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Dict. de méd Lillré et Robin, art. syphilis

On peut donc dire que la syphilis est aussi vieille que le monde. Extrêmement répandue, elle avait fini par s'atténuer comme aujourd'hui la lèpre avec laquelle on Ta si souvent confondue*. La grande épidémie du xv' siècle n'en est, peut être, pas moins imputable aux compagnons de Christophe Colomb qui ont fort bien pu rapporter d'Amérique un germe très virulent pour les Européens, parce qu'il était depuis une longue série de siècles cultivé dans un milieu différent et favorable. Cette discussion sort de mon cadre; il me suffit pour rinstant de mettre en lumière les pièces découvertes dans les nécropoles préhistoriques d'Egypte.

LÉSIONS DES VERTÈBRES (mal de pott)

En dehors des pièces déjà décrites, la nécropole de Kawamil a fourni une intéressante série de lésions de la colonne vertébrale.

Cette série se compose de cinq pièces présentant entre elles la plus grande analogie. Elles proviennent de trois sujets différents : une du n« 25 F (fig. 64); une du n*» 30 M (fig. 65) ; les autres du n^ 32 M ; Tune d'elles seulement a été reproduite (fig. 66).

J'examinerai brièvement ces trois pièces pour faire ressortir les particularités de chacune.

Dans le premier cas, il s'agit, autant qu*on en peut juger par cet échantillon et par les quelques fragments d'os qui raccompagnaient, d'un sujet d'une quarantaine d'années environ, atteint d'un mal de Pott très amélioré par la soudure spontanée des deux vertèbres lombaires fortement réunies par une couche compacte d'os sur les parties latérales et par une bande médiane antérieure, séparant deux ouvertures d'abcès par congestion, dans le canal desquelles on aperçoit des bourgeons osseux en voie de formation. La perte de substance, de forme irrégulière, que l'on observe au-dessus, est due à une brisure de l'os au niveau d'un point où le corps de la vertèbre

1. Zambaco-pacha, Lèpre et syphilis (Congrès de Londres, 1896;.

présentait un tissu extrêmement raréfié. Les couches d'os de nouvelle formation sont assez épaisses sur les côtés et forment de véritables exostoses. Les apophyses transverses et les apophyses épineuses sont restées libres de toute soudure (fig. 64).

Bien qu'elle présente avec la précédente de nombreuses analogies, la pièce provenant du n* 30 (fig. 65) en diffère par plusieurs points. Le corps des deux vertèbres est, dans sa plus grande étendue, par suite de la disparition du disque inter-vertébral, séparé par un vide de 0",005 à 0",007 de hauteur, suivant les points. A la partie latéropostérieure droite, le vide est comblé par une exostose de forme irrégulière. En avant, de chaque côté, un pont osseux étroit, lisse, très proéminent tient les deux corps reliés l'un à Tautre. En arrière, les

Fig. 64. — Kawamil, 25 F. Fig. 65. — Kawamil, 3o M.

facettes articulaires sont soudées en plusieurs points par des bandes osseuses irrégulières, minces et étroites. Le corps des vertèbres est solide, résistant, le tissu spongieux n'est pas raréfié. La pièce doit provenir d'un sujet jeune encore. En plusieurs points, il existe des dépressions, surtout à la partie antérieure, au voisinage des deux renflements (celle du côté gauche est très visible sur la figure 65), on trouve des facettes creusées irrégulièrement de petits conduits vasculaire autour desquels il semble y avoir des traces de suppuration. Ces lésions sont pourtant moins nettes que dans la pièce précédente et que dans la suivante.

Le n° 32 (fig. 66), n'est qu'un fragment de la partie antérieure des vertèbres lombaires soudées, et formant, au niveau des disques intervertébraux disparus et remplacés aujourd'hui par une cavité, de gros

bourrelets osseux, composés de plusieurs protubérances a surface lisse. A la face postérieure, les corps brisés montrent leur tissu spongieux, raréfié par places et présentant, en d'autres points, des trabécules épaissies formant, par leur réunion, une sorte de noyau gommeux. Tout en bas, on observe une ouverture en forme de V, correspondant à la partie inférieure d'un espace inter-vertébral a^^randi. La cavité ne mesure pas moins, à son centre, de 0"',018 de hauteur. La partie postérieure de la pièce a été brisée pendant le voyage. J'en ai recueilli les fragments qui permettent de constater la présence, au voisinage des surfaces articulaires et dans la gouttière vertébrale, d'ostéophytes irréguliers. Bien que ce soit l'un des

Fig. 66. — Kawamil, 32 M.

lieux d'élection des productions osseuses d'origine syphilitique, je ne crois pas que cette cause doive être ici nécessairement invoquée, le reste des lésions ayant une tout autre apparence. Le mauvais état de ces fragments n'a pas permis de les figurer ; ils ont été toutefois recueillis.

Une vertèbre dorsale, du même sujet, présentait, à l'extrémité postérieure de son apophyse épineuse, une petite barre osseuse provenant de l'ossification du ligament postérieur.

Quelle peut avoir été la cause de semblables lésions? Quand il s'agit de mal de Pott et d'abcès par congestion, Tinfluence prépondérante de la tuberculose, si bien mise en lumière par les travaux de M. le pro-

fesseur Lannelongue, me semble devoir être invoquée. Le corps des vertèbres est en général intact; ir existe, cependant, à la partie supérieure de la pièce n* 25 (fig. 64) une cavité assez vaste située précisément au-dessus des orifices des abcès, et dans la troisième pièce (K. 32) également à la partie supérieure, en arrière, un noyau altéré comme s'il s'agissait d'une gomme tuberculeuse. Le mal de Pott revêt d'ailleurs souvent la forme diffuse superficielle qui correspond bien aux érosions que j'ai signalées (fig. 65). Dans cette forme, les disques vertébraux sont altérés et finissent pur disparaître. Pour nos cas on pourrait croire que leur disparition n'a eu lieu que posl morlem et par l'action du temps, mais cela ne serait qu'en partie vrai, car les fongosités osseuses qui les ont remplacés, en certain points (fig. 65) montrent bien qu'ils avaienjt été, pendant la vie, atteints par le processus morbide.

ÉLÉMENTS DE COMPARAISON Crânes Bedjas (?)

Indépendamment des séries appartenant aux stations de la pierre taillée, qui m'ont été remises par M. de Morgan, et que je viens de passer en revue, j'ai reçu de M. le professeur Schweinfurth quatre crânes accompagnés d'une note très explicite que je transcris textuellement * :

« Les quatre crânes que j'ai le plaisir de vous remettre — à titre d'essai de comparaison avec les crânes de l'époque dite d'Abydos préhistorique ou transitoire à la première dynastie, comparaison que M. Flinders Pétrie a complètement négligée; les Libyens, il est vrai, rentrent aussi dans la catégorie des Kouchites (ou Khamites), mais les Bedja rentrent dans cette question en premier lieu — proviennent d'une localité située à 1.700 mètres à l'est du fort Haroun, près Assouan, au pied des collines qui bordent de ce côté la plaine que parcourt le chemin de fer entre Assouan et Chellâl. Par un petit défilé, qui s'ou-

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