‹ Recherches sur les ossemens fossiles (volume 4)Chapitre 12 sur 98 · XXI] OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

XXI] OBSERVATIONS

on fait ce qu'en logique on nomme une pétition de principes.

Eh! s'il existait la plus faible preuve , je ne dirai pas de la transformation, mais de la possibilité de la transformation d'une espèce dans une autre espèce, comment serait-il possible qu'un anatomiste, un physiologiste, un naturaliste, quel qu'il fût, pût désormais attacher son intelligence à un autre ordre de phénomènes ? Il faut ne pas avoir réfléchi à tout ce que cette transformation suppose de miraculeux, pour croire qu'un esprit capable de la concevoir puisse résister à l’ascendant d’une telle pensée; pour qu'à l'instant même où elle serait reconnue possible, il ne s'opérât pas une révolution fondamentale dans toutes les sciences qui, de près ou de loin, ont les animaux pour objet. Eh bien ! cette transformation est de nouveau proclamée , et rien de semblable ne nous menace. Il ne reste pas même la ressource commune de supposer que cette idée n'est sans effet que parce que le siècle n'est pas à sa hauteur, que parce qu'elle devanceles temps où elle sera comprise; qu'il en est en un mot pour elle, comme il en fut pour celles de Galilée sur le mouvement de la terre. 11 y a bientôt un siècle

PRÉLIMINAIRES. Xxii}

que les rêveries de De Maillet parurent, c’est en 1778 que Buffon publia ses Époques de la nature, et Lamarck est venu il y a plus de trente ans , renchérir sur les idées de ses prédécesseurs : or, l'on ne supposera pas que, depuis, la science soit restée stationnaire! C'est qu'aujour-d'hui, comme au milieu du 18° siècle, comme à l’époque de Buffon, comme au temps de Lamarck, non-seulement aucun fait n'a rendu probable cette transformation, ne lui a prête le plus faible appui; au contraire, tous les faits la combattent , dans quelque phénomène naturel qu'on les cherche et de quelque expérience qu'on tente de les faire sortir.

Si, dans la critique que je viens de faire d’un système que j'aurais voulu pouvoir laisser à d’autres le soin de combattre, je me suis bien fait comprendre, j'ai lieu de croire qu'on trouvera mon frère au moins excusable de ne pas avoir adopté des idées qui, pour son esprit si avide de certitudes et de lumières, devaient au moins paraître environnées de doutes et d'obseurités.

Je me bornerai à l'examen des deux sujets ‘qui viennent de m'occuper : l'antiquité de la

race humaine et la transformation des espèces

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