VII. Lepidotus serrulaths Agass
Vol. 2, Tab. 3i.
Celte espèce , originaire du Lias de Whilby, où elle se trouve empâtée dans des nodules , a beaucoup de rapports, par sa taille comme par sa forme, avec le Lepidotus Gùjas et peut être envisagée comme l'un des plus beaux Lepidotus connus. Nous y retrouvons en effet cette forme régulière et en même temps trapue qui est le propre des vrais Lepidotus et qui rappelle un peu les grandes Carpes de nos jours. La plus grande largeur est en avant de la dorsale : or, en supposant que la caudale , qui manque dans notre exemplaire , égalait la longueur de la tête, la hauteur du poisson aurait été à sa longueur comme 1 à 3 et demi. Les écailles sont petites, eu égard à la taille du poisson. Les séries dorso-venlrales sont d'autant plus distinctes, qu'elles sont séparées l'une de l'autre par des espaces assez larges, comme si le poisson avait subi une dilatation notable après sa mort. Or, comme les Lepidotus étaient en général des poissons assez gros, cet écartement des séries d'écaillés n'a rien que de très-naturel, du moment que nous savons que le poisson a été soumis à une pression. Ces séries sont en outre obliques, de manière à former un angle d'à-peu-près US° avec la verticale. Celles du pédicule de la queue affectent une forme un peu plus arquée , dont la convexité est tournée en avant. Le bord supérieur des écailles est en général un peu échancré et le bord inférieur plus ou moins convexe. Par la même raison, l'angle antéro-supérieur de l'écaille est d'ordinaire saillant et pointu , tandis que l'angle antéro-inférieur est arrondi. Mais les écailles ne conservent pas leur même forme sur toute la largeur du corps ; elles deviennent de plus en plus étroites vers le bord ventral , où leur largeur n'égale pas même la moitié de leur longueur. C'est là une particularité très-rare chez les Lepidotus et qui sert surtout à distinguer notre espèce de la plupart de ses congénères.
Les nageoires n'offrent rien de bien particulier, si ce n'est que la dorsale est précédée d'une série d'écaillés érectes qui font comme le passage entre les rayons et les écailles. Les grands rayons sont bifurques. Il en est de même de ceux de l'anale et des pectorales, dont le premier rayon est en outre garni de petits fulcres très -distincts. Les ventrales n'ont laissé que des traces imparfaites en face de l'extrémité de la dorsale ; elles paraissent avoir été petites. La tête est courte et obtuse. 'Les mâchoires sont d'égale longueur, vigoureuses, et armées de dents verticales très-émoussées.
L'appareil operculaire n'est pas parfaitement conservé; cependant on voit que l'opercule était plus large dans sa partie supérieure que dans sa partie inférieure. La fig. 2 est une écaille grossie du milieu des flancs, montrant l'onglet articulaire qui est très-fort et les plis du bord postérieur de l'émail , qui donnent lieu à une dentelure très-peu marquée. La fig. 3 est un fragment de mâchoire que j'ai tout lieu de croire provenir de la même espèce et qui montre la forme et la disposition des dents , de grandeur naturelle.
Dans les collections de lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton.