CHAPITRE XVIII
DU GENRE MACROSEMIUS \gass.
J'ai établi ce genre pour un petit poisson de la famille des Sauroïdes qui présente plusieurs particularités très-remarquables parmi lesquelles il faut placer en première ligne la forme de la dorsale qui s'étend sur toute la longueur du dos et dont les rayons sont très-grands. La caudale n'est pas fourchue , mais arrondie, comme dans le genre Megahirus; son lobe supérieur, A ers lequel se courbe la colonne vertébrale, est plus faible que le lobe inférieur. Les pectorales sont grandes ; les ventrales et l'anale au contraire sont petites. La tète est grosse et la gueule peu fendue , mais armée de dents robustes , dont la forme conique révèle assez un vrai Sauroïde. J'ai essayé de restaurer ce type d'après ces caractères , dans la figure 3, de Tab. D, Vol. 2. G'est évidemment de tous les Sauroïdes fossiles celui qui se rapproche le plus du Polyplerus Bichir (Voy. Tab. C. dé ce volume. ) D'un autre côté les différences sont cependant encore considérables , et il suffit de comparer les deux figures citées, pour s'en convaincre-
Je ne connais encore qu'une seule espèce de ce genre , le :
Macbosemius rostratus Agass.
Vol. 2, Tab. h7 a, fig. 1.
Ce poisson est plutôt trapu qu'élancé, et celte apparence résulte notamment de la grosseur de la tête combinée avec la hauteur et la grandeur de la dorsale. La tète est en effet très-développée ; on y reconnaît les frontaux, qui sont fort larges, l'occipital et les maxillaires. L'appareil operculaire n'est pas aussi développé qu'on devrait s'y attendre, d'après la largeur du crâne. On dislingue l'opercule .et le préopercule. Le premier est très-arrondi en arrière, mais du reste assez petit. La ceinture thoracique , à laquelle s'attachent les pectorales, est robuste. La charpente osseuse du tronc est faible, comparativement à celle de la tète ; les côtes et les apophyses épineuses sont grêles ; ces dernières sont en outre très-courtes. En revanche , les osselets interapophysaires et notamment ceux de la dorsale sont fort longs et touchent tous sans exception aux apophyses. Ceux de l'anale sont plus grêles et peu nombreux, l'anale étant elle même très-reculée. La colonne vertébrale se recourbe sensiblement en haut près de la
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taudale, mais sans pénétrer dans la nageoire elle-niênie, qui est en grande partie soutenue par les apophyses inférieures des dernières vertè})res caudales, à-peu-près comme chez les Mega- Uu'us. Quant aux autres nageoires, nous savons déjà que la dorsale s'étend sur toute la longueur du dos. Ses rayons sont longs, très-uniformes et bifurques seulement à leur extrémité. Il n'y a que les derniers, près de la caudale , qui sont sensiblement plus petits que les autres. Les pectorales sont larges , formées de rayons à-peu-près aussi longs que ceux de la dorsale, mais beaucoup plus faibles et plus divisés. Les ventrales sont petites et grêles, situées à-peuprès au milieu du corps et beaucoup plus rapprochées de l'anale (jue des pectorales. L'anale est de nouveau composée de rayons assez gros et fort semblables à ceux de la dorsale. Ceux de la caudale enfin sont assez longs et divisés nombre de fois à leur extrémité. Les plus grands correspondent au lobe inférieur. Il n'y en a qu'un petit nombre d'indivis en avant des rayons principaux. Les écailles ne sont conservées, dans notre exemplaire, que sur une petite partie du corps, au-dessous de l'anale; elles sont rhomboïdales, à surface lisse et ne me paraissent pas différer notablement de celles de la plupart des autres Sauroïdes.
C'est une espèce propre au calcaire lithographique de Solenhofen. L'exemplaire figuré se trouve au musée de Prague ; un autre , de même dimension, fait partie du musée de Munich.