v. plus haut, page 167, fig
4. Ce titre a été étudié spécialement par M. Erman (Zeitsckrift fur Aegyptische Sprache, XXIX, p. 67).
Fig. 863.
Nom
de bannière
de Snefrou.
le plus serait le ^EŒ, qui compose le nom du cinquième roi de la première dynastie, Hesep ti (Ojjaçatîâç), mais cette hypothèse, quoique plausible, est bien trop peu certaine pour qu'on puisse baser sur elle une théorie.
Comme style, les hiéroglyphes du tombeau de Négadah sont encore très frustes, et la manière gauche avec laquelle ils sont dessinés forme un contraste frappant avec la perfection accomplie de la technique des vases et des petits objets d'ivoire. Cette comparaison fait voir avec la plus grande évidence que ce genre d'écriture est nouvellement inventé, qu'il cherche sa voie et qu'il faudra un nombre très considérable d'années pour que le système hiéroglyphique devienne ce qu'il est à la belle époque de l'Ancien Empire. Ce temps-là, il est impossible d'en évaluer la durée, mais nous avons un certain nombre de monuments qui servent de transition et qui incontestablement doivent se classer dans cette période : je veux parler des monuments d'Abydos.
Ici, dans les tombeaux rectangulaires, il y a déjà un grand progrès dans le style des hiéroglyphes ; nous voyons apparaître la stèle, sculptée avec le plus grand soin. Les signes sont mieux dessinés, moins lourds et plus naturels; Tépervier surtout n'est plus un oiseau quelconque, informe; il a déjà l'allure hiératique qu'il aura à toutes les époques de l'art égyptien. Les tombes des particuliers, elles aussi, se veloppent; elles ont souvent plusieurs chambres, et quelques-unes d'entre elles contiennent aussi des stèles avec le nom du mort et son titre.
Malheureusement tous ces tombeaux ont été spoliés et ne nous ont pas transmis la série complète de leurs documents. Un renseignement fort important est pourtant arrivé jusqu'à nous. Dans une de ces tombes, M. Amélineau a trouvé plusieurs bouchons de vases et des sceaux marqués d'un cylindre au nom"du roi de Négadah. Ces cylindres étaient sans doute des objets qui restaient dans les trésors royaux et dont on se servait couranment, témoin les nombreux noms de rois trouvés ainsi dans les sépultures d'autres souverains : c'est grâce à cette coutume que nous avons une si nombreuse série de bannières royales de cette époque. Ce fait nous prouve une fois de plus l'antériorité du roi i4Aû(?)sur ceux d'Om-el-Gaab, confirmant ainsi ce que nous montraient déjà tous les caractères archéologiques et artistiques des objets découverts dans sa tombe. Cela nous donne aussi des indications sur l'intimité des relations qui régnaient entre
tous ces souverains. Nous avons affaire ici à une même famille, à une seule dynastie ayant gouverné TÉgypte entière, puisque déjà le plus ancien d'entre eux porte les titres du vautour et de Turaeus qui indiquent Tunion sous un seul sceptre des deux parties du pays.
C^est sans doute à la même époque qu'il faut attribuer le tombeau rectangulaire creusé dans le sol tout près du monument royal de Négadah*, dontle plan ressemble beaucoup à ceux d'Abydos. Il avait été complètement spolié et vidé de fond en comble; seule, sa forme, ainsi que des débris insignifiants de vases de pierre, permettent de dire qu'il appartient à la même période historique.
Le plan des tombeaux de Deii et surtout de Dja diffère des autres, étant plus compliqué, et je suis tenté deles croire tous les deux unpeu postérieurs. Malheureusement celui de Dja ne contenait presque rien d'autre que sa belle stèle, aussi je ne pourrai parler ici que du premier. Ici, les nombreux bouchons de vases portent, dans les inscriptions des cylindres, un signe qui est très vraisemblablement l'origine du cartouche. C'est un rectangle aux coins arrondis qui entoure quelques signes hiéroglyphiques; la partie extérieure de ce rectangle est ornée de sortes de créneaux, arrondis aussi, de sorte que le signe lui-même ressemble aux cartouches géographiques des inscriptions égyptiennes. Le groupe tout entier est en relations intimes avec la
bannière royale et quoiqu'il ne soit pas précédé du titre JîiR, il n'est pas douteux qu'il ne faille voir ici un second nom du souverain, le premier type du cartouche.
Si les objets qui ont été trouvés dans ces deux tombeaux semblent appartenir, au point de vue artistique autant que paléographique, à une époque postérieure aux autres et à une civilisation plus avancée, il y a progrès encore, et de grands progrès, dans ceux que contenait le monument découvert cette année par M. Amélineau. Outre la finesse extrême de la gravure des cylindres, nous trouvons des hiéroglyphes beaucoup plus nombreux qui rappellent d'une manière frappante, par leur style, ceux des panneaux de Hosi^ au Musée de Guizeh, qu'il faut sans doute faire remonter à la même époque, ainsi que la statue n** 1 de Guizeh. Ces panneaux ont été si souvent reproduits^ étudiés et commentés, qu'il est inutile d y revenir ici\
1. y. le plan général de la nécropole, à la page 148, fig. 5i3 de ce volume.