‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 3)Chapitre 16 sur 73 · DES OSSEMENS D'ÉDENTÉS · texte numérisé non relu

DES OSSEMENS D'ÉDENTÉS

On n'a découvert jusqu'à présent qu'un seul genre, et tout au plus deux espèces d'animaux fossiles qui appartiennent à cette classe ; mais ce genre tient de si prés à tous ceux que ] 'on connaissait vivans , il réunit en lui , d'une façon si remarquable , les caractères que ces genres vivans offraient séparément, qu'il est

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nécessaire de faire connaître en détail tous ces derniers pour apprécier les rapports du premier et les diflerens chaînons qui l'unissent au peste de sa famille.

D'ailleurs rostéologie des édenlés vivans est intéressante en elle-même par les nombreuses anomalies qu'elle présente, cette famille étant peut-être celle de toutes qui s'écarte davantage des autres mammifères, et celle dont lesi genres s'écartent le plus les uns des autres.

On sait qu'elle se subdivise en plusieurs tribus fort distinctes :

Les TABDiGRADEs à tète courte et ronde , dont la bouche ne manque que d'incisives; et auxquels leurs longs bras et les autres singularités de leur structure impriment une lenteur et une gène de mouvement qui semblent en faire des êtres disgraciés de la nature ;

Les FOUISSEURS à tète conique, manquant d,'jiicÎMves et de canines» mais encore pourvus de molaires; et dont les uns ( les tatous ) à langue courte , couverts de cuirasses solides et articulées, vivent de fruits et de lachairdes cadavres ; les autres ( les oryctéropes ) , couverts de poils et à langue susceptible d'un

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grand prolongement , mais a oiolarreB creu- 4Qes de petits canaux parallèles, vivent diéjà 4e fourmis ;

Lies MYRMÉGOPHAGBS absolumeut dépourvus de dents, à bouche prolongée en tube, terminée par une petite ouverture , contenant une langue en forme de fil , et susceptible du plus grand prolongement , ne vivant aussi que de fourmis et de termites. Ils comprennent deux genres , \e^ fourmiliers couverts de poils^ et les pangolins couverts d'écaillés imbriquées et tranchantes;

Enfin les monotràmes, si extraordinaires par l'absence de mamelles , par les organes dé la génération , infiniment .plus voisins de œoï des ovipares que de ceux des mammifères, pieir un squelette tenant en partie des reptiles , en partie des mammiflres à bourse, OT|t un genre^ l'échidné , couvert d'épines, à langue extensi-** ble, et vivant de fourmis; etun autre, le plus hétéroclite de tous les quadrupèdes, couvert de poils, à langue plate, à museau comparable au bec d'un canard, à dents vasculeuses comme œlles de l'oryotérope. Us semblent en un mot qfgpirJ'alUage de tous ies contn^rest

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Assurément de pareils êtres méritaient bien d'être étudiés plus profondément que Ton n'a pu le faire jusqu'à ce jour , et ce n'est pas sans raison que nous avons travaillé depuis nombre d'années avec le plus grand zèle à nous procurer les moyens d'ajouter quelque chose aux connaissances que l'on en avait.

Nous avons été bien secondé par les amis des sciences ; indépendamment des matériaux que Daubenton avait laissés au Cabinet du roi y et qui se réduisaient au squelette d'un fourmilier didactyle et à ceux de deux paresseux encore très -jeunes et épiphysés, M. de Jussieu nous a donné un phatagin adulte y dont nous avons fait le squelette; feu M. Richard nous a remis celui d'un ai adulte^ et nous en avonsdû un autre, ainsi que divers individus dans la liqueur, au voyage de M. de Lalande au Brésil ; le même zélé voyageur a rapporté du Cap plusieurs squelettes A^orjctéropej feu Martin a envoyé de Cayenne celui d'un tamanoir adulte, et M. Gaymard, l'un des naturalistes de l'expédition de M. Freycinet, a rapporté de Buénos-Ayres celui d'un tamandua. MM. Leschenauld, Duvaucel et Diard , nous en ont procuré de pango^ Uns adultes. Quant aux monotrèmes, Péron

en avait rapporté de son voyage à la Nouvelle- Hollande , dont nous avons fait faire les squelettes; et plus récemment, sir Everard Home, et M. Maclay , savant naturaliste anglais, nous en ont procuré des individus dans la liqueur, qui nous ont su£B pour vérifier les points de leur myologie propres à jeter du jour sur leur ostéologie.

Ainsi il ne nous manque rien de œ qui est connu dans cette famille ; et nous serions coupables si nous ne saississions Toccasion qui se présente de faire jouir les naturalistes de oe que ces trésors ont ofièrt à notre observation. Nous allons nous acquitter dis ce devoir dans les chapitres suivans.

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