DES PHOQUES VIVANS ET DR LEUR OSTÉOLOGIE
Nous avons décrit en détail l'ostéologie de la tête du phoque commun de nos côtes, dans notre septième volume , p. io3, et cherché à faire voir ses rapports avec les carnassiers ordinaires, d'une part , et avec le morse, de Tautre. M. de Blainville , dès le mois d'octobre 1820 (i), avait donné des descriptions
(1) Journal de Physique , t. XGI, p. 386 et suiy.
générales de quelques autres tétes de ce genre, qu'il a observées au muséum des chirurgiens de Londres ou dans le cabinet d'anatomie da Muséuqi de F^ris , et sir EvenLr4 iPo|i^e vient d'en fkire graver trois qui avaient élé dessî* nées^ il y a plus de trente ans, pour les rediei^ ches que John Hunter se proposait de faire sur les os de carnassiers des cavernes d'Allé magne (i). C'est ^ avec le squelette du phoque donné par Daubenton (a) , et la figure de sa tête publiée par M. Spix (5) , ce que je connais de mieux sur Tostéologie de ce genre.
Il était d^a^tant pUis fç^^cessfîrf ^ue je m'occupasse de cet objet pour éclaircir l'histoire des os fossiles , que pendant long-temps c'est à des phoques que Ton rapportait ceux de ces os que Ton ne connaissait point; j'ai donc cherché à me procurer de nouveaux matériaux pour cette étude ^ et je pourrai , en effet, ajouter quelques détails aux connaissances acquises jusqu'à ce jour.
(1) Trans. pLilos. , 1822 , part. I , pi. 27 , 28 et 29.
(2) Hist. Nat. , XIII, pi. 52.
(3) Ge^Aialageiiesis , pi. 6 , fig. 21,
YIVANS. 585
Je voudrais pouvoir aussi en éclaircir l'histoire Daturelle ^ mais le peu d'échantillons en^ tiers de ces animaux que l'on possède dans les cabinets , les variétés auxquelles sont sujets ceux que nous connaissons bien ^ Timperfec^ tion et le vague des descriptions que les voyageurs ont données de ceux qu'ils ont observés dans les parages lointains, et le peu de critique que les naturalistes nomenclateurs ont mise dans leurs catalogues , sont cause que de long-temps on n'aura des idées suffisamment nettes sur les espèces des phoques ni sur leur synonymie.
On trouve dans la Mammalo^ie de M. Desmarets ^ qui fait partie de TEncyclopédie méthodique, un recueil fort complet des indications de phoques éparses dans les auteurs; mais on peut y juger aussi combien ces indications sont insuffisantes et contradictoires, et à quel point il est nécessaire de s'appuyer pour les débrouiller sur des objets positifs d'observation .
C'est pour ébaucher ce travail, que je vais consigner ici les observations précises que j'ai pu faire sur des objets bien déterminés; si l'on continuait à décrire ainsi les espèces
que je n'ai pas vues , on arriverait à des féstaltais plus satisfaisans que ceux qu'il a été paisible d'obtenir par la comparaison des d«criptions d'autrui.
ARTICLB PREMIER.
Examen des espèces de phoques , et caractères particidial
de leurs têtes osseuses.
§ I, Plioques proprement dits .
Le phoque commun (i) de nos côtes péat servir d'un premier type.
(1) C'est ùi lui queLinnscus a prétendu donner le nom de Phocavitulina, mais dans ses citations il a iVidemment confondu une multitude d'es])èce8. On peut croire que c*est le veau marin de Belon, Aquat. , p. 21 , m;ûs sa figure n'a d'exact que la tèle. Celle de Rondelet, Pisc mar. , p. 453 , est l>eaucoup meilleure ; mais celle du plioque de l'Océan , p. 458 , est presque aussi mauvaise que colle de Belon. Celle de Gesner, Nom. aq , p. 164, et Hîst. de Aq., 706, n'est pas non plus très-bonne. Celle d'Aldrovande, Fisc. , 723 , vaut encore moins, et
nVftm. S85
ff eà tôfeg de'qtlàïï-c k cinq pieds.
^1^ individus que j 'n i vas vïvans et disséqués ■HUent que de trois A quatre pieds depuis Bntda museau jusqu'au bout de la queue; l&iUn'étaîentpasciuièrementadultes.
PLc fond de leur pelage 6at d'un grisiaunâ- Mîpùle; il est, sur le dessus du corps, nuage et marbré de (jris noirâtre, |>arce qu'à ces Ëadroita la base des poils est noire; mais toumJewi^poiplllii sont gris jaunâtre. Le tour dwyeAx et du museau , les côtés du corps et tMlMIeiBOUB, ^isi que les pattes , sont d'un
1 Mrùt impossible d'j recoiuiaitre une autre Li et l'on peut dire que ces preinieis autenrs modères en ont tu d'autres , ne les ont pas distinf^ui^es. unt BOX ancîbns , ce qu'ils en disent convient nu^i D au pboqne commun : l'absence d'oieilles , les ^ts en Mie, etc. ; et c'est tout-ii-rait à tort et sur de lirais raisonnemens que Buffan a imaginé de soutenir Vk le phoque des anciens était son prétend u^Ao^ue de ^ liédilerranée , Ilist. nat., \, LUI, lequel n'est pas phldela Méditerranée qu'il n'était connu des anciens, tVc'cst une otarie de l'occan Ausli'.il. Ceitc .confuùon ^hm n'en a pas moins été aveuglément adoptée par Enleben (Mamm. , f>9]}, Scliielwi' ( Mamm. , p. 315) , Gmelin (Syst. linn. , p- 6â]. bien que BufTon hii-aii-inc Tait rétractée (Sappl. , t. VI , f . 305;.
TiiL 3d
asti pjioflUEs
gris jaunâtre pât<ii;{ui devient presque bbnc en dessous. Il y adu brun sur le museanetsui le dessas de la queue. Telles sont ses teinte» dans les muséums, où l'huile â pénétré Ifv peau et jauni leur poil. Dans l'état de vi«,t sec, il est beaucoup plus blanchâtre , et Ionqu'il sort de l'eau encore mouillé» il panH tout cendré en dessus. Les moustachi grosseur médiocre, sont comme gaufra ongles sont noirs et assez forU.
, Il puwi
Nous avims d'autres phoques qui-jlji aussi de nos côtes, et dont le pelage, ment d'un brun noirâtre , est £at^^bé de lignes tortueuses et irrégulières d'Ui''^ btanch&tre, qui y forment comme des fltflh des marbrures. Le dessous eai plus pâle, ^i ses lignes grises plus larges et plus jaunfttreS'
Il y en a des individus où le gris-blanc da ventre domine davantage et remonte jusque sur les flancs, et d'autres où les ligues du doi représentent comme des yeux.
La longueur de nos individus est de dem pieds et demi à trois pieds.
Mon frère eu a représenté ud dans wm Hir
ViVANS. 387
mammifères de la Ménagerie, sous % peiU-«lrË impropre de Thoque comkCe n'est p3s, du moins à ce que je crois, E^uriété d'âge aide sexe.
|?ête osseuse est .sensiblenleht la même îltedtl phoqiib le plus ordinaire.
i Aboque le plus commun sur les côtes Rçîlaude est un peu différent de ces deux- I Nous en avops des individus de quatre piejs et (l(?nii. Leur pelage a le foud grisbmn jaunâtre, et est entièrement moucheté 4fe petites tacliea confluentes et nuageuses briUnes. Il y en a même un individu où les tarfies brunes se réunissent tellement, que c'est le -fond jaunâtre quiy forme dv mouchetures.
jK'est cette variété (si c'en est une) que repré- ^pîfe, et très-bien, Albinus dans ses Annotatioiu académiques, lib. 111, pi. VI. Son individu avait six pieds et demi, mais en mesure du Rhin, et en prenant jusqu'au bout des pieds de derrière.
M. Milbert nous a envoyé de New- York un pboque dont la tête est la même qu'à nos phoques communs, et dont le pelage ressemble
beaucoup au dernier dont nous fop^de parler. C'est un fond gris noirftiM, de petites mouchetures confluentes jaunâtre; le noir domine davantage tête et Tépine du dos; le jaunâtre devieritJljN abonda ntsur les flancs^ et sous le yeiri|j^ y a plutôt des mouchetures noirâtres snr an fond jaunâtre. Le museau est noirâtre^'Ji et dessous f et la gorge d'un blanc jj sans taches. II y a un peu de blaBchi bord deslèvres. Les quatre pieds etledç la queue sont brun noirâtre , les moût sont fortes et granulées^ de couleur firtive dsq»
Sa longueur, du bout du museau aa bout^B la queue, est de deux pieds dix pouces.
C'est très-probablement Tanimal que Fabricius décrit comme le second âge de son/'AdAi vitulinay qu'il dit être \ecassigiac de Crantzet des Groênlandais.
Un des phoques dont les peaux sont le plus répandues dans le commerce des pelleteries, est une espèce de la mer Glaciale qui a ét^ décrite par nombre d'auteurs, mais dont les variétés auxquelles elle est sujette ont fort embrouillé l'histoire.
«iVAMs. 38g
^en a indiqué toutes les variations (i), hb noms que les Groênlandais leur don- ;, 6ft que nous croyons assez inutile de |tarao|tèr. figède a donné une figure médiocre Wf^^fiftite (2). C'est manifestement le Phoca 'oënhih'diea de Fabricius (3). Mais ce\àk qui Mt le mieux connaître y c'est Lepechin ftsléb ]MéiQOires*deFétersbour|f'(4)9 où il le le Phoca oceantca, en représente le jeune li^uhét^ et en décrit tous les âges, tels les aTilit observés dans la mer Blanche.
Nous en avons des peaux de jeunes et d'à- ^iliW des ileux sexes.
Le pelage en est plus sec, plus serré contre || {(caïai ||us dénué dé laine à sa base que h^ autrei espèces ; chaque poil est plat ^i.nt. Notre vieux mâle est long de cinq
. (1^ ffîrt. générale des Voy., t. XIX, p. 61. (2) Descr. du Groëaland , p. 62.
(8) Fa11na6roe11landica9p.il. ^'^-'l
acad. Petrop.i I, 1777, part. I, p. 257, pi. Tl'^Ifl^II, copie Penp^Mit , If bt. of Quadrup. , 3^ édit., II,pl.XCIX.
Sgo phoqueI
pieds; son pelage est d'un gris-blarik/ Vhe large bande brune , oblique , irrégaliâfLUtiM dentelée , commence à peu près atf^^AH des épaules , où elle touche à celle de faïAlt' côté, et se porte sur les flancs et jui|p||^îlÉ jambes, y devenant par degrés plus claire, il s'y fondant avec le blanc du ventre. Sj||f eP trémité postérieure se fapproche dé nou^Ht de l'autre sur la racine de la queue. Qiiél|pl| petites taches brunes sont cparses édit dËttklp gris du dos , soit dans la partie' pâlé JÊFlÊ bande (i).
Les bandes et les taches deviennent dti^lÉl en plus noires avec Tàge.
Les femelles et les jeunes ont le méiM feoci de pelage , mais sans bandes , avec des taiiBiaili inégales, nettes, anguleuses, brunes, jélM comme au hasard en diflerens endroits du dessus et du dessous du corps.
Les auteurs disent que le petit naisâftnt est couvert d'une laine blanche.
(1) C'est daus cet état que Cranlz et Egède le né • nient atiarsoak, et Buffbn le phoque à croissant, Supplcin., VI,p. 325.
VÎVANS. 5^1
Nom n'aTOns point de tête ni aucune partie ositaii d'iNlitMius ftdulteB de oette^ espie».
'tfOpodiîlijM^^ d« lût donner quatre inciaivet à^é^ÊÊflé: Vfllmimiï ■ j mais^ à ce que je crois, per mue faute d'impression (i), et il M^ëMiNfi ptmttt six mâchdièM» à trois penmSb"
Fibliilîgâ doiftié au sien , comme au phoque Yillgaitt^ ^^k Intisives en haut, et quatre en bàifi On a yMIù partir de cette différence apparente |lOOff dréer deux espèces (a) ; mais il sérail néeesaaire, pour les adopter f qu'elles r«|pRbM88eBt Mr des distinctions mieux con-