Mégain, Les travailleurs delà mort, Paris, i
2. Voir le livre de M. le professeur Gangolphe, Syphilis osseuse, page 567.
Ces lésions posl morleni étant reconnues et écartées, je reviens aux os déformés et ulcérés de Négadah sud (n" 10, n"32), d'El-Amra (n» 4), de Kawamil (no 40) qui semblent tous avoir été influencés par la môme cause, la syphilis. Malgré les idées encore trop répandues sur l'importation presque moderne de cette maladie dans Tancien continent, je crois la question bien tranchée par les recherches de ces trente dernières années. Il ne s'agit donc point de détruire Terreur scientifique qui faisait remonter au xv** siècle l'apparition de la syphilis en Europe, mais seulement d'apporter une nouvelle preuve après toutes celles qui ont déjà été fournies. Je ne rappellerai que pour mémoire les ostéophytes syphilitiques des ossements découverts par Prunières, dans les dolmens de la Lozère et étudiés parle professeur Parrot, qui a démontré que la maladie en question existait à l'époque néolithique; les recherches de Daby, traducteur d*un livre chinois
Kig. ()3. — Kawamil, n© 5, temporal vu par sa face interne.
OÙ Ton mentionne la syphilis deux mille ans avant notre ère*. Si Ton fouillait bien la littérature médicale on y trouverait beaucoup d'autres documents : Virchow, Lancereaux, Richard d'Alunay, Buret* ont consacré d'importants mémoires à cette question. Le professeur Armand Ruffer^ a trouvé en Angleterre, dans le cimetière d'une abbaye datant du x» siècle, des os portant des traces de syphilis tertiaire. Littré^cile un manuscrit du xin* siècle qui signale une infection générale centraclée de la même façon que la maladie qui nous occupe.
I. A. Rizat, Manuel pratique des mal. vén, Paris, iSSi. •i. Burct, La syphilis à travers les âges,