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Je possède une première phalange de derrière qui est aussi un peu plus grosse à pijpportion; une partie inférieure de tibia exactement semblable à la partie correspondante du lièvre; et une portion de mâchoire où je ne puis apercevoir non plus aucune différence de nature à paraître spécifique.
Si ces fragmens viennent d'une espèce connue, c'est du lièvre : le lapin les aurait plus petits et plus grêles.
ARTICLE II
Os de castors des toarbières.
Les tourbes se forment chaque jour, et ne recèlent presque jamais que des os d'animaux du pays, qu'elles teignent en noir, mais qu'elles conservent par les mêmes causes qui conservent les amas de mousse aquatique dont elles se composent ordinairement.
La pla]iart de nos rivières d'Europe ayant
POSSILES. IÔ9
ûourri autrefois des biévres ou castors ^ quelques-unes, le Gardon et le Rhône en France , le Danube en Bavière et en Autriche et diverses petites rivières de Westphalie et de Saxe en nourrissant encore , il ne serait pas étonnant que leurs os fussent conservés dans les tourbes. En effet nous en avons reçu des têtes et des dents, et d'autres naturalistes paraissent en avoir observé dans des gisemens pareils.
Nous parlerons d'abord d'une tête et d'une dent incisive de castor retirées des tourbes de la vallée de la Somme par M. Traullé, à qui nous devons tant d'autres fossiles de ce canton-là.
Nous l'avons fait représenter, pi. 204, iig. 1 , 2 et49 et sa mâchoire inférieure, fîg. 5. Ses dents présentent exactement les caractères que nous avons indiqués, page 71 , pour ceux du castor; et comme la dent de devant y est beaucoup moins usée que les autres, on voit ^'elle venait de renlplacer la dent de lait (i).
(1) Principales dimensions de la tête de castor des tourbières de la Somme.
De Impartie saillaute d'une arcade zygoma-
10 nONÇEUR3
Un heureux hasard a voulu que j'eusse deux têles de castor ordinaire à peu près du même âge que cette tête fossile; car Tune a sa 4ent antérieure encore parfaitement entière, ^ l'autre est au moment de perdre sa dent de
J'ai représenté celle-ci à côté de la tête fossile^ fig. 3, 6 et 7^ et le premier coup d'œil montre qu'elle vient d'un animal extrême* ment semblable.
tique à l'autre 0,080
Moindre largeur du crâne entre les orbites. 0|026 Largeur du crâne entre les apopliyses zygoinatiques du temporal et le conduit auditif 0,046
—— — du nez près de son extrémité. • . 0,023 Hauteur du crâne depuis le bord alvéolaire jusqu'au sommet de la partie la plus
étroite du crâne 0,041
» depuis la partie moyenne des fentes
incisives jusqu'à la partie moyenne des
os du nez. • 0,028
Depuis le bord postérieur de la voûte palatine jusqu'à la fente incisive 0,040
De l'extrémité antérieure de la fente incisive au bord antérieur de l'alvéole de la dent incisive 0|0il7
FOSSlLlilS. 1 I t
C'est à cause de leur jeunesse qu'elles ont encore le dessus du crâne simplement bombé^ » les crêtes temporales écartées et à peine sensibles^ etc.
La fossile serait un peu plus grande si elle était entière; ses os du nez sont un peu plus longs, quoique le museau soit un peu plus court à proportion , parce que leur racine pos^
Liongiieur du bord alvéolaire des molaires. 0,029
Distance entre les bords externes de la dernière molaire 0,030
Id. de la première molsdre 0,022
Longueur des trous incisifs 0,012
Hauteur des branches de la mâchoire prise depms l'angle jusqu'au sonunet du condyle 0,048
jusqu'au sommet de Fa-
po|^yse Gorono'ide 0,039
Distance du bord externe d'un coudyle à
Tanlre 0,062
Longnenr du bord alvéolaire des molaires. 0,035
Distaiice entre les bords externes de la der*
nîère mohixe 0,039
Jd» • • de la première molaire. • . • • % • • • 0yQ2S
ttd nONGEUBS
iërieure entame davantage sur le frontal; l^ur suture avec les maxillaires est aussi plus rectiligne^ etc. Mais j'ai reconn i que ces différences sont précisément cell s qui distinguent le castor d'Europe de celui d'Amérique.
En effet, m'étant procuré les castors du Danube et du Gardon , et les i f ant comparés avec des têtes de castor d'Ame ique de même âge, j'ai observé que dans le . têtes des premiers, les os du nez se portent dans le frontal jusque vis-à-vis de l'endroit où il est le plus échancré par les orbites, tandis que dans les autres ils s'arrêtent à peu près vis-à-vis de la pointe saillante que le lacrymal forme dans l'angle antérieur. Les bords externes de ces os on leurs sutures avec les inter-maxillaires suivent aussi une courbe bien plus convexe dans les castors d'Amérique que dans ceux d'Europe.
J'ai cru devoir consigner ici cette reiiiarque, en attendant que l'on ait pu la confirmer par d'autres; elle pourrait bien indiquer une différence d'espèce. J'ajouterais que cette différence correspond à celle des habitudes, s'il était vrai que les castors d'Europe fussent au tant
FOSSILBS. tl5
aildcBBoue de oeiix d'Amériqiie-par leurs cods» tractions que Bufibn semble FannonoOF; maïs il y a lieu d'en douter.
D'une part 9 bien que les anciens n'aient pas parlé de leur industrie pour bâtir, Albert le Grand (i), dans le treizième siècle, a connu et décrit leurs cabanes. M. Bechstein assure même qu'ils construisent encore des digues
dans quelques bras de TËlbe (2).
D'autre part , il résulte des observations de HeArne , que' les premiers voyageurs en Canada avaient fort exagéré le oierveilleux de bâtisses.
Nous avons une autre de ces têtes de castors des tourbes , plus âgée que la précédente. Elle a été trouvée à douxe pieds de profondeur dans une tourbière, sur les bords du Rhin, à Urdingen, dans le ci-devant département de la Roér, aujourd'hui dans la Prusse rhénane I et nous a été donnée par M. Walkenaer, notre confrère à l'Institut, qui ne cultive pas Fhistoire naturelle avec moins de
(1) l>e ittiiraal. y iib. XXII, tract. S, capi r, (3) Hist. nat. d'AUein., I, 915.