CHAPITRE V
Recherches sur le poids atomique des émanations radioactives.
Nous savons que les émanations se comportent comme des gaz radioactifs, et j'ai déjà indiqué comment on avait pu démontrer que l’émanation du radium était un gaz matériel, constituant un élément chimique particulier, caractérisé par un spectre distinct. Avant de réussir à préparer lémanation à l’état pur, on chercha, par différents procédés, à déterminer sa densité gazeuse, pour en déduire son poids atomique, en faisant une hypothèse sur son atomicité. Comme on ne pouvait obtenir cette densité d’une manière directe, on chercha à utiliser différents phénomènes dans lesquels la densité gazeuse est un facteur qui intervient d’une manière plus ou moins bien définie.
Le phénomène qui fut principalement étudié dans ce but est la diffusion de l’émanation dans un gaz ordinaire. En comparant la vitesse de diffusion de l’émanation avec celle d’un gaz connu, dans le même gaz, on espérait en déduire des indications sérieuses sur la grandeur de la densité de l’émanation ou au moins sur l’ordre de grandeur de cette densité. Les mesures du coefficient de diffusion dans l’air ont été faits par M. Rutherford et Miss Brooks, par P. Curie et Danne, et plus récemment par M. Chaumont. É
La détermination du coefficient de diffusion de l’émanation est relativement plus facile que celle du même coefficient pour les gaz ordinaires, car le rapport des concentrations de l’émanation s'obtient aisément par des mesures d’ionisation. On doit seulement tenir compte
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de la destruction spontanée pendant le phénomène de diffusion.
La méthode qui semble pouvoir être la plus précise est celle de P. Curie et Danne, perfectionnée par M. Chaumont. Elle consiste à établir une communication entre un vase conténant de l'air chargé d’émanation et un récipient de très grande capacité, par l'intermédiaire d’un tube long et étroit. La décroissance du rayonnement émis par le vase contenant l’émanation est due à la destruction spontanée de celle-ci et à la perte qui résulte de la diffusion de l’émanation à travers le gaz contenu dans le tube étroit. De la variation du rayonnement en fonction du temps on peut déduire le coefficient de diffusion. Les expériences de M. Chaumont, qui paraissent les plus précises, conduisent au nombre 0;1015 pour le coefficient de diffusion de l’émanation du radium dans l’air à 0° et dans les conditions normales.
Le coefficient de diffusion de l’émanation du throrium a été obtenu par Rutherford par une méthode particulière dans laquelle on profite de la destruction spontanée très rapide de l’émanation pour simplifier encore l’expérience, le coefficient trouvé est 0,09. La même méthode, un peu perfectionnée, m'a servi à déterminer le coefficient de diffusion de l’émanation de l’actinium; j'ai trouvé ainsi 0,12 et ce nombre a été confirmé par M. Bruhat qui a déterminé, à l’aide du même dispositif que le mien, les coefficients de la même émanation dans différents gaz.
Si l’on examine le coefficient de diffusion de différents gaz dans un même gaz étranger, on constate qu'il est en général d’autant plus grand que la densité correspondante est moins élevée. Cela s'explique facilement, car la diffusion d’un gaz dépend en premier lieu de la vitesse de ses molécules, et l’on sait que la vitesse moyenne est en raison inverse de la racine carrée de la densité dans les conditions normales. Le coefficient de
SUR LES PHÉNOMÈNES DE RADIOACTIVITÉ. TÂI
diffusion, qui est le coefficient de proportionnalité de la vitesse de diffusion sous différentes chutes de pression, doit dépendre aussi du nombre de rencontres avec les molécules du gaz étranger, par conséquent du diamètre de la molécule. L’examen des coefficients de diffusion déterminés jusqu’à présent, montre des écarts assez importants avec une loi de l’inverse de la racine carrée de la densité; cependant ces écarts ne sont pas extrêmement grands, et pour certains gaz, tels que l’oxygène, le gaz carbonique, l’hydrogène, l'accord est assez satisfaisant. Si l’on applique cette loi, dont l’exactitude est approximative, aux résultats obtenus pour les émanations, et si l’on suppose qu’elles sont des gaz monatomiques, ce qui est en accord avec leur incapacité d’entrer en combinaison, on trouve, en comparant leur coefficient de diffusion dans l’air à celui du gaz carbonique, que leurs poids atomiques devraient être voisins de 100.
On a cherché aussi à obtenir une indication sur le poids atomique des émanations, en étudiant la vitesse de passage de ces gaz, contenus à l’état de trace dans un gaz étranger, à travers les corps poreux, plaques de plâtre ou de porcelaine dégourdie. Des expériences diverses ont été faites par MM. Bunstead et Whecler, Makower et Perkins. D’après une loi expérimentale, dite loi de Graham, la vitesse de passage des gaz purs. à travers un tampon poreux déterminé, est en raison inverse de la racine carrée de la densité. Certaines expériences faites avec le gaz carbonique et l’air par Graham, tendent aussi à prouver que, dans un mélange gazeux, la vitesse de passage de chaque gaz n’est pas influencée par la présence d’un gaz étranger.
L'étude la plus complète du phénomène paraît avoir été faite par Makower, qui trouva que la loi de Graham n’est pas rigoureuse, et que le produit du coeflicient de vitesse de passage k par la racine carrée du poids molécu-
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laire VM n’est pas absolument constant, mais croît avec k suivant une loi linéaire. Si l’on utilise la loi ainsi corrigée pour les résultats obtenus avec l’émanation du radium mélangée à l’air, on trouve que le poids atomique de celle-ci doit être compris entre 85 et 99. Enfin, des expériences de M. Perkins, dans lesquelles on comparaît la vitesse de passage de l’émanation du radium mélangée à l'hydrogène, à celle de la vapeur de mercure, conduisaient à un nombre voisin de 234.
On voit que les résultats obtenus dans ces différentes expériences ne sont pas concordantes. Cependant les expériences qui paraissent avoir été eflectuées dans les meilleures conditions, soit pour la diffusion, soit pour le passage à travers un tampon poreux, donnent un nombre voisin de 100. On peut remarquer que les résultats obtenus par Makower avec les tampons poreux sont tout à fait analogues à ceux obtenus par diffusion dans Fair. Il me paraît probable que cela tient au fait que les deux phénomènes ne diffèrent pas essentiellement; les canaux qui existent dans la matière poreuse ne doivent pas être extrêmement étroits, et les rencontres mutuelles entre les molécules gazeuses sont encore extrêmement nombreuses par rapport à celles avec les parois. Si l’on observe le passage d’un mélange gazeux où l’un des gaz est extrêmement dilué, la vitesse de passage de celui-ci doit probablement dépendre surtout de son coefficient de diffusion au travers du gaz qui l'accompagne.
Le poids atomique 100 n’est pas celui qui doit être attribué à l’émanation du radium d’après les hypothèses faites sur les transformations de la série du radium. Le poids atomique du radium est connu avec une grande exactitude depuis le travail de Mme Curie; sa valeur 226,4 a été confirmée par les expériences plus récentes de Thorpe, de Hônigschmidt et de Ramsay. Le radium émet une particule & et se transforme en même temps en éma-
nation. Comme la particule &« est un atome d’hélium, on peut représenter la transtormation par l'équation
Ra = Em + He.
Le poids atomique de l’hélium étant voisin de 4, on voit que celui de l’émanation doit être égal à 222,4.
Il faut donc conclure que les méthodes de diffusion ou: de passage à travers une paroi poreuse ne donnent pas de renseignements exacts dans le cas de l’émanation, ou bien que la transformation du radium ne s’effectue pas suivant l'équation ci-dessus et que l’émanation a un poids atomique environ deux fois moindre que celui prévu, ce qui pourrait se produire si deux atomes d’émanation étaient produits dans la transformation du radium. Cependant cette dernière hypothèse en contradiction avec la valeur adoptée pour le volume de l’émanation en équilibre avec une quantité déterminée de radium, car la valeur trouvée correspond bien à celle qui peut être calculée en utilisant l’équation
précédente.
On voit qu'il était très important de pouvoir fixer définitivement le poids atomique de l’émanation par une méthode présentant plus de sécurité que les méthodes qui avaient été précédemment employées. Dans ces méthodes, l’émanation était toujours mélangée à une proportion énorme de gaz étranger, sa pression partielle était infiniment petite par rapport à la pression des gaz qui l’accompagnaient, ét Pon pouvait penser que les méthodes, qui donnent un résultat conforme à ce que l’on peut attendre lorsque les gaz sur lesquels on opère ont une forte pression, sont complètement en défaut, lorsque le gaz sur lequel on opère est infiniment dilué dans un gaz étranger. Cependant on ne peut trouver aucune indication théorique pouvant donner une expli-
cation de ce fait.
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La méthode que j'ai employée est basée sur un principe plus rigoureux que celui qui intervient dans les méthodes précédentes; J'en ai vérifié l'exactitude sur les gaz ordinaires dans des conditions tout à fait analogues à celles qui intervenaient dans les expériences avec l’émanation, enfin celle-ci était débarrassée de la plus grande partie des gaz étrangers qui l’accompagnent généralement. On peut donc avoir pleine confiance dans les résultats obtenus. C’est en principe la méthode de Bunsen, dans laquelle on compare les vitesses d'écoulement des gaz à travers un petit trou percé dans une paroi mince. Elle est généralement employée dans le cas de gaz ayant une pression assez forte et elle donne alors de très bons résultats. La: vitesse d'écoulement est inversement proportionnelle à la racime carrée de la densité du gaz.
L’écoulement d’un gaz ayant une pression p;, à travers un orifice communiquant avee un récipient où la pression est ps, est un phénomène compliqué, qui a suscité beaucoup de recherches théoriques et expérimentales, et je n’ai pas lintention d'indiquer ici tous les travaux qui ont été effectués. Je rappellerai seulement que, pour caleuler, la vitesse d'écoulement du gaz, on fait l'hypothèse que. le travail de détente du gaz, qui passe d’une pression p, à une pression inférieure ps, est utilisé pour lui fourni une vitesse d'ensemble déterminée, et que la force vive du gaz est égale à ce travail de détente; on peut supposer que la détente est isotherme ou adiabatique, c’est cette dernière hypothèse qui est considérée comme la plus exacte. Quelle que soit l'hypothèse faite sur la nature de la détente, on obtient toujours une vitesse du gaz inversement proportionnelle à la racine carrée de la densité; mais dans le cas où la détente est adiabatique, on
trouve que lorsque le rapport 2! augmente, le débit ne P2 peut dépasser un certain maximum et reste constant
pour une même pression p,; la vitesse d'écoulement ne varie plus sensiblement lorsqu'on diminue la pression p2. Le débit du gaz, mesuré en volume, toujours dans les mêmes conditions de pression et de température, est alors en raison inverse de la racine carrée de la densité du gaz.
Dans le dispositif ordinairement employé on fait écouler les différents gaz à comparer sous des pressions variables, et toujours assez fortes, entre les mêmes limites, à travers un trou percé dans une paroi mince, et l’écoulement se produit dans les mêmes conditions de pression pour les différents gaz. La durée totale de l'écoulement est alors proportionnelle à la racine carrée de la densité du gaz sur lequel on opère.
Il n’était pas possible d'utiliser ce mode opératoire pour comparer l’écoulement de l’émanation avec celui d’un gaz de densité connue. D’une part, si l’on veut employer l’émanation à l’état absolument pur, on ajoute de très grandes difficultés aux expériences qui ne peuvent être répétées souvent, d’autre part, 1l n’est pas possible d’opérer à une pression très forte, car l’émanation occupe alors un volume extrêmement petit et, quelle que soit la petitesse du trou que l’on peut réaliser, la durée de Pécoulement est trop petite pour pouvoir être mesurée avec exactitude.
J’ai cherché à réaliser des conditions dans lesquelles l'écoulement de l’émanation se produit toujours suivant la même loi, même lorsqu'elle n’est pas absolument pure. Cela est très important, car nous avons déjà vu que, non seulement il est très difficile de préparer l’émanation à l’état pur, mais encore, par suite de la production de l’hélium, sa pureté ne peut être conservée. On ne pouvait pas non plus produire l'écoulement du gaz auquel on devait comparer celui de l’émanation, entre les limites de pression et de volume qui avaient été réalisées pour
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celle-ci, car cette pression ne pouvait être mesurée directement, et l’on ne pouvait la déduire de l’intensité de rayonnement pénétrant qu’en faisant une hypothèse sur la densité que l’on cherchait à déterminer. Il fallait donc que la loi d'écoulement des deux gaz à comparer soit assez simple, pour que l’on puisse facilement déduire des mesures les paramètres intervenant dans les deux séries d'expériences et les comparer entre eux.
J'ai pu vérifier que ces différentes conditions sont réalisées lorsque la pression totale du gaz qui.s’écoule est extrêmement petite.
Dans une étude préalable, J'ai détermimé la loi d’écoulement des gaz purs à basse pression par un petit orifice en paroi mince, et J'ai vérifié que, dans les mêmes conditions, l’écoulement de chaque gaz contenu dans un mélange se fait comme s’il était seul. J’ai ensuite comparé, dans un même appareil, l'écoulement de l’émanation à celui des gaz purs en déterminant la loi d'écoulement de l’émanation par des mesures de rayonnement et la loi d'écoulement des gaz purs par des mesures de pression.
L'appareil qui m'a servi pour toutes ces expériences est représenté par la figure 16. Il comprend un vase cylindrique J, disposé comme une jauge de Mac Leod pour la mesure des faibles pressions avec exactitude; cette jauge doit avoir un volume assez restreint et des tubes divisés très étroits. Elle peut communiquer, par l’intermédiaire d’un robinet à large voie R, et d’un très petit orifice o percé dans une lame de platine de moins d’un centième de mullimètre d'épaisseur, avec un large tube recourbé, lui-même relié avec une pompe Gaede par l’intermédiaire du robinet R:, et avec un ballon de plusieurs litres de capacité B fermé par un robinet à très large voie R4. La lame de platine percée du petit orifice par lequel s’écoulera le gaz à examiner, est mastiquée sur un
tube métallique et placée tout contre le robinet R;, de telle sorte que, lorsque celui-ci est fermé, le volume du gaz compris entre le robinet et le tube portant la lame de platine est extrêmement petit et peut être négligé. Au-dessous du
- Batterie é ns Pa) ol
Electromètre
Fig. r6.
tube qui établit la communication avec le réservoir J, se trouvent deux tubulures latérales permettant de faire communiquer ce réservoir, soit avec l'appareil à faire le vide par l'intermédiaire du robinet B;3, soit avec le vase contenant le gaz à examiner par l’intermédiaire du robinet à trois voies R;. Lorsqu'on opère avec l’émanation, on utilise les appareils P et F qui permettent de l'obtenir à un état suffisamment concentré. Enfin le
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mercure contenu dans le récipient M est utilisé pour fermer ou démasquer les ouvertures des tubes placés au-dessous du robinet R;, et pour faire fonctionner la jauge de Mac Leod J. Le récipient M est accompagné d’un purgeur et la manœuvre du mercure est effectuée en utilisant une trompe à eau, comme cela a déjà été décrit précédemment.
Pour effectuer des expériences d’écoulement avec les gaz ordinaires, on commence par faire le vide absolument complet dans toutes les parties de l’appareil en prenant des précautions spéciales pour éviter toute trace d’humidité sur les parois, on introduit ensuite le gaz à étudier dans le récipient-jauge J. La quantité de gaz à introduire est extrêmement petite; 1l suffit en effet que le gaz ait, dans l’appareil jauge, une pression initiale comprise entre + et de millimètre de mercure. Pour introduire cette petite quantité de gaz, on remplit de gaz à une pression élevée le tube en U capillaire P, le mercure étant dans la position indiquée par la figure, on ouvre avec précaution le robinet R; et l’on remplit de gaz le tube de communication avec la jauge, à une pression fable dont la valeur est indiquée par la dénivellation du mercure. Il suffit alors d’abaisser le mercure pour démasquer l’ouverture qui établit la communication avec la jauge J, les robinets R; et R3 étant fermés. Il est prudent d’effectuer plusieurs lavages du vase-jauge avec le gaz à étudier pour éliminer toute trace de gaz étranger.
La jauge doit avoir été calibrée avec beaucoup de soin; la valeur absolue du rapport de multiplication n’a pas besoin d’être connue avec une grande précision, mais il est très important que la graduation en volume soit exacte, on peut vérifier cette exactitude en déterminant la pression d’une même masse de gaz à laquelle on fait occuper les volumes marqués par les différentes divisions. Si la division du tube-jauge n’est pas exacte, on effectue facile-
ment les corrections nécessaires. Au-dessus du tube manométrique de la jauge, il faut laisser une petite boule ayant une capacité suffisante pour que la montée du mercure ne produise pas une compression susceptible d’avoir une influence sur la position du niveau.
Pour mesurer la pression du gaz à l’aide de la jauge, on ferme le robinet R,, puis on fait monter le mercure jusque dans le tube-jauge et l’on arrête l'ascension lorsque le niveau est arrivé à une division déterminée. On mesure ensuite la hauteur verticale qui sépare les niveaux de mercure dans le tube-jauge et dans le tube manométrique, à l’aide d’un viseur ou d’un cathétomètre. Les tubes étant très étroit, 1l est très important que la surface du verre soit extrêmement propre pour éviter toute différence d’action capillaire dans les deux tubes qui ont le même diamètre. Dans les expériences que J'ai effectuées, la différence de niveau était déterminée à 5 ou + de mil- Himètre près et sa valeur était généralement de l’ordre de quelques centimètres.
La pression du gaz est donnée en unité arbitraire par le produit du volume occupé par le gaz dans le tube-jauge, par la différence de niveau. Dans l’appareil que j'ai utilisé, le produit du nombre de divisions du tube-jauge par la différence de niveau en millimètres, donnait approximativement la pression du gaz en + de millimètre de mercure.
Lorsque la pression du gaz a été mesurée, on abaisse le mercure jusqu’au niveau a de manière à donner au gaz un volume bien déterminé et toujours le même, puis on ouvre le robinet R, pendant un temps exactement connu, pendant lequel une partie du gaz contenu dans le vase J s'écoule à travers le petit orifice.
Le vide a été fait d’une manière complète dans le ballon B et, le robinet R3 étant ouvert, on continue à faire fonctionner la pompe Gaede, de manière à maintenir le
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vide malgré l’arrivée du gaz par le petit orifice. Le débit de gaz par l’orifice est très lent, et la pompe Gaede, permet
facilement de maintenir une pression inférieure à =
ballon complètement vide n’est pas utilisé. Le temps
ou de millimètre de mercure, même lorsque le grand
pendant lequel l’écoulement s’est produit est mesuré
exactement à l’aide d’un chronomètre donnant le + de seconde. Ce temps variait généralement de 2 à 5 minutes, suivant la nature du gaz examiné. Aussitôt après avoir fermé R,, on mesure de nouveau la pression du gaz à l’aide de la jauge en exécutant la même manœuvre que précédemment. Cette pression est généralement un peu plus de la moitié de la valeur primitive. La pompe Gaede fonctionne continuellement pendant ces opérations et, au bout de peu de temps, le vide est de nouveau tout à fait complet dans le grand ballon, ce qu’on peut constater par une mesure faite avec une jauge de Mac Leod de grande sensiblité placée sur la canahsation allant à la pompe Gaede. On peut alors faire écouler une nouvelle portion de gaz résiduel pendant une nouvelle période de temps bien déterminée.
On effectue ainsi une série d’expériences qui permet de déterminer la variation de la pression en fonction de la durée d'écoulement. Ces expériences ont été poursuivies, dans certains cas, Jusqu'à ce que la pression du gaz soit tombée à 1 ou 2 pour 100 de sa valeur initiale.
Voici le Tableau d’une des nombreuses expériences qui ont été faites. Les nombres sont relatifs à l’écoulement de l’oxygène. Dans la première colonne, on a porté la durée totale de Pécoulement du gaz à partir du début de l'expérience; dans la deuxième colonne, le produit du volume du gaz, mesuré en divisions du tube-jauge, par la différence de niveau exprimée en millimètres, chaque unité de ce produit représente approximativement une pression de +4 de millimètre de mercure, la pression initiale
dans cette expérience était donc environ de oMmMo7ÿ de mercure; enfin dans la dernière colonne, sont marqués les logarithmes des pressions, ce qui permet de représenter les résultats de la manière la plus simple :
Durée de l’écoulement
en minutes. Produit PV. Logarithme de PV.
De DE DEN 749 2,874 DORÉ DSTI SE De 3 414 2,616 Ra EN MO ME 233 2,307 OR eme eee Te 139,5 2, 122 ner RS 72,0 1,860 DORE à ee ce ct 40.4 1 ,606 LORe DER CORTE DD 0 y) Miooedeosonor Ts 1220 1,090
51 l’on porte en abscisses les temps, et en ordonnées les logarithmes des pressions, on constate que la plupart des [=] ) I points se placent sur une ligne droite (fig. 17); cependant
les dernières mesures, qui correspondent à des pressions très
qui s’écartent sensiblement, d’une manière systématique, de
faibles, inférieures à
de millimètre, donnent des points
la droite précédente; ces points n’ont pas été représentés sur la figure.
Ce résultat montre que la variation de la pression dans le récipient-jauge varie suivant une loi exponentielle décroissante en fonction de la durée de lécoulement :
P = Po eV; la loi élémentaire est donc dp =— po et dt =— pdt.
La diminution de pression pendant un intervalle de temps dt est proportionnelle à la pression du gaz à l'instant considéré et à un coefficient qui est constant quelle que soit la valeur de la pression lorsque celle-ci varie dans de très
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grandes limites. Comme le volume occupé par le gaz restant reste fixe, le débit en poids du gaz est, à chaque instant, proportionnel à la pression. Le volume occupé par le gaz écoulé est proportionnel à sa masse et en raison inverse de la pression; il en résulte donc que le volume du gaz écoulé pendant des intervalles de temps égaux est constant, c’est-à-dire que la vitesse d'écoulement du gaz reste constante.
Le coefficient y est proportionnel à cette vitesse et la caractérise. Il peut être facilement obtenu de la courbe en logarithme
logp = logpos— ptloge car il représente, à un facteur constant près, le coefficient angulaire de la droite obtenue.
Dans la courbe expérimentale qui a été donnée précédemment, le coefficient angulaire est 0,127; c’est ce nombre qui caractérise l’écoulement de l’oxygène dans l’appareil employé.
J’ai déjà dit que, quelle que soit l'hypothèse que l’on adopte pour déterminer la loi de l'écoulement d’un gaz à travers un trou en paroi mince, la vitesse calculée est en raison inverse de la racine carrée de la densité du gaz.
Lorsqu'on suppose une détente adiabatique du gaz la vitesse d’écoulement peut devenir constante si le rapport entre les pressions de chaque côté de l’orifice d'écoulement devient très petit car la vitesse d’écoulement est donnée par la formule
à k 0200 dé LAS I — (2)
où le nombre Æ représente le rapport des deux chaleurs
7e C spécifiques +
On voit, par cette formule, que la vitesse d'écoulement
devrait dépendre du rapport = et par conséquent de
l’atomicité du gaz.
J’ai effectué des mesures avec différents gaz de manière à pouvoir déterminer comment varie, avec le dispositif employé, la vitesse d'écoulement, Les gaz examinés ont été l'oxygène, le gaz carbonique, le gaz sulfureux et l’argon. Chaque gaz a été préparé spécialement dans l'appareil même : l’oxygène a été obtenu par décomposition de l’oxyde de mercure, le gaz carbonique par action de la chaleur sur le bicarbonate de soude pur, le gaz sulfureux par action de l'acide sulfurique sur le sulfite de soude, enfin l’argon a été obtenu d’abord à l’état très concentré par l’action du calcium chauffé sur Pair, puis purifié par l’action du lithium. Chaque gaz a été soigneusement desséché par l’anhydride phosphorique.
Pour chaque gaz, plusieurs séries d'expériences ont été faites et les courbes en logarithmes ont été tracées. La plupart des points obtenus pour un gaz déterminé se placent sur une droite dont il est facile de déterminer l’inchinaison, et l’inchnaison est différente pour chaque EVA
Pour tous les gaz, les points ne s’écartent d’une droite que lorsque la’ pression est tombée à une très faible proportion de sa valeur initiale. Cet écart ne paraît pas être dû à un changement dans la loi d'écoulement; 1l semble plutôt résulter principalement de la présence d’impuretés contenues dans le gaz. Lorsque la presque totalité du gaz (99 pour 100) est écoulée, toutes les impuretés ayant une densité plus grande que celle du gaz examiné se sont accumulées dans le résidu, le gaz qui s'écoule n’est plus aussi pur que primitivement, et la loi d'écoulement peut être ainsi modifiée. D'ailleurs,
à ce moment, la pression est très petite, de l’ordre de
de millimètre de mercure, les mesures sont
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naturellement beaucoup moins précises; de plus, la pression de l’autre côté de l’orifice n’est plus absolument négligeable vis-à-vis de la pression du gaz contenu dans lappareil-jauge.
J'ai pu me rendre compte que l’effet principal paraît devoir être attribué aux impuretés des gaz, car lorsque fe pression initiale du gaz est très faible, de l’ordre du + de millimètre de mercure, on obtient un écoulement suivant la loi normale jusqu’à une pression beaucoup plus faible que lorsque la pression initiale du gaz est grande, les gaz étrangers plus lourds étant en moins grande quantité. Parmi les impuretés qui peuvent accompagner le gaz, il est probable que les vapeurs émises par la graisse des robinets sont importantes.
Dans le Tableau ci-dessous, se trouvent les coefficients angulaires des droites logarithmiques relatives à différents gaz, et le produit du carré de chaque coefficient par le
poids moléculaire M :
Carrés Pentes Æ. des pentes 4. Produits M2.
O?(oxygène).. O7 0,01612 0,516 CO2(gaz one 0,107 0,01150 0,506 SO? (gaz HN Là OLIS 0,01277 0,511 ATars ON) 2. 0 10-000 0,00810 . 0,518
Ces gaz comprennent : un élément diatomique, l'oxygène ; un élément monoatomique, l’argon, et des gaz à molécules complexes. On voit que le produit de la densité par le carré du coeflicient caractérisant la vitesse d'écoulement, est le même pour tous.
Ce résultat montre que dans les conditions de l'expérience, l’écoulement d’un gaz ne dépend pas du rapport des chaleurs spécifiques. Il montre aussi que la méthode peut être employée pour la détermination des densités des gaz. Je ne l’ai établie que dans le but de déterminer la densité des émanations radioactives, mais elle pourrait
être perfectionnée davantage et rendue plus précise si l’on voulait l’utiliser seulement pour les densités des gaz ou des vapeurs. Elle présente certains avantages