PRÉLIMINAIRES. XV
l'explication de la nature ne purent se passer au moins d'analogie : c'est en effet sur des analogies que cette idée repose. Mais comme en bonne logique il n’est pas permis, dans la conclusion d'un raisonnement, de dépasser la portée des prémisses, de même on ne peut, d’analogies posées en principes, tirer des vérités d'un ordre différent de celui de ces analogies ; et c'est certainement pour n'avoir pas fait de cette règle tout le cas nécessaire , qu'on est tombé dans l'erreur que nous nous trouvons forcé de combattre ; c’est ce qu'il nous sera facile de démontrer. Il y a plus : toutes ces idées fausses, bizarres, obscures, que le naturalisme a mises en vogue, n'ont elles-mêmes pas d'autre cause que cet oubli d’une règle sans laquelle l'induction , bien loin d’être une source de richesses pour les sciences, ne serait,au contraire, pour elles, qu'une source de trouble et de confusion.
Chacun sait que nos animaux domestiques se divisent en races plus ou moins nombreuses, suivant les espèces; que ces races se caractérisent par la taille, par les proportions du corps, par le degré de développement de quelques parties des membres, par l'étendue des oreilles,