‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 3)Chapitre 2 sur 73 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

mÙLKQUES SUR L'OSTÉOLOGIE DES HONGEtlÉS

ARTICLE PREMIER

Observations tnr le caractère de famille des rongeait et sur la saooessîon de leon dents.

Le système de dentition qui distingue la famille des rongeurs commence à se montrer dès le genre des phalangers ; il continué à prendre ses caractères dans les kangouroljte'y et les obtient presque complètement daiuiés phascolomes. Ceux-ci n'ont plus des carnSfihsiers que le condyle transyerse de leur mâchoire inférieure.

Tous les Trais rongeurs ont au contraire

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cecondyle longitudinal ^ en sorte que le mou* vement de leurs mâchoires se fait d'arrière en avant: aussi les éminences d'émail de leurs dents sont -elles disposées transversalement comme dans les éléphans, et non pas longitudinalement comme dans les ruminans et les chevaux.

On connaît depuis long-temps le mécanisme par lequel la nature entretient toujours fortes^ toujours tranchantes^ ces quatre puissantes armes que les rongeurs portent au-devant de leurs mâchoires ^ malgré la continuelle détrition à laquelle elles sont exposées. Sorties pointues de l'alvéole, elles croissent par l'extrémité postérieure à mesure qu'elles s'usent par l'autre , et leur face de devant étant garnie d'un émail plus épais et plus dur, la détrition est constamment oblique et en fait toujours des coins fort affilés.

C'est pour fournir à cette détrition continuelle que le corps de ces incisives se prolonge si fort en arrière. Il s'étend, en se courbant , par-dessus les mâchelières supérieures et pardessous les inférieures , et se porte derrière elles, en sorte que le noyau gélatineux de l'incisive adhère dans la mâchoire derrière ceux des mâchelières ; mais qu'il y est dirigé

Des Roi«GEURd vivans. 5

en seDS contraire , c'est-à--dire eu haut dans la mâchoire supérieure , en bas dans l'inférieure. Le supérieur n'est point dans Tinter-maxillaire eomme ceux des incisives ordinaires, mais dans le maxillaire.

Les molaires subissent , quant à leur détri-lion 9 les mêmes lois que dans les autres animaux. Celles des espèces destinées à vivre uniquement de végétaux ont leur fut divisé profondément en collines minces, et qui donnent bientôt à la couronne une surfiau^ plate traversée par des lignes ou des anneaux d'émail. Les espèces qui vivent de substances moins dures ou moins propres à user les dents ont leur fût moins profondément divisé; leurs collines ne sont pendant long-temps que des tubercules mousses.

Dans les premiers , les dents croissent pendant très - long -temps à la base à mesure qu'elles s'usent de la couronne; elles ne se divisent que fort tard en racines , et même il y a des espèces où cette division parait ne jamais arriver; dans les au très , les dents cessent de s'allonger dès que l'animal est adulte , et prennent des racines de très-bonne heure.

Les iptesljins des premiers sont en général

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plus volumineux ; ils ont un très-grand oœcum ; les seconds Font médiocre ou en sont tout-4-fait privés (comme les loirs).

Il y a même une distinction à faire : parmi les molaires de rongeurs herbivores , dont le fut est le plus profondément divisé par l'émail et parait ne jamais prendre de racines^ il y en a, comme celles des cabiais, qui ont, comme réléphant^ une troisième substance ou cément en dehors de leur émail ; la plupart des autres n'ont , comme à l'ordinaire , que la substance osseuse intérieure ^ ou ivoire^ et l'émail.

Ce que l'on connaît moins , ce sont les lois et les époques de leur succession : car les rongeurs, comme les autres quadrupèdes vivipares, ont des dents de lait et des dents permanentes ; et celles-ci sont ou des dents de remplacement ou des dents qui n'ont été précédées d'aucnne autre; mais il paraît que, dans le plus grand nombre des espèces , les dents de lait tombent si vite que l'on a peine à les observer.

J'en ai suivi la succession dans les lapins.

Dans lesincisivesjen'y ai vu changer après la naissance que les supérieures postérieures ; celles de lait demeurent quelque temps en

DES RONGEURS YIVANS. ^

plax^ avec celles qui leur succèdent ^ et pendant ce temps-là les lapins paraissent avoir six incisives en haut au lieu de quatre qui est leur véritable nombre.

Je ne crois pas cependant que mes observations sur ces incisives soient complétés ^ et peut-être qu'en les suivant de plus prés on découvrira des çhangemens plus considérables que ceux que j'ai aperçus.

Quant aux molaires , il est certain qu^ily eh a trois en haut ( sur six ) et deux en bas ( sur cinq ) qui changent, c'est-à-dire dont la place est d'abord occupée par des dents de lait, et ensuite par des dents de remplacement, qtii viennent dans la même direction verticale* Les trois postérieures de chaque côté , tant en haut qu'en bas, sont des arrière-molaires qili ne viennent qu'une foia; ainsi ^ à l'égard des màchelières, les lapins offrent à peu près les mêmes phénomènes que les chevaux ou les ruminans. La composition et le dessin des couronnes étant les mêmes dans les arriéfémolaires que dans celles de Remplacement ^ii n'y a pas de différence non plus entre celles-ci et les molaires de hdt.

J'ai lieu de chure que dans les espèce» qui

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n'ont que quatre molaires de chaque coté , il n'y en a qu'une seule , l'antérieure^ qui change : du moins je me suis assuré qu'il en est ainsi dans le castor, dans le porc-^pîc, dans Y agouti, le paca , dans le cochon itlndej mais pour saisir dans ce dernier l'instant où cette dent de remplacement est encore fraîche et non usée, il faut le prendre très-jeune , et ce qui est encore plus singulier, pour voir la dent de lait en place, il faut l'observer quelques jours avant la naisss^nce. Je puis assurer, pour l'avoir vu, que cette dent tombe dans le cochon d'Inde pendant qu'il est encore dans le ventre de sa mère, et d'après l'analogie je soupçonne qu'il en est de même dans tous les rongeurs pour leurs incisives. Ce ne seraient donc plus des dents de lait > mais des dents d'utérus.

La dent de remplacement ressemble à la dent de lait par le dessin de sa couronne.

D'après cette permanence des trois dernières molaires, dans les genres qui en ont plus de trois, je ne m'étonnerais pas beaucoup si l'on venait à découvrir que ceux qui n'en ont que trois n'y éprouvent aucun changement. Ce qui est certain, c'est qu'il m'a été impossible jusqu'à présent d'observer de mu-

DES RONGEimS VIVAKI8. 9

tation dans aucun de ces rongeurs à troia dents , tels que le rat , etc.

Je représente, pi. 3o3, fig. 21 et 32, les dents de lait, de remplacement et les arrièremolaires du lapin , et fig. 25 et 24 > celles du cochon dinde.

ARTICLE II

Caractères principaux des genres et description de Tostéologle de leurs tètes.

Les rongeurs présentent entre eux , pour la composition et les détails de leur tête, des formes et des combinaisons plus variées que les carnassiers.

Leurs caractères les plus généraux sont : .

La grandeur de leurs inter-maxillaires proportionnée à celle de leurs incisives;

La courbure de leur arcade zygomatique vers le bas , indice du peu de force de préhension de leurs mâchoires ;

Leur fecette glénoide, creusée en portion

tO OSTBOLOGIE

de Cylindre , dirigée d'avant en arrière de manière à faciliter dans ce sens le mouvement de la mâchoire inférieure.

On peut faire uhe première division des marmottes et des écureuils.

En les comparant avec les carnassiers , on est frappé de leurs rapports plus intimes dé composition , de connexion et de position des parties.

Les différences les plus apparentes ne tiennent qu'à la configuration générale et à la proportion relative de quelque^ os.

Le caractère générique des marmottes ( pL 20:2 , fig. 2 ) consiste à avoir :

En haut^ cinq mâchelières^ dont une première ronde avec un collet et une seule pointe; les quatre autres à couronne en triangle , à trois arêtes transverses , trois pointes en dehors ; une seule en dedans formée de la réunion des deux dernières arêtes ;

En bas, quatre à couronne rhomboidale;

DES RONGEURS VlVAlYS* il

mte pointe à l'angle antérienr intenM , demi au bord externe.

- La marmotte ( Arctomjs marmotta ) a la tête déprimée , large entre les yeux ^ la coupe longitudinale du profil surbaissée en courbe à peu près uniforme. A la coupe le crâne occupe à peu près autant de longueur que la face , en sorte que l'orbite placé entre deux est à peu près au milieu de cette longueur. Il est borné en arrière par une apophyse post-orbitaire du frontal très -marquée et fort pointue; les arcade zygomatiques ^ assez étroites , s'écar- . tent beaucoup en dehors ^ mais au heu de se courber vers le haut elles le font plutôt vers le bas. L'occiput est tronqué verticalement ; les crêtes temporales se réunissent assez en arrière, et les tempes sont peu enfoncées.

Le museau est cylindrique ; les deux os du nez font le milieu de sa voûte supérieure ; à leurs côtés les appphyses montantes des intermaxillaires vont s'articuler comme eux avec le frontal y dont la limite en avant est transversale et seulement un peu festonnée ; la face externe du maxillaire est concave sous une crête qui continue en avant celle de l'arcade jusqu'à la suture inter-maxillaire ; à partir de cet endroit, cette suture descend verticalement

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pour embrasser le palais ; elle en prend un peu moins du tiers. Les trous incisifs sont étroits et médiocrement longs ; à peine entament-ils les maxillaires dans le palais. Le trou sous-^rbitaire est petite percé non loin du palsdsetdelasuture in ter-maxillaire; son bord se réfléchit en une sorte de crête. L'os jugal prend dés la base antérieure de l'arcade , où il s'articule avec le lacrymal aussi bien qu'avec le maxillaire, et se joint à l'apophyse zygomatique du temporal par une suture horizontale qui occupe la seconde moitié de l'arcade , en sorte qu'il va jusqu'à la facette glénoïde, laquelle est large et plate, et dont le bord postérieur est libre. 11 n'y a pas d'apophyse post-orbitraire à l'arcade, si ce n'est une légère proéminence de la partie temporale. Les frontaux et les pariétaux se réunissent en une seule pièce de très-bonne heure et bien avant les autres os ; je n'ai pu voir même l'inter-pariétal dans de fort jeunes marmottes. La suture occipitale est un peu en avant de la crête du même nom et lui demeure presque parallèle. Un tiers de chaque côté de cette crête appartient à l'os du rocher qui prend un peu sur la face occipitale du crâne; il a un tubercule, et un peu en arrière l'occipital en produit un autre qui est l'apophyse mastoîde. Les

BBS RôifGBtrRS VIVANS. i^

Èaisêed sont rondes et très-bombées ; elles s'appartiennent en entier à elles-mêmes et se soudent de très-bonne heure à Tos du rocher : on voit dans le temporal un trou au travers duquel parait le rocher , et qui prendra de Textension dans plusieurs genres suivans. Le palatin occupe un cinquième du palais en arrière. Après avoir fait la racine des ailes ptérygoîdes, il se prolonge entre elles deux jusqu'à peu près moitié de leur longueur; de côté il remonte dans la tempe jusque sous le trou optique , et s'y élargit en arrière jusque dans le trou sphéiio-orbitaire; en avant jusqu'au trou analogue du sphéno-palatin , qui est percé entre le palatin et le maxillaire. Cette limite répond au-dessus de la dernière molaire, mais est tout- à<-fait en arrière de la largeur de l'orbite , en sorte que le palatin s'étend beaucoup moins 4&ns l'orbite qu'aux carnassiers.

L'apophyse ptérygoîde interne ne se détacâie pas du sphénoïde dans l'adulte , et se termine en arrière par un crochet ; l'externe est trèsvisible quoique peu saillante; elle couvre un' gros canal vidien dont l'ouverture est divi^ sée en deux par un filet osseux , et dans lequel s'ouvre le trou ovale.

Le trou sphéno-orbitaire et le rond sont en

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sis y etc. ) à sa tête faite sur le modèle de la marmotte; seulement le frontal est encore plus large et un peu plus convexe; les arcades sont moins écartées en arrière.

Le crochet lacrymal appartient à l'os de ce nom. Il n'y a point d'espace membraneux entre cet os et le maxillaire. Le trou analogue du sphéno-palatin est très-grand; les productions du palatin dans les ailes ptérygoïdes sont plus courtes. Le trou optique est grand ; le rond se confond avec le sphéno-orbi taire. L'ovale reste fort distinct.

La ligne de séparation des frontaux et des pariétaux ne s'efface guère moins vite que dans les marmottes ; et l'inter-pariétal se confond aussi de très-bonne heure avec les pariétaux ; imais dans les très-jeunes sujets on le Toit bien marqué , de forme demi-circulaire. Il y a même un point d'ossification particulier au milieu de la croix que font ensemble les frontaux et les pariétaux.

La facette glénoide est plus. creuse qu'à la marmotte.

Le taguan ( Pteromys petaurista ) a la région d'entre les orbites creuse et large comme les'

DRS RONfiRURS. VIVANS. f^

marmottes ; son nez est plus gros , plus conit et plus bombé en dessus qu'à TécureuiL

Le caractère générique des castors, indépendamment de leur queue déprimée et écailleuse, de leurs pieds de derrière palmés et de Tongle double que ces pieds portent au second doigt , consiste en mâchelières au nombre de quatre partout, à couronne plate y dessinée par les replis de Témail , dont il y a deux en dedans, quatre en dehors dans les supérieures; quatre en dedans, deux en dehors dans les inférieures. (Voyez pi, 202 f fig. la, et pi. 2o4> fig. i6 et 17) (i).

Ge%i\ecasior(CastorJiberf L.)qui ressemble le plus aux écureuils et aux marmottes par les connexions des os, par la petitesse du trou sous-orbi taire, par la concavité de la joue

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(1) Nous avons choisi de préférence rostcologîe da castor pour en donner des figures , attendu que .c'est elle qu*îl importe le plus atf^ géologistes de bien connaître.

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