‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 2)Chapitre 40 sur 43 · DES OSSEMEMS ET SQUELETTES DE POISSONS · texte numérisé non relu

DES OSSEMEMS ET SQUELETTES DE POISSONS

Ce n'est pas ici le moment de donner les caractères osléologiques applicables à la détermination des poissons fossiles. Nous nous occuperons un jour de ce beau sujet pour lequel nous avons rassemblé beaucoup de matériaux; mais dans cette section nous serons obligés de nous borner à quelques indications.

J'ai examiné sept espèces de poissons^ venues de nos carrières à plâtre.

La première a été décrite par M. de Lacépède. Annales du Muséum^ tomex, p. 234, et reconnue par ce grand naturaliste comme

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un abdominal d'an nouveau genre assez voisin des muges.

La seconde a été représentée par M. de Lamétherie, Journal de Phys. ^ tome lvii^ p. 3^0 , et annoncée comme appartenant au genre du brochet.

La troisième a été indiquée comme un ^pare par le même savant ^ d'après un examen fait par M. Bosc.

Enfin la quatrième et la cinquième n'ont pas encore été mentionnées.

Nous parlerons d'abord du s pare ^ comme le plus nettement déterminé. J'étais présent quand M. de Lamétherie le reçut à Montmartre , et c'est dans la première masse qu'il a été trouvé. Le possesseur ayant eu la complaisance de me le confier, je donne la figure des deux empreintes, pi. 167, fig. 16 et 17. La partie dorsale est enlevée dans toutes les deux, mais la mâchoire inférieure a est bien conservée dans l'une, la nageoire ventrale b dans l'autre; et chacune montre assez bien la nageoire anale. c, et une partie de celle de la queue d; on y voit aussi des empreintes des écailles, des côtes, et des apophyses épineuses inférieures de la queue.

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La nageoire ventrale est thorachique pèr m position; un gros aiguillon forme son jpremier rayon ; il est suivi au moins de quatre rayons articulés.

La nageoire anale a d'aberd trois aiguillons^ dont le premier est le plus courte et le deuxième, le plus long et le plus gros. Cinq rayons articules, àù moins, sûiveht des trois premiers.

On compte neuf rayons, tous articulés , dans ce qui reste de là nageoire de la qiieàe.

Jusque-là il n'y aurait rien qui distinguât ce poisson d'une foule d'autres thorachiques acanthoptérygiens ; mais ce qui achève de dé^ terminer son genre, ce sont ses dents.

On voit distinctement sur le fond de sa mâchoire inférieure deux dents hémisphériques, comme en ont tous mes spares proprement dits , et en avant une dent conique forte et pointue , à laquelle en répond une autre de lâ mâchoire supérieure; il est aisé d'apercevoir encore quelques restes de dents plus petites et qui ne sont point conservées.

Je ne trouve parmi les spares dont j'ai fait l'ostéologie, que le SparuÈ spinijer qui offre à peu près la même combinaisoti de dents et

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d'épitieè iLux na{]^oires. On trouve l»en des délits postérieures rondes^ dans leSp. àntataj le Sp. sahgiis, le i^. pagrus, le Sp. perrn^ (jttètf le Sp. mjlioy et quelques autres; maifi lés diénCs antérieures du sargiis sont incisiyéâ et tranchantes; celles dupagrus sont petites^ et, le premier rang excepté, elles ressemblent à dû velours; celles du perroquet sont aussi aplaties; les molaires du mj/io sont beau^ ootip plus petites; les antérieures de Vau^ rata ressembleraient davantage ; mais il y en a parmi les molaires une très-grande dont bous ne trouvons pas de trace îci^ et ses épines sont plus petites à proportion. Dans le Sp. spinijer les dents sont fort semblables^ nais les épines sont bien aussi un peu tro|i petites ^ et sous ce rapport le myiio ressema blerait un peu davantage. Au total, le spare fossile ne ressemble tout-à-fait à aucune deè espèces que j'ai pu examiner, et si nous l'«^ vidhs tout entier, sa forme générale et sa nageoire dorsale nous auraient probablement encore montré quelque autre différence.

On pourra s'étonner de trouver dans nos carrières à plâtre , parmi tant de productions d'eaju douce, un poisson d'un genre dont presque toutes les espèces sont marines; mais cela ne prouve point que cette espèce-ei n'ait

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pu être d'eau douce : le genre des Labres, qui est presque tout marin, produit le Lan brus niloticus , qui remonte très-haut dans le Nil; notre perche d^eau douce est un Acanr ihoptérjgien thorachique appartenant à un genre presque tout marin ; et parmi les spor rus çux- mêmes, Hasselquist en cite deux d'eau douce : le galilœus (i) et le nSoticus {2). A la vérité Forskahl (3) prétend que le niloticus n'est qu'un Labrus juUs porté par hasard au Caire , et Bloch (4) f dans son Sjsr tema^ place le galilœus parmi les corjrphènes} mais y en supposât que Bloch eût raison, ce dernier poisson n'en serait pas moins une espèce d'un genre presque tout marin qui habiterait l'eau douce. Il est très -commun dans le lac de Tibériade ou de Génézareth , et Hasselquist prétend que c'est lui qui a fourni à la pèche miraculeuse de saint Pierre, rapportée au chapitre v* de l'Évangile selon saint Luc. Or, le lac de Tibériade, traversé

(1) Hasselq, it.pal, , p. 343.

(2) Hasselq. it. pal, , p. 341 .

(3) Descr. anim, it, , p. 31.

(4) Syst, ichtyoL , p. 298,

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pàv le Jourdain, a des eaux très -bonnes à boire.

Je ne crois donc pas que cette empreinte de spare puisse fournir un argument contre l'origine attribuée à nos terrains gypseux , et confirmée par toutes les autres espèces dont ils renferment les débris.

Après le sparus^ vient le poisson regardé comme voisin des muges. On a une empreinte assez entière, que nous avons fait graver à demi-grandeur, pi. 167, fig. i5, et nous en possédons un deuxième individu un peu plus petit.

On voit aisément que c'est un abdominal dont les nageoires ventrales ne sont pas fort en arrière; il a o,235 de long et o,o65 de haat au milieu. Ses vertèbres sont au moins au nombre de cinquante , et par conséquent ses arêtes fort nombreuses; il a deux nageoires dorsales peu élevées, dont la seconde, placée vis-à-vis de Tanale, a 17 à 18 rayons. Il est difficile de compter ceux de la première, qui répond à peu près aux nageoires ventrales. Sa nageoire de la queue a 18 rayons et parait ronde; à la vérité l'on pourrait croire qu'elle a été arrondie par les frottemens que le corps de l'animal a dû éprouver

6^4 ^bsslt&s tu pjins.

sure , parce qu'il n'a de gros rayon épineux en avant d aucune de ses nageoires. II De resterait donc à choisir qu'entre les sphyrênes et les athérines; et le museau pointu des premières , et la queue fourchue des unes et des autres, ne permettent pas de compléter la comparaison.

Encore la première nageoire ne paraissant point avoir été épineuse, ce ne serait pas plus dans ces deux genres que parmi les muges qu'on pourrait chercher notre espèce.

J'ai soupçonné quelques instans que les nageoires dorsales ne paraissaient au nombre de deux que parce qu'il s'était perdu une portion qui les réunissait : une dorsale unique et longue aurait alors fait beaucoup ressembler notre poisson à Vj4mia cnha de Linnœus (i)f qui habite les rivières de la Caroline, et dont il a d'ailleurs la forme générale , la queue ronde et plusieurs autres caractères; mais quelque heureuse que cette conjecture m'ait paru au premier coup d'œil, je n'ai

(1) Il faut bien se garder de confondre ce poisson, tïOinme on l'a fait dans V Encyclopédie méthodique , avec Vamia des anciens, qui est du genre des scomhres.

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point trouvé sur la pierre de traces de rayons intermédiaires qui aient pu l'appuyer ; il n'y a pas même dans l'intervalle des deux nageoires les osselets qui auraient pu porter ces rayons: d'où je conclus qu'en effet les nageoires dorsales étaient séparées comme elles le paraissent.

Ainsi notre poisson sera un genre nouveau que l'on pourra considérer comme une amia à deux nageoires, à peu près comme les dipterodons et les cheilodiptères deM.de Lacépède seraient des spares et des labres à deux nageoires.

Ses rapports avec Xamia sont confirmés par la structure du squelette; notre poisson a au moins cinquante vertèbres, dont trente dorsales environ, et je me suis assuré que les vertèbres dorsales de Vamia sont aussi au moins au nombre de" trente, tandis que les muges n'en ont que dix dorsales et vingtdeux ou vingt-trois en tout.

J'ai trouvé enfin , en examinant Vamia , que ses rayons branchiostéges ressemblent à des lames plates comme des branches d'éventail^ et telles que paraissent celles du poisson fossile.

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On ne peut dire quelle devait être Thabl' ts^tion d'un genre inconnu dans la natare vivante, mais comme Vamia calva se tient dans les rivières, sur les fonds vaseux, et que les muges les remontent .fort haut, il n^st pas improbable que notre poisson ait aussi habité l'eau douce.

Nous pouvons à présent passer à l'examen du poisson que l'on a rapporté au genre des brochets. On n'en possède que la partie postérieure, pi. iSj , fig. 12, qui est dans le cabinet de M. de Lamétherie. Elle offre des arêtes nombreuses , une nageoire de la queue fourchue a, une dorsale b et une anale c placées vis-à-vis l'une ^e l'autre ; les os» du bassin fort étrçits J, avec un vestige de nageoire ventrale ej enfin un vestige de nageoire pectorale fy qui semblent annoncer qu'il nç ma.nquait guère à ce poisson que la tête , et par conséquent que sa forme n'était pas fort allongée. La disposition de ses côtes semble annoncer la même chose. Quoique le bassin soit détaché , il ne paraît pas être sorti 4e sa place , et ce poisson doit ayoir été un abdominal , dans lequel on ne voit point de traces de rayons épineux.

Il reste six rayons aux pectorales; ceux

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UC8 ventrales ne peuvent se compter ^ mais On en voit au moins dix à la dorsale et environ quatorze à Fanale. Il y en avait vingtdeux ou vingt-quatre à la caudale.

On sent bien qu'il n'est pas possible d'af-^ firpier le genre d'un poisson dont on n'a pas 1^ tête; cependant il est certain que^ parmi les abdominaux y une seule nageoire dorsale se .trouve ainsi placée parfaitement vis-k-vis de fanale, seulement dans quelques brochets et lépisostees , et dans quelques mormjres : car on ne peut penser au sauras ou sombresoce à cause de ses fausses nageoires , ni à V exocet à cause de ses grandes pectorales. En supposant donc qu'il n'y ait pas eu d'autre dorsale, comme il est vraisemblable d'après cette empreinte, c'est entre les deux genres bro^ chet et mormjre qu'il faut choisir. Si l'on avait la tête, le choix serait bien aisé; mais même sans elle, on peut remarquer que les brochets ont tous le corps allongé, et que les mormyres l'ont raccourci; les brochets ont les os du bassin larges , et souvent augmentés d'un appendice latéral ; les mormyres les ont grêles comme on les voit ici. Du reste, les deux genres ont la queue fourchue. S'il fisdlait donc se prononcer, je trouverais plus de vraisemblance en faveur du genre des

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mormyres. Or, le genre des brochets a bien quelques espèces d'eau douce ; mais celui des mormyres habite tout entier dans le fleuve du Nil f où il se trouve pêle-mêle avec des tortues trionyx , des crocodiles , et des poissons acanthoptérygiens thorachiques , le long de rivages ombragés de palmiers ^ et il serait sans doute assez piquant de le retrouver à Montmartre dans une réunion tout- à- fait analogue (i).

On .pourrait cependant opposer ^ quant au caractère tiré des nageoires anale et dorsale , le nouveau genre des pœcilies ^ séparé par Bloch des cobitesj c'est un genre d'eau douce de la Caroline, à forme allongée, dont le

(!) J'ai dû la possibilité de connaître l'ostéologie des Mormyres aux belles collections faites en Egypte par mon savant confrère M. Geofifroy; le Mormj'rus cj-prinoïdes ^ et une espèce nouvelle que M. Geoffroy appelle Labiatus , ont les nageoires ainsi placées vis-à-vis l'une de l'autre. Dans le M. canume et le M. hei^se , la dorsale s'étend sur presque toute la longueur du dos ; du reste , l'on se tromperait beaucoup en refusant avec Llnnaeus un opercule des branchies à ces poissons, et en ne leur accordant x{u'un rayon branchial ; ils ont tous un opercule et plusieurs rayons. Voyez mon Règne animal ^ touie II , page 189 , et la grande Description de V Egypte,

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corps sfe termine par une nageoire entière^ et qui n'aurait pas beaucoup de rapports avec notre fossile , si Bloch n'y avait placé un autre poisson aussi d'eau douce j de Surinam y à corps comprimé et à nageoire caudale fourchue; c'est son Pœcilia umpara, représenté dans son Système y pi. 86, fig. 2, et qui ressemblerait assez à notre fossile si ses nageoires anales et dorsales avaient plus de rayons et si son corps était un peu plus allongé. C'est d'ailleurs un très- petit pois-, son (1).

. Il reste donc du doute entre des poissons du Nil j et d'autres dont le congénère n'a encore été trouvé qu'à Surinam ; mais, dans tous les cas y notre fossile serait d'un genre d'eau douce dont les espèces habitent aujourd'hui des pays chauds, et des pays où il se trouve aussi des crocodiles et des palmiers, et où les trionyx ne manquent probablement

(1) Ou peut consulter utilement sur les Pœcilies, les Lebias , les Gyprinodons et les autres petits poissons de cette famille , le mémoire de M. Yalendennei» , sur les poissons fluviatiles de l'Amérique équinoxiale, inséré dans le deuxième volume des Observations zoologîques de M. de Humboldt.

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pas : car le trionyx de Caroline et de Créorgie habite aussi la pioride. M. de Lacépéde rapporte que le chevalier de Widerspach a cru l'avoir trouvé sur les bords de l'Oyapock (i), dans la Guyane, et c'est aussi de la (juyane qu'est venu le jeune individu décrit par M. Blumenbach (2), et gravé dans l'ouvrage de M. Schneider (5), sous le norii de Testuao menibranacea.

Nôtre quatrième poisson , qui est plus mutilé que tous les précédens , me paraît cepen-* dant pouvoir être reconnu pour une truite f mais je Tai jugé par d'autres moyens que les précédens, car il n'y reste ni nageoires ni aucun autre caractère extérieur. C'est dans le cabinet de M. de Dréç que je l'ai observé.

II s'est moulé et en partie attaché sur utt ftrotceàu de glaise adhérent au plâtre, pi. 167, fig. 1 1 . Ses yeux y ont laissé leur empreinte

(1) Lacép. , Hist, des Quadr, ovip. , art. de la Tortue molle.

(2) iîan. (fUist. Nal, , 8" édit. , page 238.

(3) Hist, des '^Tortues , en allemand, pi. J.

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en a, et une pellicule qui paraît avoir étë une de leurs membranes; sa physionomie m'ayant frappé comme rappelant celle de la truite , j'en fis la comparaison , et je reconnus : I® l'empreinte b de la plus grande partie de la mâchoire inférieure, avec une dent encore en place; a® Tos analogue à l'os carré; auquel cette mâchoire s'articule cj 5® l'os palatin du même côté rf, qui vient rejoindre l'os carré; 4" ^®s portions des os des tèinpeà ej 3" l'empreinte presque entière de l'bpercule Jj 6** l'empreinte de trois des rayons branchiostéges gj 'f une partie de l'oâ de là langue hj S"" des parties de Tos de l'épaule du côté droit /; g® des parties écrasées et éparses des autres os de la tête k , Ij enfin , ïo*" des empreintes des écailles ratigées sUr plusieurs lignes parallèles m m.

La mâchoire inférieure et l'os analogue au carré ressemblent presque entièrement à ces mêmes parties dans la truite : l'œil et là dèht sont de la grandeur et dans la position convenables; les os des opercules et de la par* tie supérieure de la tête paraissent seulement occuper un espace proportionnellement trop long pour être de nos truites communes; mais comme je n'ai pas le squelette de toutes les espèces de ce nombreux genre , il se peut

qu'il y en ait quelqu'une où ces proportions se retrouvent. Toujours est-il certain qu'aucun des poissons que j'ai examinés ne m'a paru ressembler à notre fossile autant que la truite.

Le cinquième poisson de nos plâtrières parait encore un abdominal^ mais très-petit, fig. i4- Son dos et le bout de sa queue sont emportés. On voit à sa bouche des dents trèsgrêles et aiguës; il lui reste des -traces de sept ou huit rayons branchiostéges , et quelques vestiges de nageoires pectorales. Ses ventrales ne sont pas fort en arrière. On y compte des restes de six rayons. Les deux premiers rayons de l'anale sont très-gros, quoique articulés, comme les ont plusieurs cyprins; ils sont suivis de sept autres- Les vertèbres de ce poisson étant grandes, il a peu d'arêtes; je ne lui compte que neuf vertèbres dorsales; il reste des traces de sept caudales, mais il en manque quelques-unes en arrière.

On pourrait trouver à ce fragment de poisson quelques rapports avec les cjprinodons de M. de Lacépède; mais ces rapports sont trop peu importans pour avoir quelque certitude, et d'ailleurs on y trouverait presque autant de motifs d'éloîgnement.

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Le sixième de nos poissons, p. i58, (ig. i5, est un abdominal de forme allongée. Il a au moins cinquante vertèbres , dont quatorze seulement appartiennent à la queue, ce qui fait que son anale est placée fort en arriére; quatorze ou quinze des vertèbres sont encore placées entre Tanale et la ventrale qui se trouvent attachées sous la vingt*deuxième. L'anale ne paraît pas avoir été longue» je n'y compte que huit à neuf rayons; la dorsale doit en avoir eu dix ou à peu près; elle est placée un peu plus en arrière que les ventrales, et plus en avant que l'anale. La caudale est mutilée, mais doit avoir eu de vingt-deux à vingt-quatre rayons. Il ne reste plus de traces de pectorales; les arêtes, surtout dans la partie du ventre et dans celle du dos qui est voisine de la tête, doivent avoir été fines et nombreuses, ce qui rappellerait la famille des harengs; mais tout le reste du poisson se rapporte davantage à celle des cyprins. La disposition relative des nageoires , telle que nous venons de la décrire, est à peu près celle de l'ablette, ou mieux encore celle an gonorhynque {Cypri^ nus gonorhynchus. Gron.); et les parties de la tête que Ton peut observer ne peuvent indiquer qu'un cyprin à nez saillant, comme

le gonorhynque, le Gyprinus nasus, ou tel autre.

Eli effet, Ton voit en ^j^les inter-idâxillàirës j)roéïhinens; en ij le maxillaire suffériéùr tel i^tt'il est dans beaucoup de cypritls, hotamii)et)tdans \enasusj eil c, la mâchoire itifétîëtirc recliJée en arrière et répondant aussi pdnr là forme à celle dé ces espèces; comme flàni tôils lés cyprins j il n'y a point de tracés dé dents aux mâchoires.

Cependant, je n'oserais pas répondre qu'il n*y eut que trois rayons branchiostéges en dj il me semble même en voir quatre , à moins que je ne prenne le subopercuîe pour un quatrième.

On ne peut distinguer la forme de l'opercule ; et les pièces placées un peu en arrière , en e , pourraient bien être des débris des ofe de l'épaule autant que des apoph;^seà trand^ verses des premières vertèbres;

Lé genre de ce poisson n'est donc pas absolument certain , et toutefois il y a plus d'apparence que c'est un cyprin , c'est-à-dire un poisson d'eau douce, qu'aucun autre.

Sa longueur totale doit avoir été à peu près de 0,2; celle de sa tête est de 0,045. La

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hauteur verticale du tronc, au milieu de sa longueur y est de o,025.

Quant au septième, pi. i58, fîg. i^, il sippartient bien sûrement aux cyprins, paj^ tout ce que Ton en voit; et même quoique la partie antérieure de sa dorsale soit enlevée, on peut juger par ce qui reste de sa partie postérieure que cette dorààle étaït lofilguë, et que ce poisson âppaffenait sLti sôùs^gétiré dëi carpes proprement ^tes, otl à télui deà làbéons. Dans tous lés cas, ce serait tin' pTôidsictti d'ettu douce.

Il est loftg dé 0,06} |é fùî iSihpiè ^â-^ rànte-trois veffêbfes, août dii-htrit dtt dix^ neuf pour la daVît^ abdottinsdëj Its téSie i^if^ la queiié.

Outre ces squelettes et poftiôtfs cfe squelettes, il se trouve encore dans tiài ^péëi utï gfand nc^Yhbfe de vertèbres et d'os séparés de poissons , dont il est impossible de déterminer les espèces, mais qui n'àrmorTcent ni de grandes tailles , ni rien de décidément marin. On n'y trouve par ëxéiùplâ jamais de ces dents de raies qui ne' soM pas très-rares danâ les sables et lés tnâhfles marines du sommet , au milieu dfés huîtres et des autres coquillages.

Nous avons fait dessiner les mieux carac-* térisés de ces os.

PI. i58, fig. lo, est un préopercule. C'est parmi les acanthoptérygiens qu'il trouve le plus d'analogues , notamment parmi les spares et les chétodons; mais aucun n'offre d'analogie entière.

Fig. II est un sphénoïde allongé, qui n'est ,pas sans ressemblance avec celui d'un brochet , et qui n'égale pas . celui d'un de nos brochets de grande taille.

C'est encore avec le brochet , ou plutôt avec Y orphie^ que l'os temporal (i) de la fig. 12 a le plus de ressemblance ; mais il, n'est tout à fait pareil ni à l'un ni à l'autre , non plus qu'à aucun poisson que je connaisse.

Fig. i3 et fig. 8 sont des opercules, et fig. 9 Une vertèbre.

Ainsi tous ceux de nos reptiles et de nos

(1) Je donne ce noixi 9 dans mon système gênerai sur Tostéologie de la tête , à Vos qui , d'une part , s'articule avec le frontal postérieur et le mastoïdien , et, de l'autre, fournit un tubercule articulaire à la pièce principale de l'opercule. C'est Vos carré de M. Rosenthal , la caisse de M. Bojanus, etc.

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poissons de gypses desquels on a pu obtenir des fragmens sufTisans annoncent, comme nos coquilles, que les couches remplies d'os de palaeothériums et d'autres quadrupèdes inconnus n'ont pas été formées dans l'eau de la mer, et s'accordent avec tous les autres phénomènes développés dans notre travail général sur les environs de Paris , pour prouver que la mer est venue envahir une région qui n'avait été long-temps arrosée que par les eaux douces.

Ce résultat est d'autant plus frappant, que les poissons du calcaire grossier sont marins : tel est celui qu'a représenté feu M. Faujas, Ann. du Mus., tome i, pi. XXIV, qui, au reste , n'est rien moins qu'une coryphène , comme l'imaginait cet auteur, mais qui appartient plutôt à la famille des labres.

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