‹ Recherches sur les ossemens fossiles (volume 4)Chapitre 72 sur 98 · DES INDES · texte numérisé non relu

DES INDES

Diamètre de la fosse cotyloide, . . . . .

Diamètre vertical du trou ovalaire. . . . 0,108

Diamètre transversal, . . . . . . . . .

Diamètre antéro - postérieur du détroit. .

Diamètre transversal. ; . . . « . : . . .

D'après la largeur de la fosse cotyloïde, ce bassin fossile devait venir d’un éléphant de moins de huit pieds.

Je ne trouve pas tout-à-fait la même disproportion dans le morceau de la pl. 16; mais jy vois que la partie de l'os des îles qui s’articulait au sacrum est plus large à proportion , et que son bord interne se contourne de manière à devenir plus parallèle avec le pubis que dans le vivant.

Une portion d’éschion que M. Faujas avait rapportée d'Italie, m'a offert un autre caractère distinctif que je n'avais pu voir dans ces figures, quoique j'aie remarqué ensuite qu'il est indiqué dans celle de Camper. C’est une fosse assez profonde, à la face supérieure de l'os, entre le bord de la fosse cotyloïde et le bord interne de l’ischion. Je n’en trouve nulle

trace ni dans les éléphans des Indes, ni dans celui d'Afrique.

Cette portion vient d’un individu de douze pieds de haut. La moitié décrite par Camper venait d’un individu de neuf pieds et demi.

5° Le fémur. Le premier fémur fossile que j'ai pu examiner (pl. 11, fig. 8) et qui vient de Sibérie (Daub., n° mxxx:v), a sa partie supérieure mutilée; mais sa tête inférieure m'a fourni un caractère distinctif très-sensible dans son échancrure entre les deux condyles , qui se réduit à une ligne étroite (voyez fig. 12), au lieu d’un large enfoncement qu’on voit dans les deux espèces vivantes (voy. fig. 9 et 10). Deux autres têtes inférieures fossiles de notre Muséum (fig. 11 et 13) ont précisément la même particularité. Dès que je me fus aperçu de cette différence notable, je fus curieux de savoir si elle était commune à tous les fémurs fossiles. M. Jæger m'a prouvé qu’elle se trouve aussi dans ceux de Canstadt, en m’envoyant le dessin gravé pl. 14, fig. 5, réduit au douzième. ( Les autres de la même partie le sont au sixième.)

J'ai encore retrouvé depuis ce caractère plus ou moins marqué dans une tête inférieure du cabinet du grand-duc, à Florence (pl. 16, fig. 5); dans une autre du cabinet

de M. Targioni Tozzetti, de la même ville (ib., fig. 6); dans une troisième du cabinet du Collége romain (4%., fig. 4); et enfin tout récemment dans le grand morceau retiré du Bog et apporté par M. Raynaud (%., fig. 7).

Il n’y a donc aucun doute que cette différence ne soit constante, et ne se joigne à celles que fournit le crâne pour faire distinguer l’éléphant fossile.

Daubenton, qui n'avait comparé le fémur qu'il décrivait qu’à celui d'Afrique , et ne lui avait trouvé d'autre différence qu’un peu plus de largeur proportionnelle, attribuait cette largeur à l’âge. Cependant ce fémur vient d’un jeune éléphant, car son épiphyse inférieure est encore distincte, et la supérieure est détachée et perdue.

Cet os, long de 1,11, indique un individu d'environ neuf pieds et demi de hauteur :

notre éléphant des Indes de 8’ a le sien deo,92; mais on a trouvé des fémurs fossiles beaucoup plus grands. Jacob et Oliger Jacobæus en c1tent de quatre pieds anglais de long. Le plus long de tous ceux qui ont été mesurés avec exactitude est celui dont parle Camper (1), et

(1) Nov. act. Petrop., 11, 1788 , pag. 257.

qui avait cinquante-deux pouces du Rhin, c'est-à-dire 1,37, ou 4° 2" 7°" de France : ce qui indique un animal d'environ onze pieds huit pouces.

Le féemur d’un éléphant des Indes, mort de vieillesse, appartenant au même anatomiste, avait, dit-il, treize pouces de moins.

Cependant, si l’on pouvait se fier aux mesures rapportées dans la Gigantomachie : le fémur du prétendu Z'eutobochus aurait été encore bien plus grand, puisqu'il aurait eu cinq pieds de long ; et néanmoins cette dimension n'indiquerait qu'un individu de quatorze pieds de haut : ce qui ne surpasse point ce que les relations nous disent des éléphans vivans dans les Indes.

Nous avons au Muséum une tête supérieure de fémur venue du pied des Pyrénées, et dont le diamètre, de 0,218, indique un individu de quatorze pieds.

La tête inférieure du Log, rapportée par M. Raynaud (pl. 16, fig. 7, 8, 9 et 10), annonce un individu d’entre quatorze et quinze pieds.

La tête inférieure (pl. 11, fig. 11) ne vient que d’un individu de dix pieds.

6° La jambe. Les dessins d’un tibia fossile (pl. 15, fig. 7, 8 et à) m'ont été envoyés par

Jf. 15

M. Jæger, et sont pris d’un des échantillons du cabinet de Stuttoart. Cet os indique un individu de onze à douze pieds de haut; il est notablement plus épais que le tibia des Indes (pl. 13, fig. 11), qui l’est plus que celui d’Afrique (%., fig. 15). Du reste, les formes de cet os et de ses facettes dans les trois espèces offrent peu de différences.

J'ai vu un autre tibia bien entier à Florence, que je donne pl. 16, fig. 12 et 13. Il porte les mêmes caractères d'épaisseur que le précédent.

Sa longueur, de trente pouces fr. (0,825), annonce un individu de près de onze pieds et demi.

La Gigantomachie donne au tibia du prétendu Z'eutobochus quatre pieds de longueur, et cinq au fémur. La mesure du tibia est évidemment exagérée, ou bien ces deux os venaient d'individus différens; elle indiquerait un individu de pius de dix-huit pieds, et ne conviént point à celle du fémur, qui ne se rapporte qu’à un individu de quatorze.

Notre éléphant des Indes de huit pieds’ a son fémur de 0,92, et son tibia de 0,56.

Je n’ai eu du péroné que la tête inférieure du Montferrat, donnée par M. Spinola, représentée par sa face articulaire interne (pl. 16,

mener

fig. 11). Elle est large de 0,137, et vient d’un éléphant haut de quinze pieds. Sa forme est plus arrondie, ses arêtes sont plus émoussées, la fossette du milieu de sa face articulaire est plus profonde que dans le vivant.

7 Le pied de devant. Comme les petits os fossiles se recueillent toujours moins soigneusement que les grands, je n’ai eu d’abord du pied de devant qu’un seul métacarpien, celui du petit doigt. Je l’ai dû à M. G.-A. Delue. Il est encore plus gros à proportion que dans l’éléphant des Indes, et annonce un individu de neuf à dix pieds.

Mais dans mes voyages en Italie, et parmi les objets trouvés en France, ou qui m'ont été envoyés d’ailleurs depuis ma première édition, j'ai eu occasion d'observer plusieurs autres de ces petits os.

PL. 16, fig. 24, est un métacarpien de Fannulaire gauche trouvé avec une mâchoire inférieure à Romagnano, dans le Vicentin ; long de 0,224, large dans le haut de 6,105, il annonce un éléphant de quatorze pieds de haut ; la portion externe de sa tête supérieure est plus large à proportion que dans le vivant.

Même pl., fig. 25, est un métacarpien de l’annulaire du medius, du val d’Arno, du cabinet de M. Targioni. La partie externe de

sa face supérieure y est également plus large que dans le vivant à proportion de l’autre partie ; il est long de 0,20, et provient d'un individu de douze pieds.

J'ai pu observer deux semi-lunaires du carpe. L'un gauche, d'un individu de moyenne taille, a été envoyé à notre Muséum, des environs d’Abbeville, par M. Baillon ; je le représente pl. 16, fig. 22; il est haut de 0,064, large de 0,117.

Le second, plus grand et du côté droit (pl. 16, fig. 18), large de 0,162, haut de 0,104, est dans le cabinet de M. Targioni à Florence ; je les trouve l’un et l’autre plus courts d'avant en arrière que dans le vivant. Celui de Florence a de plus son corps moins rétréci en arrière; au contraire dans celui d’Abbeville il est plus rétréci et l'os est plus plat, comme écrasé.

Le cunérforme droit (pl. 16, fig. 19) est aussi du cabinet de M. Targioni; il est large de 0,254 et haut de 0,081. Il diffère peu de celui de l’éléphant vivant, si ce n’est en ce que la facette articulaire postérieure est rectangulaire , et que dans le vivant elle est en triangle.

L'unciforme droit (pl. 16, fig. 20), également du même cabinet, est large de 0,144 et haut de 0,127. Il est moins large que celui de l’élé-

phant vivant; sa face supérieure est plus carrée ; les plans de sa face inférieure sont plus prononcés.

J'ai encore trouvé dans ce cabinet un #rapézoide droit (pl. 16, fig. 21), large de 0,146, haut de 0,124. Il diffère de celui du vivant par un peu moins de longueur de sa facette supérieure, et un peu plus de largeur de la facette latérale.

Ces quatre os proviennent d’éléphans à peu près de même taille, et peut-être sont-ils du même individu, qui dans ce cas doit avoir eu environ quatorze pieds et demi de hauteur.

Bien que chacun de ces os du carpe, pris à part, diffère en quelque chose de son correspondant de l'éléphant vivant que je lui ai comparé, comme ces os varient aussi jusqu'à un certain point d’un éléphant vivant à l’autre, je n’attache pas une grande importance aux caractères qu'ils me fournissent.

8° Le pied de derrière. De tous les os qui composaient le pied de derrière de l'éléphant fossile, je n’ai pu examiner que le seul astragale. M. Miot, ancien ministre de France en Toscane , a bien voulu m'en confier un qu'il a recueilli dans le val d’Arno. Je l'ai fait graver, pl. 7, fig. 2, F, et près de lui les deux des éléphans vivans, [ et À. Outre sa grandeur, il se

distingue au premier coup d'œil, parce que les angles de sa facette tibiale approchent davantage d’être droits, et que la facette ellemême est plus carrée. Ce caractère n’est pas plus individuel que les autres.

Une portion d’astragale du cabinet de Stuttgart, dont M. Jæser m'a envoyé un dessin (pl. 14, fig. 4), est semblable à l’os du val d'Arno. Tous deux sont de même grandeur, et viennent d’un individu de dix à onze pieds.

Je n'ai pas été assez heureux pour me proeurer aucun autre os du pied de derrière de cet animal.

G De ce que l’on connaît des parties molles.

On ne doit point désespérer, en continuant les recherches dans les parties les plus froides de la Sibérie, de découvrir encore un mammouth avee toutes ses parties molles préservées par la place, et dès à présent celui de M. Adams nous fournit à cet égard des renseisnemens précieux.

Avant qu'il eût été dépecé, on en avait fait un dessin qui m'a été communiqué, et qui, bien qu’un peu grossier, se rapportait entièrement, par la longueur de la face, à ce que les erànes fossiles nous indiquent; la trompe

et les oreilles y manquaient, mais on voyait tout autour une sorte de poil roussatre.

Depuis lors j'ai reçu un morceau de peau dépouillée de son épiderme, et des mèches de poil et de laine.

La peau est semblable à celle de l'éléphant vivant, mais on n'y distingue pas les points bruns qu’on remarque dans l'espèce des Indes. M. Adams assure que la peau dont il avait conservé les trois quarts était d’un gris foncé.

Quant aux poils, il y en a de deux et même de trois sortes : les plus longs ont douze à quinze pouces; leur couleur est brune, et leur épaisseur à peu près celle d’un crin de cheval. Il y en a ensuite de plus courts, de dix, de neuf pouces, qui sont en même temps un peu plus minces et de couleur fauve.

La laine qui paraït avoir garni la racine des longs poils a de quatre à cinq pouces de lonsueur ; elle est assez fine, passablement douce, et un peu frisée, surtout vers sa racine. Sa couleur est un fauve-clair.

Sur ce qui reste de peau à Pétersbourg les poils sont usés et courts. Cependant, comme aucun animal connu ne porte de poils semblables, il est impossible qu’il y ait à cet égard la moindre fraude. On a d’ailleurs, outre cet individu, les témoignages relatifs à ceux de

Sarytschev et de Patapof, que nous avons rapportés ci-dessus. Par conséquent il n’est pas douteux que l'éléphant fossile, tel qu'il se trouve en Sibérie, avait une fourrure d’animal de pays froids.

M. Adams nous dit qu'une des oreilles de son individu était bien conservée et garnie d’une toufle de crins; mais dans son état actuel, comme on peut le voir, pl. 17, a&b, fig. 1, elle est fort altérée et n’a plus aucun poil.

Les pieds du squelette de Pétersbourg sont encore couverts de peau et garnis de leurs semelles. M. Tilésius dit que ces semelles sont arrondies, et comme dilatées et foulées par le poids du corps; en sorte qu’elles remontent sur les bords du pied et les recouvrent. I y avait quelque chose de semblable dans léléphant de la ménagerie de Versailles, décrit par Perrault.

Ni M. Adams, ni M. Tilésius ne nous parlent du nombre des ongles.

FOSSILES. 2359 DOLLARS ALEVLILIAR LLLAELRIILALLVLIAN LILAUVYLIR LARASAR SAS IAA TN

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