‹ Recherches sur les ossemens fossiles (volume 4)Chapitre 76 sur 98 · GRAND rait quil touche très-peu au cinquième · texte numérisé non relu

GRAND rait quil touche très-peu au cinquième

La même grosseur relative a lieu pour les

phalanges.

.11° Résumé général.

De toute cette description il résulte :

Que le grand mastodonte, ou l’animal de POhio, était fort semblable à l’éléphant par les défenses et toute l’ostéologie, les mâchelières exceptées ; qu’il avait trés-probablement une trompe; que sa hauteur ne: surpassait point celle de l'éléphant, mais qu'il était un peu plus allongé et avait des membres un peu plus épais avec un ventre plus mince; que, malgré toutes ces ressemblances, la structure particulière de ses molaires suffit pour en faire un genre différent de celui de l’éléphant; qu'il se nourrissait à peu près comme l’hippopotame et le sanglier, choisissant de préférence les racines et autres parties charnues des végétaux; que cette sorte de nourriture devait l’attirer vers les terrains mous et marécageux ; que néanmoins il n’était pas fait pour nager et vivre souvent dans les eaux comme lhippopotame, mais que c'était un véritable animal terrestre; que ses ossemens sont beaucoup plus communs dans l'Amérique septen-

trionale que partout ailleurs ; que peut-être même ils sont exclusivement propres à ce pays; qu'ils sont mieux conservés, plus frais qu'aucun des autres os fossiles connus; et que néanmoins il n’y a pas la moindre preuve, le moindre témoignage authentique, propre à faire croire qu'il y en ait encore, ni en Amérique, ni ailleurs, aucun individu vivant; car les différentes annonces que nous avons lues de temps en temps dans les journaux touchant des mastodontes vivans que l’on aurait apercus dans les bois ou dans les landes de ce vaste continent, ne se sont jamais confirmées et ne peuvent passer que pour des fables.

ADDITION

Sur le grand mastodonte et son existence dans l’ancien continent.

(Voyez page 258 ci-dessus. }

Malgré le témoignage de Pallas, et la dent remise à Buffon par M. de Vergennes, comme venue de la Petite Tartarie, je doutais encore que le grand mastodonte, si abondant en Amérique, eût laissé de ses dépouilles en Europe.

Je ne puis guère conserver cette incertitude depuis que M. l'abbé Borson, professeur de minéralogie à Turin, n’a adressé le modéle en plâtre d’une dent trouvée dans le territoire d’Asti, au même lieu où l’on a découvert plusieurs dents de mastodontes à dents étroites. Sa couronne est longue de 0,18, et large de 0,09.

On y voit quatre crêtes transversales divisées chacune en deux collines, dont la seconde, un peu usée, présente déjà des commencemens de losange. Cependant ces erêtes m'ont paru un peu plus obliques que dans les dents ordinaires d'Amérique. Serait-ce encore une nouvelle espèce (x) ?

(1) De nouvelles dents découvertes plus récemment en Piémont , en Suisse, et tout nouvellement en France, dans le département de la Haute-Saône, sembleraient confirmer le soupçon qu’exprime ici M. Cuvier, que le morceau envoyé par M. Borson , appartient à une espèce nouvelle , et laisseraient encore incertaine la question de l'existence du grand mastodente dans l’ancien continent.

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