir des comparaisons entre les arts et les industries de l'Egypte à cette époque, et ceux de la Chaldée
^*&- 77^ *'• 777* — Inslrumcnts de silex t.iillé. 2/3 grandeur naturelle,
aux temps les plus reculés. J'empiéterais sur les travaux de MM. Wiedemann et Jéquier. Je m'en tiendrai donc à l'exposé que je viens de dbnner, m'en rapportant à l'appréciation de mes savants collaborateurs"en ce qui concerne les questions rentrant dans leur spécialité d'égyptologues.