I. Leroux, éd., Paris
pas paru au moment où j'écrivais, dit expressément que la tête était généralement coupée^ et il en fait un des caractères distinctifs de la nouvelle race. J'en ai trouvé de nouvelles preuves dans les recherches de M. de Morgan. Si beaucoup de squelettes étaient couchés sur le côté, « d autres étaient découpés en plusieurs morceaux et déposés dans une sorte de cuve en terre battue, d'autres enfin étaient introduits dans une urne en terre cuite. » Ce passage entre guillemets est textuellement copié dans une lettre que M. de Morgan me faisait écrire, le 6 janvier dernier, par M. Jéquier, qui prenait aux fouilles une part très active.
Pour la nécropole de Guebel-Silsileh, les mêmes faits m'ont été indiqués par M. Legrain qui exécuta les fouilles*. Ainsi donc, la voie du trou occipital était libre et c'est bien par là que Ton introduisait dans la cavité crânienne des matières bitumineuses. La présence de gros fragments de matière cérébrale dont on peut encore, en certains cas, reconnaître les circonvolutions (Kawamil, n® 15 F), nous montre que la matière cérébrale n'était qu'imparfaitement extraite ou bien que le bitume n'était introduit qu'un certain laps de temps après la mort, quand^ par suite d'une exposition plus ou moins prolongée à Tair libre et par suite de sa décomposition partielle ou de sa dessiccation, le cerveau n'occupait plus qu'une partie de la cavité. 11 s'agirait donc ici de cas de sépulture secondaire, ce qui, dans l'analyse du livre de M. Pétrie, a déjà été mis en avant, pour d'autres raisons, par le D' R. Verneau*.
Quoi qu'il en soit, à défaut d'embaumement méthodique, il y avait un essai de conservation des corps par des procédés et au moyen de substances qui devaient plus tard servir à la confection des momiea parfaites et compliquées, comme nous les trouvons de la XVIII* à la XXII« dynastie, époque à laquelle la science des taricheutes et dea coachytes atteignit son apogée*. J'ajouterai que, même à celte époque, l'évidement du crâne, au moyen de la perforation de Tethmoïde, était un procédé de luxe, réservé aux embaumements chèrement payés. J'ai pu me convaincre de l'exactitude de ce fait