I. Megaliirus LEPiDOTUs Agass
Vol. 2,Tab. Si a.
On reconnaît facilement celte espèce à la grandeur de ses écailles , qui sont réellement arrondies et plus hautes que longues , de manière qu'elles ressemblent à des écailles de Carpe ; celles qui sont bien conservées , laissent même apercevoir à travers leur émail les lignes d'accroissement , ainsi que le montre le petit groupe d'écaillés dessiné au trait à côté de la figure principale. Le disque circulaire qui est à côté , représente le contour d'une écaille isolée . vue à la loupe. On ne remarque aucune difTérence de forme entre les écailles do la partie caudale du tronc et celles de la partie abdominale. La colonne vertébrale , qu'on voit îlans notre exemplaire depuis son origine jusqu'à son extrémité , est très-robuste dans tout son trajet ; et il n'y a que les dernières vertèbres caudales qui se rappetissent subitement. Les vertèbres abdominales sont surtout très-grosses et beaucoup plus hautes que longues. Les côtes qui s'y rattachent sont en revanche très-courtes. Les apophyses supérieures sont très-inclinées dès les premières vertèbres, et fixées à l'angle postérieur des neurapophyses. Entre ces apophyses viennent s'interposer des osselets interapophysaires inermes, plus longs que les apophyses, mais qui cependant sont loin d'atteindre le bord dorsal. Ils ont cela de particulier, c'est qu'ils sont onduleux comme s'ils avaient été mous durant la vie. Les osselets qui correspondent aux rayons de la dorsale sont longs et roides. A partir de la dorsale, les apophyses s'allongent insensiblement vers la queue ; mais ce qu'il y a de très-intéressant , c'est la manière dont elles concourent à la formation de la caudale. Déjà les apophyses de la treizième vertèbre caudale ( à compter d'arrière en avant) servent de soutien à cette nageoire en supportant ses premiers rayons. Il faut pour cela qu'elles soient très-allongées , surtout les inférieures , et cet allongement contraste singulièrement avec l'extrême brièveté des côtes et des apophyses antérieures. Les apophyses suivantes, c'est-à-dire celles des 10", 9*, 8^, 7® vertèbres, etc., correspondent à-peu-près chacune à un rayon. Ces rapports entre les apophyses des dernières vertèbres et les rayons de la caudale paraissent être les mêmes dans le lobe supérieur ; seulement , comme ce lobe est refoulé en haut par la courbure de l'extrémité de la colonne vertébrale , il en résulte que ses rayons , ainsi que les apophyses qui les supportent , sont beaucoup plus serrés. Les premières vertèbres caudales sont excessivement grêles et comme atrophiées ; elles n'acquièrent leurs vraies dimensions qu'à partir de la septième vertèbre. Le lobe inférieur de la caudale compte treize grands rayons fort espacés , très-grêles , articulés à distance , et di-
chotomés deux ou tout au plus trois fois. Les articles s'étendent jusqu'à la base des rayons et sont sensiblement plus longs que larges. Le lobe supérieur n'a ([ue deux ou trois rayons principaux . (pii sont précédés d'un nombre considérable de rayons inermes ; ensorte que le lobe supérieur, ou cette partie de la caudale qui est supportée par les apophyses supérieures , n"a guère que le <piarl de la largeur du lobe inférieur. L'extrémité des rayons supérieurs étant enlevée dans notre exemplaire , il est difficile de dire quelle a été la forme précise de son contour, mais j'ai tout lieu de croire qu'il était arrondi. La dorsale est reculée ; son insertion ne commence guère quau milieu du dos; elle est grande et composée, comme la caudale, de rayons grêles , très-peu espacés et peu divisés. Il y en a en tout quinze à seize ; les six premiers sont indivis. L'anale est bien moins longue ; mais ses rayons sont tout aussi robustes , sinon plus développés. Les osselets interapophysaires qui supportent cette nageoire sont longs et bien accusés. J'en compte en tout sept, et il est probable que le nombre des rayons était à-peuprès le même. Il n'est resté dans notre exemplaire que quelques traces des ventrales , en face de l'insertion de la dorsale. Ce sont des fragmens de rayons assez mutilés, mais qui nous prouvent cependant que les rayons , loin d'être aussi grêles que ceux de la dorsale et de la caudale , étaient au contraire beaucoup plus larges et composés d'un grand nombre de ramifications. Les os de la tète sont mutilés , cependant on reconnaît assez distinctement les rayons branchioslègues, qui sont nombreux et robustes. La mâchoire inférieure est très-bien conservée et armée d'une douzaine de grosses dents coniques , dont les plus reculées sont les plus longues.
C'est une espèce propre au portlandien de Solenhofeiî ; l'original se trouve en double plaque dans la collection du Musée de Munich. Un autre exemplaire de plus petite taille , mais également bieii conservé, se voit dans la collection de M. Bronn à Heidelberg. Enfin M. le comte de Munster en possède aussi des vertèbres et des écailles détachées.