DES BALEINES FOSSILES
On voit par diverses relations que des portions plus ou moins considérables de squelettes de grands cétacés se sont trouvées enfouies en divers lieux , et dans le nombre il y en a plusieurs que Ton a jugées de baleines; mais les auteurs de ces relations ont rarement pris la peine de nous fournir des dessins ou des descriptions assez caractéristiques pour nous mettre à même d'en déterminer les espèces.
Tels sont les ossemens déterrés dans la terre d'Âirthry au comté de Clackmannan en Ecosse y au pied des collines d'OkilI , à un mille de la rivière de Forth ^ et qui sont aujourd'hui déposés au cabinet de l'université d'Edimbourg.
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Il pât*atl qiid eeê ossetnetts sont mutiiéi^
La tête ou Vos frontal, dit-on^ ëtaitlai^de huit pieds cinq pouces ( anglais ) sur doq pieds seulement de longueur. Il s'y troa?ait neuf vertèbres, dont le corps était lai^ de i$ pouces, et avec les apophyses transverses^deSS; treize cotes , dont une avait dix pieds et aoe autre neuf de longueur. Parmi les os que Von a jugés être de la nageoire, on dit qu'il 3 eu avait un de cinq pieds quatre pouces de îoug et de 5' 8" de circonférence. On parle aussi d'un os en forme de coquille, de cinq pouces de diamètre, qui était manifestement l'os de la caisse.
Ces os annoncent un individu de grandeor considérable.
Ds furent trouvés à dix-huit pouces seulement de profondeur, dans un alluvionréceut, et même il y avait auprès un fragment de bois de cerf.
U serait donc possible qu'ils appartinssent à quelque espèce vivante ; mais on ne pourra s'en assurer que par une comparaison positivci ou du moins par des figures exactes, que nous devons attendre des savans naturalistes si
nombreux dans le pays où ces os se trouvent.
Je me bornerai donc à donner ici les objets sur lesquels j'ai obtenu des renseignemens sufiisans.
ARTICLE PREMIER
D'une baleine du sons-genre des rorquals, dont il a été déterré deux squelettes en Lombardie.
C'est encore à Af. Cortesi, de Plaisance, que l'on doit la découverte de cette espèce (i). Il l'a faite en novembre 1806, sur le flanc oriental du monte Pulgnasco y à environ six cents pieds au-dessous du sommet , lequel est lui-même élevé de douze cents pieds environ audessus de la plaine. Dans cette partie la colline est formée de couches régulières d'une argile bleuâtre , inclinées vers le nord et remplies
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(1) Yoyez le mémoire de M. Gortesi , imprimé à Milan en 1809y Sugli scheletri d'un rinoceronie africano et étuna balena, etc., disoterrati ne' coUi Piacenlini ^ et ses Saggi geologicif etc.
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4e coquilles marines , toute? semblables par conséquent à celles de la colline opposée dite Torazza , où le même naturaliste a découTert le squelette de dauphin dont nous avmis parlé ci-dessus, p. i54- Celui de baleine était placé dans la même direction que la couche qui le renfermait, c'est-à-dire un peu incliné vers le nord , où il avait aussi la tête.
Excepté quelques côtes un peu en désordre, les os de ce squelette étaient dans leur connexion naturelle ; les vertèbres étaient couchées sur le côté droit. Des coquilles innombrables l'entouraient, et surtout une petite espèce d'huître , dont il s'était attaché beaucoup sur la partie gauche des vertèbres dirigée vers le haut. Il y avait aussi beaucoup de dents de squale, depuis quatre jusqu'à treize lignes de longueur, que M. Cortesi juge de rnilandre.
M. Cortesi a donné une bonne figure de ce squelette, pi. III, fig. i, de ses Saggi geoiogici, et l'on y voit aisément par la forme de la tête que c'est celui d'une baleine du sous-genre des rorquals. Nous en donnons une copie pi. 228, fig. I.
La tête est longue de six pieds (1,94)^ depuis
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l'occiput jusqu'au bout des inter-maxillaires; sa plus grande largeur^ d'un orbite à l'autre , est de deux pieds onze pouces (0,94); le crâne n'a que dix pouces de haut à l'occiput (0,27) ; les orbites sont larges de onze pouces (0,29), hauts de six (0,16). La mâchoire inférieure^ longue de six pieds dix pouces (2,21) en suivant la courbure y dépasse la supérieure de quatre pouces six lignes (0,12). L'ouverture supérieure des narines osseuses est longue d'un pied trois pouces (0,4), large de cinq pouces. Les os propres du nez avaient disparu, et il ne restait que des fragmens des jugaux.
La forme de cette tête, autant que Ton en peut juger par la figure, en même temps qu'elle présente tous les caractères du sousgenre , en offre aussi de spécifiques non contestables. Je les prends surtout dans les parties latérales du frontal qui vont former les plafonds des orbites. En les comparant avec leurs analogues dans nos rorquals du Nord , de la Méditerranée et du Cap, on voit aisément qu'elles ont une moindre dimension d'avant en arrière, même que dans Tespèce du Gap, et que leur bord postérieur est en courbe concave, tandis que dans les trois es-
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pèces vivantes que nous connaissons il est en ligne droite. De ces deux circonstances résulte un beaucoup plus grand diamètre antéro-postérieur pour la fosse temporale dans le rorqual fossile que dans les vivans.
Joignez à cela que les crêtes transverses i la partie antérieure des os du front se réunissent plutôt en une crête mitoyenne et longitudinale qui se continue avec celle du milieu de Tocciput.
L*omoplate a son côté spinal long de deux pieds quatre pouces (o^yS), et les deux autres de dix à onze pouces (o>23) : ce qui répond en général à sa forme évasée dans les rorquals; aussi M. Cortesi la compare- t-il à un éventail ; mais elle parait avoir été mutilée , et il n'est pas possible d'en faire une comparaison exacte avec nos espèces vivantes.
L'humérus est long de neuf pouces trois lignes y et large de cinq à sa tête supérieure, qui est ronde.
Sa tête articulaire inférieure est divisée en deux facettes séparées par une ligne saillante.
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Les os de Tavant-bras sont longs d'un pied trois pouces y arrondis dans le haut, légèrement aplatis vers le bas, où ils présentent une face ovale au carpe, face à laquelle le cubitus prend une plus grande part. M. Gortesi compare l'olécrâne à un fer de hache. Cet ardent observateur n'a pu recueillir qu'en partie les os du carpe et ceux des doigts, qui étaient fort décomposés et très-fragiles.
Il y a quarante-une vertèbres, les cervicales comprises. Ce11es--ci sont libres et non soudées ensemble, ce qui parait être un caractère commun à tous les rorquals. Celles des lombes , qui sont les plus grandes, ont le corps de six pouces trois lignes de diamètre (0,169), sur une longueur de cinq pouces onze lignes (o, 160). Les apophyses épineuses les plus hautes ont neuf pouces au-dessus du canal médullaire.
Il y a vingt-quatre cotes, dont les plus grandes, en suivant leur convexité, sont longues de trois pieds sept pouces (1,1 65).
On n'a trouvé qu'un seul os du sternum , de forme triangulaire.
La totalité des vertèbres occupe une Ion-