Lepsius, Denkm
3. Tombeau de Seti I, éd. Lcfébure, IV, pi. \i\ cf. pi. 3o.V. aussi Maspero, Études de mythologie^ II, 106.
4. V. Wiedemann, The Egyplian doctrine ofihe Immortality ofthe soûl, p, 48.
beaux de Tépoque dont nous nous occupons ne permettent pas de savoir ce que Ton faisait du phallus à cette époque. Dans les nécropoles les plus anciennes de la Babylonie qui, ainsi que nous le verrons plus loin, offrent beaucoup d'analogies avec celles du type de Négadah, on avait Thabitude de déposer auprès des restes du mort une image plus ou moins naturaliste du phallus*.
Un autre fait, qui rentre dans le même ordre d'idées, est fourni par la conception égyptienne que, pour faire parvenir un objet dans l'autre monde, il fallait le briser afin de forcer par là son double, son ka, à quitter la terre. Ainsi on cassait des objets de parure et de toute espèce, et môme des ostraca contenant des inscriptions*, au moment où on les déposait dans la tombe. Gela se faisait encore au Nouvel Empire, et cette coutume répond exactement à celle des gens de Négadah qui faisaient des trous dans les pots de terre et brisaient les vases en pierre dure pour en répandre les débris dans les différentes chambres du tombeau royal.
La coutume de dépecer le mort et celle de l'enterrer intact, ne se succèdent pas en s'excluant mutuellement. Dans les tombeaux du type de Négadah et dans ceux de l'Ancien Empire, on peut constater un usage transitoire cherchant à combiner les deux genres de sépulture. On laissait parfois tomber le cadavre en morceaux et on cherchait, après cela, à en rassembler les fragments pour reconstituer le squelette aussi complet que possible*.
La pensée qu'une reconstitution du corps démembré du mort était nécessaire, trouve son reflet dans les compositions religieuses ainsi que dans les fêtes pendant toute la durée de Thistoire égyptienne. Les textes des pyramides disent, par exemple : « Not te donne ta tête, elle te fait cadeau de tes os, elle assemble tes chairs, elle t'apporte ton cœur dans ton ventre* » : ou bien encore ceci : « Pepi a réuni ses os, il s'est rassemblé ses chairs"*»; etc. C'était Osiris qui, d'après la légende, aurait été le prtimier reconstitué de la sorte, événement fêté dans toute l'Egypte par la solennité de l'érection du symbole Tel,
1. V Koldewey dans la. Zeitschrtft fur Assyriologie, II, ^iG,
2. Maspero, Les premières lignes des Mémoires de Sinouhit [Mémoires de l'Institut égyptien, II), p. 2. ^