‹ Recherches sur les ossemens fossiles (volume 4)Chapitre 4 sur 98 · XI] OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

XI] OBSERVATIONS

renoncer sans peine à la faculté de disposer à son gré de toutes les forces de la nature et de faire naître en quelque sorte, sous chaque coup de baguette, l’un ou l’autre des êtres qui sont ici-bas douésde vie et de sensibilité ? Jamais le paganisme , dans toute sa jeunesse et toute son ignorance, n'eut une poésie plus hardie et plus brillante ! Ceux, au contraire , qui ont compris que tout système doit reposer sur des faits, pourront aussi adopter celui que nous venons d'exposer, parce qu'ils crotront qu’un tel système ne peut pas avoir été proposé sans qu'auparavant on ait acquis, par toutes les voies, les garanties de sa certitude; et cependant rien n'est moins fondé que cette croyance.

Quand on cherche à se rendre compte des connaissances quil faudrait posséder pour donner une base réelle à ce système, des faits qui auraient dû être constatés pour qu'il püt naître d'ailleurs que de l'imagination , pour qu'il fût le résultat d’une induction tant soit peu fondée, on reste bientôt convaincu qu'il ne peut reposer que sur des analogies trompeuses, qu'il n’est que le fruit malheureux d’un faux raisonnement. En effet, pour don-

ner un caractère de vérité à ce système , 1l

PRÉLIMINAIRES. xl]

faudrait d’abord avoir quelques notions positives sur les conditions dans lesquelles les premiers animaux se trouvèrent , et sur les changemens successifs que ces conditions ont éprouvés jusqu'à l'état de stabilité où nous sommes arrivés, en admettant même, préalablement par supposition, la simplicité des premiers animaux : Or, sur ces diflérens points, notre ignorance est complète, et nous sommes réduits à leur sujet aux plus vaines conjectures. Il serait nécessaire ensuite de constater, par des observations bien faites, si en effet ces conditions ont de l'influence sur le développement des animaux, et quelle est au moins l'influence de quelques -unes d’entre elles, si ce n’est l'influence de toutes. Eh bien ! notre ignorance est tout aussi complète et nos conjectures tout aussi vaines sur ces questions que sur les premières. Enfin, n'ayant pu encore apprécier l'influence des conditions ni passées, ni présentes , pour modifier les espèces, ilaurait au moins fallu trouver dans les faits qui nous environnent , dans les espèces d'aujourd'hui, de ces modifications profondes dont les causes, quoique cachées, ne peuvent cependant être que naturelles , et par conséquent dépendantes

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