DRM ES EI SENS ES RE
(1) Brocchi, Conchil. foss. subapenn., 1, 181.
(2) Amoretti, Su un dente e parte di mandibola d’un mastodonte , etc., p. 5.
La plaine de Lombardie et les bords même du PÔ n’en sont pas dépourvus. Nous avons au Cabinet du roi une vertèbre lombaire, un cubitus et un ischion qui en ont été rapportés par feu M. Faujas.
Les cabinets d'histoire naturelle de Pavie ct de Milan en contiennent , à ma connaissaneée, plusieurs autres morceaux.
M. Brocchi en cite d’auprès de Pavie, d’auprès de Sancolombano, et de la rivière mème du P6 (x). |
On en aurait trouvé jusque dans les hautes vallées des Alpes, s’il est vrai, comme dit lé marquis de Saint-Simon, dans son /Ærstire de la guerre des Alpes, en 1744 (2), que bus les ossemens d’un éléphant aient été déterrés au pied du Petit-Saint-Bernard.
L’extrémité opposée de l'Italie en a aussi.
Fortis parle d’ossemens déterrés près de Montefusco, dans le pays des anciens Hirpins, von loin de Bénévent (3).
I y a eu aussi de prétendus os de séans trou
(1) Conchil. subapenn., tom. 1, pag. 181.
(2) Préf., page 22; et ap. Deluc., Pass. d’Annib., page 171; (3) Fortis, Mém. sur l'Hist, nat. del'Ital., tome "1, page 328.
vés auprés de Pouzzoles (1) et d’Avellino, qui n’en est pas éloigné (2).
Jérôme Magius parle d’un cadavre de cinq coudées de long, déterré près de Regsio en creusant une citerne (3).
Il semble que ce soit aussi auprès de Reggio que fut découvert le cadavre dont on apporta à Tibère une dent qui avait plus d’un pied en dimension. Mais le passage de Phleson, où ce fait est raconté , est un peu équivoque en ce qui concerne le lieu (4).
Le père Kircher cite un tombeau de géant d’auprès de Cosence en Calabre (5).
Le journal de l’abbé Nazari parle d’un squelette que l’on jugea être d’au moins dix-huit
pieds de long (6), déterré en 1665 à Tiriolo
dans la haute Calabre. On dit, à la vérité, que
ses os ressemblaient à ceux d’un homme ; mais on sait aujourd'hui à quoi s’en tenir sur ces sortes de comparaisons. Cependant Ia petitesse de ses dents, qui ne pesaient que de trois
(1) Scipion Mazella, Antichità di Pozzuoli ; ap. Fab. Column., de Glossop., p. 34.
(2) Fab. Columna, De Glossopet., pag. 34.
(3) Hier. Magius, De Gigantibus.
(4) Phlegon Trall., de Mirab., cap. xrv.
(5) Mund. subterr., Lib. vur , sect. 1, cap. 19, p. 53.
(6) Collection académique , part. étr., t. iv, p. 178.
4, ÉLÉPHANS quarts d’once à une once et un tiers, peut faire douter qu'il fût &'éléphant.
. Thomas Bartholin cite de véritable ivoire fossile de Calabre et d’autre d’auprès de Palerme en Sicile (1), et des os d’éléphans d’auprès de Messine (2).
Falloppe en annonce de la Pouille (3), et Bonanni dit qu'une inondation mit à découvert dans cette province, en 1698, une défense longue de douze palmes (4).
Micheli avait rapporté de la Pouille des morceaux d'ivoire, déterrés en 1715 près de San-Vetturini (5).
On peut bien encore placer ici les deux prétendus géans dont l’histoire est répétée dans toutes les Gigantologies , savoir : celui qui fut découvert dans le quatorzième siècle à Trapani en Sicile, dont a parlé Boccace, et que l’on ne manqua point de prendre pour Polyphême (6), et celui des environs de Palerme au seizième siècle, mentionné par Fasellus (7); mais la
(1) De Unicornu, pag. 369.
(2) De Peregr. Medic., pag. 38.
(3) De Metallic., cap. ultim.
(4) Mus. Kircher, page 199.
(5) Targioni Tozzetti, Viagg. per la Tosc., vu, 413, (6) De Geneal. Deor., Dh. rv, cap. Lxvur.
(7) Fasellus, Decad. 1, lib. 1, cap. 1v; et ap. Schott,
grandeur du prernier est prodigieusement exagérée, car on lui donne trois cents pieds; et Kircher, qui a visité la caverne où l’on prétendait l'avoir trouvé, dit positivement qu’elle n'avait pas plus de trente pieds de haut.
Ce mème Fasellus parle de plusieurs autres endroits de’ Sicile où l’on déterre des os de géans, comme à Melilli, entre Leontium et Syracuse ; à Carine, à douze milles de Palerme ; à Calatrasi , à Petralia, etc. Mongitore fait des récits semblables(r), ainsi que Valguarnera (2); mais on ne peut les rapporter tous avec süreté à deséléphans, parce que ces auteurs ne donnent pas de dimensions exactes, et que nous savons, par notre propre observation, que les brèches osseuses de Sicile contiennent beaucoup d’ossemens d’autres animaux.
Il est cependant d'autant plus vraisemblable qu’une partie de ces prétendus géans ont dù leur origine à des os d’éléphans , qu’on trouve de ceux-ci, au rapport du marquis Charles de Vintimille, historien de Sicile, cité par Kir-
Phys. cur., Db. 11, cap. vu, p. 434; et ap. Brocchi, Conchil. Foss. subapenn., 1, 186.
(1) Mongitore, De Siciliæ memorabilibus; ap. Brocchi, loc. cit.
(2) Valguarnera , De orig. et antiq. Panormi ; ap, Fab. Column., De Glossopetris, pag. 34.
cher (1), près de la mer, entre Palerme et Trapani, et dans le territoire de Fancienne Solois, qui était, comme Palerme, une colonie carthaginoise.
Kircher rapporte encore des récits de trois autres géans de Sicile, dont, comme à l’ordinaire , presque tous les os étaient consumés , excepté les dents (2).
Targioni cite une ancienne lettre d’un chevalier Folchi, écrite en 1589(3), où il est question d’une dent prétendue de géant , trouvée avec des glossopètres auprès de Syracuse (4).
Quant à la Grèce, l’état d’oppression où elle gémit n’a pas permis qu'on eüt des relations anatomiques raisonnables des fossiles qu’elle recèle; mais ceux-ci ont donné lieu à des récits de géans dans les temps modernes comme dans l'antiquité. Il est donc vraisemblable qu’il y a des os d’éléphant dans le nombre.
Il fut trouvé en 1691 , à six lieues de Thes-
(1) Mund. subterr., lib. vus, sect. 11, cap. 1v, p. 39.
(2) JIdem, ibid.
(3) Viagg. per la Toscana, vur, pag. 414.
(4) On a trouvé, il y a trois ans, dans des cavernes des environs de Palerme , des ossemens d’éléphans mêlés avec ceux d’une espèce moyenne d’hippopotame , et avec des os de ruminans, d'ours, ete. (Laur.)
salonique, des ossemens dont l'un admettait le bras d’un homme dans sa cavité ; une màchelière inférieure était haute de sept pouces et demi, et pesait quinze livres. Trois autres dents pesäient de deux à trois livres chacune ; mais, suivant une autre relation, la plus pesante n'aurait pas excédé quatre livres six onces. Le cubitus ou lhumérus avait deux pieds huit pouces de cireonférence. Il y en a un procèsverbal signé de plusieurs témoins, dans une dissertation d’un abbé Commiers, insérée dans le Mercure de 1692, et citée par l’abbé d’Artigny dans ses Mémoires d'histoire, de critique et de littérature, tome 1, p. 136.Dom Calmet s’est trompé en portant cet événement à 1701 (1).
Suidas parle déjà d’ossemens de géans trouvés en quantité sous l’église de Sainte-Mena à Constantinople, et que l'empereur Anastase fit déposer dans son palais (2).
Nos gazettes annoncent tout récemment une trouvaille semblable faite à Demotica (3), près d'Andrinople, lieu célèbre par la prison de Charles XIE, et situé non loin de la Mariza, qui est l’'Hebrus des anciens.
(1) Dict. de la Bible, 17, 160.
(2) Suidas, voce pnvüs.
(3) Journal de Paris, 9 juim 1806.
Fortis cite une molaire bien certainement d’éléphant de l'ile de Cerigo, déposée dans le cabinet de Morosini à Venise (1).
Il y a grande apparence que c’est aussi à des éléphans que l’on doit rapporter, sinon legéant de quarante-six coudées dont parle Pline (2), qui fut mis à découvert en Crète par un tremblement de terre, et que les uns prirent pour Orion, les autres pour Otus ; du moins le prétendu corps d’Oreste , long de sept coudées ou de douze pieds trois pouces, découvert à Tégée par les Spartiates (3) ; et celui d’Asterius , fils d’Ajax, qui se trouvait dans l'ile de Ladé , vis-à-vis de Milet, et avait dix coudées au rapport de Pausanias ; et celui d’Ajax, fils de Télamon, qui était à Salamine selon le même auteur, et dont la rotule égalait en orandeur un des palets usités aux jeux olympiques (4); et enfin les grands os de Rhodes, dont parle Phleson de Tralies (5).
L'Espagne ne manque point de récits d’os-
(1) Fortis, Loc. cit., page 309.
(2) Pline, Lib. vir, cap. xvr.
(3) Aulu-Gelle, Hb. xvr, cap. x ; Herod., lib r, €. 67; Solin , hb. 1; Pline, loc. cit.
(4) Pausanias, Attic., cap. 39.
(ë) Phlegson, De Mirabil., cap. xvr.
semens de géans. Telle est la prétendue dent de Saint-Christophe , que l’on fit voir à Louis Vivès dans l’église de ce nom, à Valence, et qui était, dit-il, de la grosseur du poing (1).
Une notion bien plus certaine, c’est qu’il y a au cabinet royal de Madrid de livoire et des os d’éléphant trouvés dans les fondations du pont du Mançanarez. M. Proust nous l’apprend dans une lettre à feu Lamétherie, insérée au Journal de physique de Mars 1806.
M. Duméril a vu dans le même cabinet plusieurs fragmens dé défense de deux pieds de long , des portions de fémurs et d’autres os trouvés près du pont de Tolède.
Mais l'Espagne est encore un de ces pays où les Carthaginois ont dû conduire beaucoup d’éléphans ; passons donc en France, qui en a reçu, comme chacun sait, beaucoup moins que la Grèce et l'Italie, pendant les temps historiques.
En effet, quelque attention que les Gaulois aient pu donner à ceux qui avaient traversé les parties méridionales de leur pays lors du passage d’Annibal, ils n’en furent pas moins effrayés de ceux que Domitius Ænobarbus y
(1) Vives, ad Civ. dei August., lib. xv, cap. 1x. 11, 4
5o ÉLÉPHANS
conduisit contre les Allobroses et les Auvergnats (1).
Ce qui cependant peut paraitre assez singulier, c’est que les endroits où l’on en a trouvé le plus ançciennement sont aux enyirons du Rhône, et par conséquent dans les lieux où Annibal et Domitius ont dû passer. H aurait done été assez naturel de les leur attribuer ; mais on aima mieux d’abord les regarder comme des os de géans,
Sous le règne de Charles VIT, en 1456, le Rhône mit à nu de ces prétendus os de géans, en Vivarais, dans la baronnie de Crussol, près du bourg de Saint-Peirat, vis-à-vis de la ville de Valence (2).
Louis, Dauphin , depuis Louis XI, qui résidait alors à Valence, en recueillit le témoignage , et une partie des os fut portée à Bourges et suspendue, par ordre de René, roi titulaire de Naples, aux murs de la Sainte- Chapelle de cette ville, où ils sont restés fort long-temps.
Jean Lemaire, dans ses Z{ustrations de
(1) Orose, lib. v, cap. xs ; et Florus, Hb. mr, cap. 1. (2) Fulgose, De Dict. Factisque memor., bb. 7, €. vr, p. 14.
FOSSILES. bi
Gaule , tire de ces os, avec la logique de ce temps-là, une preuve que la maison de Tournon descend des Troyens (1).
Jean Cassanion, dans son traité des Géans(2), parle d’une découverte faite au même lieu, un peu avant la deuxième guerre de religion, par conséquent vers 1564 : deux paysans aperçurent de grands os qui sortaient de terre le long d’une pente; ils les portèrent dans un village voisin où Cassanion, qui demeurait alors à Valence, les examina. Il les prenait encore pour des géans ; mais la description qu’il donne de l’une des dents prouve à elle seule que c’étaient des os d’éléphans. Elle pesait huit livres et était longue d’un pied; son épaisseur était beaucoup moindre, elle avait quelques racines. La surface triturante était concave et large de quatre doigts; on n’en avait trouvé que deux , et la seconde se conservait près de là, au château de Charmes.
C’est aussi à peu de distance du Rhône, mais en Dauphiné, que s’est trouvé, sous Louis XII, celui de tous les squelettes fossiles qui a donné
(1) Illustrations de Gaule et singularités de Troyes, page m. 289.
(2) De Gigantibus, auct. 3. Cassanione, Monostro liense, Basil. 1580, pag. 61.
lieu à plus de contestations, le fameux Teutobochus, sujet des longues disputes d'Habicot et de Riolan. Les nombreuses brochures qu'il occasiona sont remplies d’injures, mais ne contiennent presque rien qui puisse éclaircir la question. La rivalité entre les médecins et les chirurgiens excitait les combattans beaucoup plus que l'intérêt de la vérité. Riclan montra cependant assez habilement, pour un homme qui n’avait jamais vu de squelette d’éléphant, que ces os devaient provenir de cet animal (1).
Voici à peu près ce qu'il y avait de vrai dans
(1) Voyez les brochures suivantes, que je cite dans l’ordre selon lequel elles se succédèrent : Histoire véritable du géant Teutobochus, etc., 15 pages, par Mazurier ; Gigantostéologie, par N. Habicot, 1613 ; Gigantomachie, par ‘un Ecolier en médecine (J. Riolan), 1613 ; l’Imposture découverte des os humains supposés d’un Géant, 1614 (par le même); Monomachie, ou Réponse d’un Compagnon chirurgien aux calomnieuses inventions de la Gigantomachie de Riolan , 1614 (auteur inconnu) ; Discours apologétique de la grandeur des Géans, par Guillemeau, 1615; Réponse au Traité apologétique touchant la vérité des Géans, par N. Habicot; Jugement des ombres d’Héraclite et de Démocrite sur la Réponse d’Habicot au Discours attribué à Guillemeau; Gigantologie , ou Histoire de la grandeur des Géans, par Riolan, 1618 (il y a réimprimé sa Gigantomachie et son Impos-
tout cela, autant qu'il est possible d’en juger aujourd’hui.
Il paraît qu’on trouva , en 1613, le 11 janvier, dans une sablonnière, près du château de Chaumont ou de Langon, entre les villes de Montricaut, Serre et Saint-Antoine, des ossemens dont une partie fut brisée par les ouvriers. Un chirurgien de Beaurepaire, nommé Mazurier, montra à Paris et en divers autres lieux, pour de l'argent, ceux qui étaient restés entiers; et afin de mieux exciter la curiosité, il distribuait une petite brochure où il assurait qu'on les avait trouvés dans un sépulcre long de trente pieds, sur la tombe duquel était écrit : T'eutobochus rex. On sait que c'était le nom du roi des Cimbres qui combattit contre Marius; aussi ajoutait-il qu’il s'était trouvé dans le même lieu une cinquantaine de médailles avec l'effigie de ce consul romain, et les lettres initiales de son nom (1). Mais on accusa ce chirurgien d’avoir fait faire sa bro-
ture découverte) ; Anti-Gigantologie , ou Contre-Discours de la grandeur des Géans, par Habicot, 1618; Touche chirurgicale, par Habicot, 1618 ; Correction fraternelle sur la vie d’'Habicot, par Riolan , 1618.
(1) Gassendi, Vie de Peiresc, liv. nr, et dans ses OEuvres , tome v, page 280.
chure par un jésuite de Tournon qui avait forgé l’histoire du sépulcre et de linscription ; ses prétendues médailles portaient des lettres sothiques et wavaient rien de romain. IH ne parait pas qu'il se soit justifié de cette imposture.
Quant aux os qu’il montrait , ils consistaient dans les pièces suivantes :
1° Deux morceaux de la mâchoire inférieure, dont un pesant six livres, et un plus srand pesant douze livres, avec une dent entière et trois cassées. Chaque dent avait quatre racines, était grande comme le pied d’un petit taureau , comme pétrifiée, et de couleur semblable à la pierre à fusil. Habicot dit bien que le premier morceau de mâchoire contenait deux molaïres et la place de deux autres; mais Riolan affirme que les dents étaient détachées.
Cette description est si obscure , que sans les autres os on serait embarrassé à quoi la rapporter.
> Deux vertèbres, dont une de trois doigts d'épaisseur, où l’on pouvait passer le poing dans le canal médullaire; les apophyses transverses avaient des trous à leur base; c’étaient évidémment une cervicale, et la minceur de son corps prouve qu’elle était d’éléphant.
L'autre était beaucoup plus grande, mais avait perdu son apophyse.
5° Un morceau du milieu d’une côte, long de six pouces, large de quatre, épais de deux.
4 Un fragment d’omoplate dont la facette articulaire avait douze pouces de long et huit de large.
5° Une tête d’humérus , grande comme une moyenne tête d'homme, et dont la scissure pouvait loger un moyen calmar d’écritoire.
6° Un fémur long de cinq pieds, de trois pieds de tour en haut , de deux près des condyles, d’un et demi au milieu ; les trochanters y manquaient. Le cou n'avait ni une longueur ni une obliquité approchantes de celles de homme (1).
7° Un tibia long de près de quatre pieds et en ayant plus de deux de tour en bas.
8 Un astragale , différent de celui des animaux (on entendait domestiques), mais qui n'avait point l’apophyse scaphoidiéñne aussi saillante que celui de Phomme (2).
9° Enfin un calcanéum qui avait en bas des facèttes pour le staphoïde et lé cuboïde, mais dont l'apophyse postérieure ou tubérosité n’était point aussi forte que celle de l’homme.
Cette extrémité postérieure était bien sûre-
(1) Gigantomachie, page 30.
(2; Jbid., page 26.
ment d’un éléphant; il n’y a point d’autre animal dont l’astragale ressemble assez à celui de l’homme pour que qui que ce soit ait pu s'y méprendre (1).
Riolan dit, dans une de ses brochures, que le Dauphiné est rempli de ces os. En effet , dès 1580, Cassanion assure qu'on montrait des os de géans déterrés plusieurs années auparavant sur la colline qui domine le bourg de Tain (2).
Un troisième prétendu géant s’est trouvé, en 1667, dans une prairie près du château de Molard , diocèse de Vienne (5); les dents pesaient chacune dix livres.
M. de Jussieu m'a dit avoir vu autrefois des os d’éléphant suspendus dans une des églises de Valence, et qu'on y disait de géant. Sloane annonce qu'un marchand français en avait apporté de son temps de cette même province en Angleterre.
(1) Tous les doutes ont été récemment éclaircis à ce sujet, le hasard ayant fait retrouver à Bordeaux , dans la maison où Mazurier mourut, les ossemens que ce chirurgien avait donnés comme ceux de Teutobochus. On a reconnu que ce sont des os, non d’éléphant mais de mastodonte ; animal qui ne diffère de l'éléphant que par la structure de ses dents. (Laur.)
(2) Cassanio, De Gig., 64.
(3) Dom Calmet, Dict. de la Bible , 11, page 161.
À mesure qu’on se rapproche de notre époque , les observations deviennent plus positives. Une véritable mâchelière d’éléphant a été publiée par M. de La Tourette dans le 1x° tome des Savans étrangers de l’Académie des Sciences, p. 747 et suiv.; elle fut trouvée, en 1760, près de Saint-Vallier, à demi-quart de lieue du Rhône, et à quatre-vingts pieds d’élévation audessus de ce fleuve, LE une terre graveleuse, mêlée de cailloux.
M. Guilliermin, maire de Vienne, a envoyé récemment au Cabinet du roi une mâchelière bien conservée , trouvée auprès de cette ville, en 1814, dans un lit de gravier.
M. CAE ingénieur des ponts-et-chauscces, en a envoyé une autre du même lieu.
Il y en a plus haut sur le Rhône : car on voit, à ce que me mande M. Pictet, dans le cabinet de M. de Saussure , une défense trouvée près de Genève.
Il y en a aussi en Provence. M. Arnaud de Pimoisson , procureur-général à la cour royale d'Aix, possède une mâchoire inférieure d’éléphant, trouvée dans les environs de Riez, département des Basses-Alpes. Je tiens ce fait de lui-même.
La rive droite du Rhône n’en est pas dépourvue. Indépendamment de ceux dont nous
avons parlé plus haut d’après Jean Lemaire et Cassanion , M. Soulavie fait mention d’un squelette presque entier découvert dans les environs de Lavoüte, département de l'Ardèche, dans les atterrissemens voisins du Rhône (1).
M. Faujas décrit une défense trouvée par M. Lavalette dans la commune d’Arbres, près Villeneuve-de-Berg, même département, au pied des monts Coirons, et à cinq pieds de profondeur, dans un tuffa volcanique (2); défense dont le propriétaire vient d’envoyer une partie au Cabinet du roi.
M. Cordier, inspecteur des mines, qui a succédé récemment à la chaire de géologie de M. Faujas au Muséum d'histoire naturelle, a bien voultt me donner une note sur cetté position, qu'il a aussi examinée avéc soin. La défense était incrustée dans l’intérieur d’une brèche volcanique solide qui ne forme pas seulement le sommet de la colline d’Arbres, mais s'étend eñ couches horizontales sous toute la masse des Coirons, dont elle est la première assise. Assez bien conservée ailleurs, cette brèche est presque entièrement décomposée à Arbres, ets’ y réduit en une argile jaunâtre où
(1) Hist. nat. de la France mérid., tome 1, page 98. (2) Annales du Muséum d’hist. nat. , t. 11, page 24.
les pyroxènes sont seuls restés entiers; tout ce sol volcanique repose sur unëé haute plaine de calcaire coquillier compacte, diversément inchiné. Il faudrait maintenant savoir si ces défenses étaient enveloppées dans le corps même de la couche volcanique, ou seulement dans quelques-uns de ses anciens déblais. Au reste, M. Cordier connait plusieurs autres lieux où des ossemens sont enveloppés dans des matières volcaniques.
On peut consulter la carte des Coirons, publiée dans l'Histoire naturelle de la France méridionale, t. vi.
H y a au Cabinet du roi une mâchelière d’éléphant du département du Puy - de-Dôme, envoyée par M. Coq, ingénieur des mines.
On trouve beaucoup d’autres débris d’éléphans en se rapprochant des Pyrénées. La montagne Noire en recèle une quantité däns ses pentes.
M. Dodun, ancien ingénieur du département du Tarn, a découvert dans les environs de Castelnaudary plusieurs mächelières d’éléphans bien caractérisées dont il m'a fait voir les dessins. Il en a parlé dans le Journal de Physique, t. Lx1, p. 254.
À Gaillac, en Albiseois, on trouva, en 1749, à onze pieds de profondeur, dans du gravier
Go ÉLÉPHANS
sec, mêlé de sable, un fémur mutilé et des lames de mâchelières (1).
Nous avons déposé nou:-même au Cabinet une mâchelière des environs de Toulouse, que nous devions à M. Tournon, médecin et habile naturaliste de cette ville.
M. Marcassus de Puymaurin, membre de l'Académie de Toulouse, père du député d’aujourd’hui, avait envoyé au cabinet plusieurs fragmens de défenses qu’il avait trouvés sur la croupe d’un coteau, à un quart de lieue du chateau d’Alan, résidence des évèques du Comminges (2).
M. Mosneron , ancien député au Corps législatif, m'a donné, et j'ai placé au Cabinet du roi , une tête de fémur qu'il a trouvée au pied des Pyrénées. Elle est très-grande et appartenait à un individu d'environ seize pieds.
En remontant vers le nord, on ne remarque point que les os fossiles d’éléphant deviennent moins COMMUNS.
Il y a au Muséum une portion d’omoplate déterrée à trois lieues au-delà de Chälons-sur- Saône, du côté de Tournus, et rapportée à
(1) Hist. de l’Ac. de Toulouse, tome 1 , page 62.” (2) Daub., Cabinet du roi; Histoire naturelle, xr, n° DCDXCIX.
FOSSILES. | Gi
l'Académie des Sciences en 1743, par Geoffroy (r).
Les ouvriers qui travaillent au canal du Centre en ont récemment découvert un amas dans la même province. J’en ai reçu, par les soins de feu M. de Gérardin , employé de notre Muséum , une mâchelière très-reconnaissable, quoique brisée. Il y avait auprès une mâchelière de rhinocéros. Le lieu de sa découverte se . nomme Chagny.
Feu M. Tonnelier, garde du cabinet du Conseil des mines, conservait une lame de mächelière qu'il avait trouvée dans un atterrissement, à l'endroit dit le Pont-de-Pierre, à une lieue d'Auxerre.
Feu mon collègue, M. Tenon, membre de l'Académie des Sciences, en avait vu une autre dent des environs de cette dernière ville.
M. Pazumot trouva en juillet 1773, dans l'Yonne même, une molaire pétrifiée.
A Fouvent, village près de Gray, département de la Haute-Saône, on a trouvé il y a quelques années , dans un creux d’un rocher qu’on faisait sauter pour élargir un jardin, un grand nombre d’os, des mâchelières et des
(1) Daub. Cab. du roi; Hist. nat., n° mxxxn; et Mairan , Hist. de l’Ac. des Sc., 1743, page 49.
portions de défenses d’éléphant avec des os de rhinocéros, de chevaux, et d’une espèce particulière d’hyène, que je déeris ailleurs.
M. Le Febyre de Morey voulut bien recueillir ces os pour le Cabinet du roi, où ils sont aujourd'hui.
On en avait découvert également un grand nombre auprès de Porentruy, dans l’ancien évêché de Bale, en 1779, en faisant un chemin. J'en ai déposé au Cabinet du roi une molaire qui m'avait été donnée par M. Scharfenstein , pasteur à Montbéliard ; elle est remarquable par la largeur de ses lames.
En se rapprochant de Paris, on en trouve à Orléans. Il y a au Cabinet du roi une portion de tête inférieure de fémur, une portion de ealeanéum, et une portion de wvertébre dorsale , envoyées par M. Chouteau.
Le même observateur vient d'envoyer d’Avaray, près de Beaugency, des fragmens considérables d'ivoire.
Les environs de Paris en offrent comme les autres provinces. Le Cabinet du roi possède une mâchelière et un fragment de défense trouvés dans les atterrissemens de la Seine près d'Argenteuil.
M. le marquis de Cubières, membre de l’Académie des Sciences, conserve une mâche-
lière prise près de Meudon , à une assez grande profondeur dans le sable.
Dans l'enceinte même de Paris, près de la Salpétrière, on en a trouvé une en 1811, à dix pieds de profondeur, aussi dans le sable.
En creusant le canal qui doit amener les eaux de l’Ourcq dans cette capitale, on a déterré deux défenses et deux màchelières des plus grandes que j'aie encore vues, en trois endroits différens de la forèt de Bondy. M. Girard, célèbre ingénieur et directeur en chef de ce canal, a bien voulu me les remettre pour les déposer en ce Muséum. On y a trouvé, depuis, une tête d’humérus qui indique un éléphant de quinze à seize pieds, une défense longue de plus de quatre pieds, et plusieurs autres morceaux.
Comme j'ai examiné soigneusement le local avec M. Girard et le savant minéralogiste M. Alexandre Brongniart, je ne crois pas hors de propos d’en donner ici une courte description.
Le canal est creusé dans la plaine de Pantin et de Bondy, dont le sol s'élève de soixante-dix à quatre-vingts pieds au-dessus du niveau de la Seine , et qui embrasse le pied des collines gypseuses de Montmartre et de Belleville. Cette plaine est formée, jusqu’à quarante pieds de
profondeur, où elle a été sondée, de diverses couches de sable, de marne et d'argile; on n’y a rencontré nulle part de pierre calcaire, quoiqu'il y en ait au niveau de la rivière à Saint-Ouen. Le canal traverse en quelques endroits des couches de gypse qui se continuent avec la base de la colline de Belleville. Nous verrons ailleurs qu'il paraît que l'argile et le sable ont rempli après coup l'intervalle des collines gypseuses. La partie la plus élevée de la plaine, celle qui partage les eaux qui tombent dans la Seine et celles qui tombent dans la Marne, est près de Sévrans, dans les bois dits de Saint-Denis. Il n’a pas fallu néanmoins y creuser à plus de trente à quarante pieds: ce qui prouve combien cette crête est peu considérable par rapport au reste de la plaine. Le sol y est en grande partie d’une marne jaunâtre, alternant avec des lits d'argile verte, et contenant par-ci par-là des rognons de marne durcie, et dans d’autres endroits des ménilites en partie remplies de coquilles fluviatiles.
En certaines places, les couches de marne et d'argile s'enfoncent comme si elles eussent formé des bassins ou des espèces d’étangs que des matières étrangères seraient venues rem-— plir. Il y a en eflet, à ces places-là, des amas
EE
de terre noirâtre qui suivent la courbure des enfoncemens de largile, et qui sont surmontés à leur tour par du sable jaunûtre.
C'est dans la terre noire, à dix-huit pieds de profondeur, qu’on a trouvé les dents et les défenses d’éléphans. Il y avait aussi un crâne plus ou moins complet , qui a été brisé par les ouvriers , et dont j'ai les fragmens , ainsi que beaucoup d'os du genre du bœuf, d’autres ruminans moins grands , et surtout un crâne très - reconnaissable de cette grande espèce de cerf si célèbre parmi les géologistes , sous le nom impropre d’élan fossiie d'Irlande.
Le sable jaune supérieur contient beaucoup de coquilles communes d’eau douce, soit limnées , soit planorbes; mais la terre noire n’en a point, non plus que largile verte et la marne jaunâtre dans lesquelles elle est enchässée. L’ivoire est fort décomposé ; les màchelières le sont moins, et les autres os presque pas. La plupart ne paraissent pas même avoir été roulés.
Deux portions de mächelières de Gierard, en Brie, à une lieue de Crécy, sont mentionnées par Daubenton; elles étaient à dix pieds de profondeur dans une sabionnière (1).
(2) Hist. nat., xr, n° mxxvur; et Ac. des Sc., 1762.
M. de Villarcé, membre de la Société d’Asriculture de Provins , en a envoyé deux de Champagne au Cabinet du roi.
Feu M. Petit-Radel, professeur à la Faculté de Médecine de Paris, avait dans son cabinet une grande mâchelière, déterrée à Villebertin, près de Troyes, dans un banc de gravier.
La Lorraine n’en manque pas non plus.
Le baron de Servière représente une màchelière supérieure bien caractérisée ‘(x), trouvée sous le lit de la Moselle, près de Pontà-Mousson.
Un germe de neuf plaques, des environs de Metz, avait été envoyé au Muséum par M. de Champel (2).
Buchez, dans sa première centurie de planches enluminées et non enluminées, etc., décade 111, pl. x, fig. 1, représente « une « cinquième dent d’éléphant pétrifiée trouvée « aux environs de Dieulouard, entre Pont- « à-Mousson et Nancy, » et déc. vi, pl. v, fig. 2, « une dent molaire, trouvée aux en- « virons de PontilMoisiott ayant plus de dix « pouces de lôngueur. »
(1) Journ. de Phys., tome x1v, page 395, pl. 1, fig 3. (2)- Fist. nat, xr., n° mxxxr.
M. Berger, président d’une société savante de Trèves, m’envoya , en 1810, le dessin d’un fémur long de quatre pieds, déterré dans ce qui formait alors le département de la Sarre. .
Il y a beaucoup de ces ossemens en Picardie.
On a déterré auprès d'Amiens , dans le faubourg dit de Beauvais, en 1515 , une défense entière, et en 1815, une petite mâchelière.
M. Traullé, correspondant de l’Institut , observateur infatigable, eut la bonté de me faire part de chacune de ces découvertes.
Ces pièces étaient sous des bancs de fragmens de silex, qui.couvrent dans ce canton un lit de sable mêlé de particules de craie. On y en a retrouvé depuis sur lesquels M. Rigollot, professeur en médecine, à lu, en 1819, un mémoire à l'Académie d'Amiens.
M. Traullé possède aussi une suite nombreuse d’ossemens d’éléphans et de rhinocéros, trouvés ensemble à Abbeville, dans le faubourg de Menche-Court ; il nous en a envoyé des parties considérables du tibia d’un trèsjeune éléphant.
M. Baillon nous a adressé du même lieu une épiphyse supérieure de tibia.
Le 20 septembre 1800, M. Duroché, ingénieur des ponts et chaussées, recueillit et envoya au Cabinet du roi des portions de mà-
chelières , restes d’un amas d’os qui avait été découvert à vingt-un pieds de profondeur , à Viry, près de Chauny, au bord de la vallée de POise, à mi-côte, et, comme à Amiens, sous un lit de gravier siliceux et sur un lit de sable.
On connaït depuis long-temps les éléphans fossiles de la Belgique. Le savant médecin Van Gorp, autrement Goropius Becanus(1), a combattu, dès le seizième siècle, les préjugés qui faisaient attribuer à des géans, des os et des dents de cette espèce, trouvés anciennement aux environs d'Anvers; et il parle à cette occasion des os de deux éléphans déterrés près de Vilvorde, dans un canal que les habitans de Bruxelles firent creuser de cette ville à Rupelmonde, pour éviter je ne sais quelles vexations que leur faisaient éprouver ceux de Malines. Il les attribue, comme on le faisait de son temps, aux expéditions des Romains et nomimément aux empereurs Gallien et Posthume.
Jean Lauerentzen, dans son édition du Museum regis Daniæ de Jacobæus, part.1, sect. 1,
(1) Origin. Anverp. lib, 11, pag. 107; Gigantomachia.
n° 75, rapporte l’histoire d’un squelette que Otho Sperling vit déterrer à Bruges, en 1643, et dont un fémur était conservé dans ce cabinet. C'était un fémur d’éléphant, long dequatre pieds et pesant vingt-quatre livres.
M. de Burtin, dans le chap. 1, S 2, p.25, de sa Dissertation sur les révolutions de la surface du globe , couronnée à Haarlem en 1787, dit posséder une dent d’éléphant découverte en Brabant.
Il ajoute (p. 180, note)qu'une très-grande tête fossile de cette espèce a été retirée d'une rivière, à deux lieues de Louvain, par des pécheurs.
M. Delimbourg parle aussi en général de ces os, dans un mémoire inséré parmi ceux de l’Académie de Bruxelles (x).
Outre ceux de Lorraine, dont nous avons parlé, il ÿ en a plus bas sur la Meuse. M. Valenciennes a rapporté , pour le Cabinet du roi, des fragmens de défenses recueillis dans les couches supérieures et meubles de la montagne de Saint-Pierre , près de Maëéstricht, si célèbre par les ossemens de reptiles qu’elle recèle plus profondément.
(1) Tome:, page 410.
La grande vallée du Rhin fourmille pour ainsi dire dé ces ossemens.
Les environs dé Strasbourg en ont beaucoup donné.
Bæcler , in Cynos. mat. med. Herrmänni, vol. 1, plu, p. 154, et Sloane, Ac. des Se. 1727, avaient déjà parlé d’une défense trouvée dans le Rhin, près de Nonnenweyer.
Un fragment du même endroit, long de 3 2”, se trouve encore aujourd'hui chez M. Spielmann, pharmacien de Strasbourg, et une molaire de Wittenweyer, qui n’en est pas éloigné, chez M. Petersen, habitant de là ère ville (1).
Jean Herrmann, dans un programme particulier du 15 décemibré 1785, montre que la prétendue corne de bœuf depuis long -temps suspendue à l’un des piliers de Ta cathédrale de Strasbourg , et dont Buffon a parlé comme telle (2), n’est aussi qu’une défense fossile , qu’on aura sans doute tirée autrefois du même fleuve.
I n’en à pas été moins trouvé aux environs
de Bâle.
(1) Tiré des Lettres de M. Hammer.
(2) Hist. nat., Suppl., tome V, pagé 543.
M. Adrien Camper en a vu beaucoup, en 1788, dans les cabinets de cette ville, et entre autres chez M. Bernoulli (1).
Knorr représentait déjà une mâchelière et un os du métacarpe du cabinet de M. d’Annone, professeur à Bale (2).
La chroniquede Colmar parle, sous l'an 1267, d’os de géans trouvés près de Bâle, au village de Hertin (3).
Il y en aussi diverses molaires dans la bibliothèque publique de Bâle, dont deux ont été gravées comme dents de géans (4). Davila avait un morceau d'ivoire du même lieu (5).
Onena trouvé à Mutterz, à une lieue de Bale, et à Rheinfelden (6).
Il y en a aussi dans plusieurs des vallées de la Suisse qui aboutissent à celle du Rhin.
L'histoire du géant déterré auprès de Lu-
(1) Descript. anat. d’un Éléph., page 28, note 3.
(2) Knorr, Monum., t. 11, sect. 11, tab. n, et n ur.
(3). Dom Calmet, Dict. de la Bible, #1, 160.
(4) M. Hammer possède ces gravures.
(5) Davila , Cab. m1, 229.
(6) Tiré des Lettres de M. Hammer. Voyez aussi Brucker Merckwurdigkeiten der Landschaft Basel, n° xv, pl. xv, fig. 1,2; et Davila, page 227 ; et le Recueil de Traités sur l'Histoire nationale par Bertrand , page 28.
cerne, en 1577, est presque aussi célèbre que celle du prétendu Teutobochus. Ses os se trouvérent sous un chêne que le vent avait déraciné auprès du cloître de Reyden. Le célèbre Félix Plater, professeur de médecine à Bâle, étant venu à Lucerne sept ans après, en 1584, les examina, et déclara qu'ils ne pouvaient venir que d’un homme d’une énorme taille.
Le conseil de Lucerne les lui ayant envoyés à Bâle , il fit dessiner un squelette humain de la grandeur qu’il croyait qu'avait eu celui dont ces os provenaient et qu'il portait à dix-neuf pieds, et renvoya ce dessin à Lucerne avec les os. On conserve encore, dans l’ancien collége des Jésuites, le dessin, sur lequel est une inscription qui porte que ces os consistaient en parties de fémur, de tibia, d'omoplate, de elavicule, de vertèbres, de sacrum , de coceyx, de côtes; en fragmens de crâne, ét en une pommette presque complète, avec un calcanéum et une deuxième phalange du pouce. On peut remarquer qu'il n’y avait point de dents: ce qui sans doute empêcha Plater de reconnaitre que c'était un quadrupède. Mais comment putil y avoir une clavicule, puisque l'éléphant n'en à pas? C'était probablement un radius ou une premiére côte. Selon Scheuchzer, il
ne restait plus en 1706 avec le dessin (1) qu'une portion d’omoplate et deux os qu'il croyait du carpe (2). M. Blumenbach, qui les a vus récemment, les a reconnus pour des os d’éléphans (5). C'est de ce prétendu géant que les Lucernois ont fait le support des armes de leur ville.
Scheuchzer cite une ancienne chronique manuscrite (4) où il est dit que la jambe audessous du genou était haute de cinq pieds, et avait un pied et demi de tour dans le haut.
Le même auteur parle, d’après Wagner(5), d’un autre prétendu géant retiré du tuf près d'Utikon , dans le canton de Zurich.
La partie de l'Alsace qui est au - dessous de Strasbourg n’en a pas moins que les régions supérieures.
Un squelette presque entier fut déterré en nivôse de l’an 7, à Venderheim, à un myriamètre au nord de Strasbourg, sur l’une des
(1) Felix Plater, Observ. medic., lib. ur, cap. nrxxxvr.
(2) Scheuchzer, Iter. Alp., V, pag. 360 et suiv.
(3) Magasin de M. Voigt, pour la Phys. et l'Hist. nat., tome v, pagé 16 et suiv.
(4) Halleri Chronic., msp., bib. xur.
(5) Hist. nat. Helvet., pag. 152.
collines les plus avancées des Vosges, à quarante pieds de profondeur, en cereusant un puits.
On n’en a conservé qu’une défense longue de quatre pieds dix pouces sur cinq pouces et demi de diamètre, et quelques portions osseuses peu considérables. Je tire ces détails de cé que MM. Herrmann et Hammer ont bien voulu m’en écrire. Il en est parlé dans l’Annuaire du département du Bas-Rhin pour l'an VIIT, et l'on y cite une découverte semblable faite quelques années auparavant sur une autre colline avancée des Vosges, à Epfig, à huit lieues de Strasbourg, en creusant les fondemens de l’église.
En 1607, on trouva une mâchelière et quelques os à Gertwiller, près de Barr, à sept lieues de Strasbourg, au pied des montagnes, à trois pieds de profondeur dans les graviers qui forment le fond de la plaine d’Alsace.
M. Hammer possède aussi un fragment de défense trouvé dans une ile du Rhin près de Seltz, et un autre des environs d’'Haguenau.
Le côté gauche du Rhin continue d’en donner dans le Palatinat et les contrées qui suivent.
Il y a une dissertation particulière de Charles Gotlob Steding sur l’ivoire fossile des
environs de Spire (1). Il représente une màchelière de treize lames écartées, où il en manque deux en avant et une ou deux en arrière. Elle fut trouvée à quatre pieds de profondeur, et pesait trois livres et demie; il y avait auprès un fragment de défense de quatre livres.
Le cabinet du grand-duc de Hesse-Darmstadt contient une mâchoire inférieure d’un grand volume, trouvée auprès de Worms. Merk en parle, deuxième lettre sur les fossiles, p. 9 et suiv., et la représente pl. 3.
Le éabinet de Künast avait un fémur du même liéu. |
Nous possédons, en ce Muséum, deux màchoires inférieures, d'âge différent, trouvées l’üne et l’autre aux énvirons de Cologne; et on Vient d'en acquérir une machelière des envir'ôs de Côblentz qui appartenait à M. Faujas.
Le côté d'Allemagne en a donné encore davantage.
Le Museum Kunastianum cite de l’ivoire fossile du pays de Bade, trouvé en 1609, à dix toises de profondeur au bord du Rhin (2).
(1) Nov. Ac. nat. cur., tom. vi, pag. 367, obs. Lxxr.
(2) Mus. Kunast. Strasb., 1668, éd. in-8°, page 60;
I ya, au cabinet de M. Hammer, une molaire et un fragment d’omoplate d’auprès de Brisach.
Keissler, en 1751 (1), parle d’une tête d’éléphant trouvée près de Manheim, dans le Necker, à sept pieds de profondeur, et qui était conservée à Francfort, dans le cabinet du docteur Kissner. Elle a été gravée, et l’on voit une copie de cette gravure dans l’atlas äe Homan. Sa lonoueur, suivant l'inscription, était de quatre pieds dix pouces du Rhin (sans doute en y comprenant le fragment de défense) et son poids de deux cent une livres. Merk en fait aussi mention (2), et dit qu’elle a passé à Pétersbourg. 11 ÿ avait deux mächelières, chacune de neuf pouces de long.
M. Fischer m'a envoyé dans le temps le dessin d’une grande mâchoire inférieure trouvée aussi dans le Necker, et qui est conservée dans le Cabinet de Darmstadt.
M. Hammer possède une molaire déterrée dans une île du Rhin, vis-à-vis de Manheim,
édition in-4°, page 13, n° 287. Je dois cette citation à M. Hammer.
(1) Voyages, tome, page 1469.
(2) Deuxième lettre , page 14.
et un fragment pêché dans le Rhin même, près de cette ville.
Il y avait chez M. Gmelin , apothicaire à Tubingue, une mâchoire inférieure trouvée dans le Rhin, également près de Manheïm (1), et dans le Cabinet de Künast, un grand os aujourd’hui déposé dans celui de l'École de Médecine de Strasbourg.
En février 1819, des bateliers tirérent du Rhin, qui était alors très-bas, à Sandhofen, près de Manheim, une mâchoire inférieure d’éléphant très-bien conservée, en même temps qu’un énorme crâne d’aurochs.
M. Tiedemann, savant professeur de Heidelberg , qui me fait part de ce fait, m'écrit aussi que, le 21 juillet 1817, on découvrit, à une dem:-lieue de cette dernière ville, sur le chemin de Schwetzingen, à trente-six pieds sous terre dans une sablonnière, une défense de six pieds de longueur, bien qu'altérée à sa base et à sa pointe; elle est déposée au cabinet de l'Université. M. Tiedemann en a du même endroit un fragment de cubitus.
Merk décrit dans l'ouvrage cité plus haut
(1) Commerce. Noricum, 1745, planche 117, fig. 10, page 297 ; et Keissler, loc. cit.
une omoplate , un humérus, deux fémurs , une défense, un ischion et un cubitus déterrés sur le bord du Rhin, dans un banc de gravier, près d’Erfelden, dans le pays de Darmstadt.
Il y avait auprès un crâne de rhinocéros.
Le bassin d’éléphant déposé au Cabinet de Darmstadt a probablement été déterré dans ces mêmes environs, à ce que m'écrivit dans le temps M. Fischer. Il y a encore dans ce eabinet, selon le même naturaliste, des dents trouvées à Erbach en Rheingau.
François Beuth possédait eing màchelières et une défense tirées du Rhin , près de Dusseldorf (1).
M. de Schlothein a une mâcheliere des enirons de cette même ville dans son cabinet (2).
(1) Juliæ et montium subterranea, Dusseld., 1776, 8, page 77, n° 15. Nous remarquerons une erreur plaisante de cet auteur au sujet de ces dents. Ayant trouvé, dans le Protogæa de Leibnitz, une figure de la molaire d’éléphant déterrée à Tyde, il vit bien que les siennes étaient semblables, mais il se figura que Tyda était le nom de l'animal auquel Leibnitz rapportait ces dents, et il se fatigua en recherches pour savoir quel est cet animal nommé 7'yda, dont il ne trouvait de mention nulle part.
(2) Connaissance des Pétrifications , en allem., Gotha, 1820, page 5.