V. Fouquet dans de Morgan, Origines p. 2G
4. V. Blumenbach, Beitriige zur Natur-Geschichte^ II, 92 sq. (Gôttingen, 1812); Joraard, Description d'Egypte^ II, p. 21 5, 3Vl-
chapitre xliii de cette môme composition est d'une plus grande valeur encore pour nous, sous ce rapport; c'est un chapitre fort ancien qui se trouve dans les textes thébains rassemblés par Naville, presque avec la môme forme que dans le papyrus de Turin, et nous en connaissons déjà une variante datant du Moyen Empire*. Le titre de ce chapitre est : Chapitre afin que la lêle d\ine personne ne soit pas coupée dans le monde souterrain. Le texte contient le discours suivant du mort : « Je suis un prince, fils d'un prince, une flamme, fils d'une flamme, auquel est donnée sa tôte après qu'elle a été coupée. La tôle d'Osiris, (après qu'elle lui fut rendue de cette manière), ne lui est pas enlevée, ma tôte ne m'est pas enlevée. Je suis mis en ordre^je deviens nouveau, je deviens jeune, je suis Osiris (c'est-à-dire un ressuscité)». L'auteur de ce chapitre croyait donc que pour être sûr de ne pas perdre sa tôte dans l'autre monde, il fallait l'avoir perdue, puis reçue de nouveau sur la terre; c'est donc dans un temps où la décapitation du mort était un usage courant, que ce chapitre prit son origine. Lorsqu'on forma la collection que nous appelons aujourd'hui le Livre des Morts, on y inséra ce chapitre, malgré que la coutume à laquelle il fait allusion n'existât plus : le désir de ne rien perdre de l'ancienne materia sacra, auquel nous devons la conservation, dans les compositions religieuses, d'une foule de passages relatifs à des coutumes tombées en désuétude, nous a valu aussi le texte de ce chapitre.
11 me semble que nous retrouvons une autre de ces formules que les Eg}'ptiens se sont transmises de siècle en siècle sans les comprendre, dans un des passages les plus obscurs du Livre des Funérailles*. On y somme les m^^/im de ne pas frapper le père (c'est-à-dire le mort) et de ne pas « neterau » sa tôte, en prétendant ensuite que Horus et Set ne permettront pas à un des masniti de faire reluire (^ehei) la tôte du père. La difficulté consiste ici surtout dans la détermination du sens à attribuer dans ce passage au moi neterau. D'après les dictionnaires, le mot signifierait en premier lieu «jeter par terre »
1. Tombeau de Hor-hoiep dans Maspcro, Mémoires de la Mission du Caire, I, iSq.
2. Le mot tes a ici le sens de mettre en ordre et, ainsi que le prouve le déterminatif que lui donnent les textes thébains, il a aussi celui d'e/eter. Cela se rapporte au fait que la tête était remise à sa place originale sur le tronc posé debout. Pour la croyance égyptienne qu'on pouvait réunir au tronc une tète tranchée à l'aide de formules magiques, V. p. ex. le conte du roi Khoufou et des magiciens dans le papyrus Weslcar.
3. Éd. Schiaparelli, I, p. 70 sq. ; cf. aussi Maspero, Études de mythologie, I, p. 3oi.
(Brugsch. Z)/c/., p. 707) et en efTet il se trouve* au-dessus de la représentation du bœuf de sacrifice qu'on abat. Mais, d'autre part, il apparaît très souvent* près d'une autre scène dans laquelle on découpe la jambe du bœuf, de sorte qu'il semble signifier ici, comme ailleurs plus spécialement, « enlever à coups d'un instrument ». Ce sens conviendrait aussi très bien à un passage de la stèle du Louvre C. 1, 1. 13, où le défunt dit : « J'ai neler la tète de l'étranger, j'ai montré le chemin au guerrier de TEgypte ». Je croirais donc volontiers que le passage en question du Livre des Funérailles contient une exhortation à ne pas couper la tôte au défunt, exhortation adressée aux personnages attachés au cérémonial de l'enterrement, et qui ne peut avoir un sens que si l'usage de la décapitation du mort existait au moment où Ton combina cette formule. C'est une réaction contre cette ancienne coutume qui donna lieu à Torigine de la formule, dans ua moment où on exécutait l'enterrement du mort complet, à côté et en opposition de Tancien usage. En effet, pour un partisan de la doctrine ordonnant la conservation du corps entier, une mutilation du mort devait paraître une chose terrible, et il est bien naturel que, dans les textes postérieurs, on parle à chaque instant du dépècement comme d'une des punitions principales des mauvais démons « des ennemis d*Osiris, dont on exécute les âmes {ba)y dont on dépèce les formes éternelles [sahuY ».
Malgré cela, les restes de cette ancienne coutume n'ont jamais disparu complètement; ses vestiges se sont conservés non seulement dans les textes, mais aussi dans les usages réels. Jusqu'à une très basse époque, on détachait parfois le dessous du pied de la momie*, et on coupait, dans d'autres cas, le phallus du mort pour l'embaumer à part et Tenterrer à côté de la momie. Ce fait remet en mémoire le passage de la légende d'Osiris qui prétend que le phallus du dieu ne fut pas retrouvé par Isis. Cette donnée est en contradiction avec la conception générale du mythe qui voit dans la possession du phallus et la possibilité d'engendrer qui en provenait, le signe principal de la résurrection d'Osiris, qui après sa mort rendit féconde Isis, afin qu'elle pût donner naissance à Horus. Malheureusement les tom-