PREFACE V
absolue. D'autres, interprétant ma pensée, mais lui donnant une portée plus grande que je ne le désire, ont étendu la survivance de Tusage de la pierre taillée bien au delà des limites que je crois devoir moi-même lui assigner. Je reviendrai sur ces questions dans mon « Introduction », apportant de nouveaux matériaux et corrigeant quelques inexactitudes qui se sont glissées dans mon dernier volume.
Chez les égyptologues, les opinions furent diverses. En Allemagne, mes interprétations furent admises par les savants les plus autorisés, qui me témoignèrent la satisfaction qu'ils ressentaient de voir les limites de Thistoire égyptienne reculées jusqu'à des époques aussi éloignées, et précisées par des faits dont ils avaient déjà la plupart pressenti Texistence.
En France, Topinion fut, à peu de chose près, la même. Mes écrits ne furent critiqués qu'indirectement (1 ) ; quelques phrases incidentes seules montrent, en des termes sur lesquels je ne veux pas insister, que mon opinion n'était pas alors partagée par tous les égyptologues.
Les origines de la vie humaine, aussi bien en Egypte qu'ailleurs, sont du domaine de l'histoire naturelle, de la géologie, de Tanthropologie, et les conclusions des naturalistes relativement aux origines doivent servir de base aux interprétations des textes. Vouloir procéder en sens inverse et reconstituer, par les documents écrits, les faits antérieurs à l'histoire, est commettre une pétition de principes excluant toute possibilité de discussion scientifique.
Il est certain, et je Tai dit, que les Egyptiens empruntèrent aux populations qui vécurent avant eux en Egypte,
I. Voir la Revue critique d'Histoire et dé\Littérature (i5 février 1897).