II. PyGOPïERUS MANDIBULARIS AgaSS
Vol. 2, Tab. 53 et 53 a.
Syn. Sedgwick, On tlie geological relations and internai structure of the magnesian Limestone. — Trans. Geol. Soc. Lond.
2'=ser. vol. 3, Tab. 10 et 11.
Sauropsis scoticus Ag. msc. — Pygopterus scoticus Ag. niSC. — Nemopteryx mandibularis Ag. msc. — J'ai étiqueté
mon Pygopterus mandibularis de ces divers noms dans quelques collections avant de m'êti-e arrêté à celui que
je lui conserve ici.
Cette espèce a été figurée pour la première fois par M. Sedgwick, dans les Transactions de la société géologique de Londres. Lorsque j'en vis pour la première fois des fragmens en nature , je les rapprochai de mon genre Sauropsis en le désignant sous le nom de Sauropsis scoticus. Plus tard, après avoir appris à connaître le genre Pygopterus dont le P. Humboldti est le type , je reconnus que le poisson dont il est ici question avait les plus grands rapports avec ce nouveau genre , et comme il n'en différait que par quelques particularités secondaires , je l'inscrivis dans mes notes sous le nom de P. mandibularis. On retrouve en effet dans cette espèce la même physionomie et les mêmes traits généraux qui caractérisent le P. Humboldti. C'est un poisson de grande taille , de forme élancée , et remarquable par le développement extraordinaire de ses nageoires, qui ne diffèrent qu'en ce que l'anale est encore plus directement opposée à la dorsale que dans l'autre espèce. L'exemplaire de Tab. 53 a conservé sa caudale dans un rare état de perfection ; elle est très-grande , largement évasée et composée d'un nombre considérable de rayons dont ceux du milieu se subdivisent en un très-grand nombre de petits filets. Le lobe supérieur de la caudale est recouvert d'écaillés jusque prés de son extrémité. Son bord externe est garni de très-gros fulcres qui sont encore plus développés que dans le P. Humboldti. On ne peut guère douter, en voyant leur passage aux écailles et la manière dont celles-ci s'allongent près de la base des nageoires , que les fulcres en général ne soient des écailles modifiées. Le lobe inférieur n'en a que de trèspetits , ainsi que la dorsale et l'anale.
Un autre caractère de cette espèce c'est l'extrême uniformité des écailles qui ont la même forme et les mêmes dimensions près de la ceinture thoracique que sur le pédicule de la queue. Il n'y a que celles qui recouvrent le lobe supérieur de la caudale et celles de la partie inférieure et centrale du ventre qui fassent exception , les premières étant un peu plus allongées , les autres étant lancéolées. La ligne latérale est rapprochée du dos et à-peu-près parallèle à la courbe dorsale , du moins dans la partie antérieure du tronc. Les séries des écailles sont articulées d'une manière très-solide entre elles, au moyen de deux cornes qui existent au bord supérieur de l'écaillé et se logent sous la surface émaillée de l'écaillé voi-
sine (lig. S). La surface des écailles est finement pointillée , mais les points sont si petits qu'on ne les aperçoit qu'à la loupe. Aucun des bords n'est dentelé. La fig. 6 représente quelques écailles de la ligne latérale, qui se fait remarquer par un sillon assez large, lequel se rétrécit insensiblement en arrière.
J'ai rencontré dans la collection de Miss Surtees et dans celle de M. William quelques exemplaires qui contiennent des parties détachées de la tête ; mais il n'y a que celui de la collection de Miss Surtees dans lequel les mâchoires soient bien visibles (Tab. S3 , fig. 2). Le maxillaire supérieur est plus étroit que l'inférieur ; on voit à son extrémité l'intermaxillaire , qui s'unit au maxillaire par une ligne oblique : mais en arrière , près de l'articulalion , la partie postérieure du maxillaire supérieur se courbe en bas et prend une forme spatulifornîe. Le maxillaire inférieur, de son côté , devient de plus en plus large d'avant en arrière. La surface entière de ces os est couverte de fines rides obliques. Le bord des mâchoires est armé de grosses dents coniques distantes , plus ou moins allongées , à pointes très-acérées , entre lesquelles il y en a d'autres plus petites , placées sur le bord interne de l'os. La disposition de ces dents n'a rien de bien régulier ; les fig. 3 et 4 en représentent deux , vues à la loupe , pour montrer leur forme rigoureuse. Les os de la ceinture thoracique sont ridés irrégulièrement dans le sens longitudinal , comme chez les Eugnalhus.
Le poisson de Tab. 53 provient du calcaire magnésien ( maghesian limestone ) d'Angleterre. L'original se trouve dans la collection de Miss Surtees, à Mainsforth.
La Tab. S3 a représente un fragment du tronc d'un exemplaire beaucoup plus grand , de la collection de M. Buckland , provenant du même terrain.
Ce qui me fait supposer que ce poisson est réellement identique avec celui de Tab. 53, c'est la grande uniformité des écailles sur tout le corps. Il a en outre le grand avantage de nous donner une idée du squelette, qui est très-robuste. Les vertèbres sont courtes et grosses , les apophyses épineuses sont vigoureuses, surtout dans la partie postérieure du corps ; celles de la partie antérieure sont beaucoup plus grêles. Mais ce qu'il y a de plus remarquable , c'est une série d'osselets clavellés au-dessus de l'anale, qui sont évidemment des osselets interapophysaires ; il n'y a que les derniers qui affectent cette forme ; les premiers sont normaux.
Je connais encore plusieurs autres espèces de Pygopterus , dont Je suis obligé de renvoyer la publication à une autre époque. Ce sont :
1" Pygoptebus sculptus Agass. Cette espèce provient du même terrain que le P. mandibularis , mais elle en diffère par les ornemens de ses écailles, qui sont sculptées. Ses formes sont trapues.
2° Pygopterus Bucklandi Agass. Espèce caractérisée par la petitesse et la forme allongée de ses écailles et par son anale très-rapprochée de la caudale. Elle est à-peu-près de la taille du Pygopterus mandibularis et provient du calcaire de Burdie-House en Ecosse. L'original se trouve dans la collection de la Société royale d'Edimbourg.
5" Pygopterus Jamesom Agass. Sous ce nom j'ai distingué une seconde espèce de Burdie- House , dont je ne connais encore que la mâchoire inférieure , qui diffère de celle du P. mandibularis , en ce qu'elle est proportionnellement plus courte.
k° Pygopterus Lonisardi Agass. Espèce caractérisée par ses grosses vertèbres et par son anale d'une longueur démesurée et composée de très-gros rayons bifurques et articulés , dont les articles sont très-serrés. Je ne connais encore qu'un fragment du tronc : il provient des schistes à poissons de Muse près d'Autun.
^'' Pygopterus Luaus Agass. Une tête avec des dénis très-acérées ; de la houille de Saarbriick. L'original se trouve au Musée de Stuttgart.
6" Pygopterus Greenockii Agass. Espèce très-distincte sous le rapport spécifique , mais douteuse sous le rapport générique. Les fragmens connus ne sont guère que des têtes avec la partie antérieure du tronc. Les écailles qui recouvrent cette partie du corps, sont plus hautes que longues et diffèrent par-là de celles de tous les autres Pygopterus. Du terrain houiller de New-Haven. 11 en exisie plusieurs exemplaires dans la collection de lord (ireenock , qui sont tous contenus dans des géodes de fer hydraté carbonate.