‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 191 sur 289 · DES CÉLACAIVTHES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES CÉLACAIVTHES EN GÉNÉRAL

Je réunis dans celte famille plusieurs genres d'une physionomie tout-à-fait particulière , mais dont les vraies affinités ne sont encore connues que d'une manière très-imparfaite, Lîne particularité remarquable qui m'a frappé chez la plupart de ces poissons , c'est le fait que leurs os et notamment leurs rayons sont tous creux à l'intérieur, circonstance qui ne se retrouve point dans les autres Ganoïdes , et qui a valu à la famille le nom de Célacanthes , qu'elle porte maintenant. Ce caractère est surtout frappant dans le genre des vrais Cœlacanthus. A cette singulière structure des os se joint un autre caractère plus apparent et plus extérieur, savoir la forme et la disposition des nageoires et le mode d'articulation des rayons. Et d'abord , la plupart des rayons sont roides ou seulement articulés à leur extrémité. Leur combinaison avec les apophyses et les osselets interapophysaires est des plus étranges , notamment dans la caudale , dont les rayons sont soutenus par des osselets interapophysaires , ce qui , chez les autres poissons, n'a lieu d'ordinaire que pour l'anale et la caudale. Enfin la colonne vertébrale se prolonge plus ou moins distinctement entre les deux lobes principaux de la caudale , de manière à former un appendice médian effilé.

Prenant ces caractères , et en particulier la forme creuse des os et la disposition bizarre des nageoires pour point de départ , j'ai été tenté de rapprocher de ce type remarquable le genre Macropoma de la craie blanche , qui présente de frappantes analogies avec les Célacanthes dans la disposition , la forme et la structure de ses nageoires et partant dans sa physionomie générale. Mais je dois convenir qu'à côté de ces ressemblances , il existe entre les deux types de profondes différences , que nous signalerons en traitant de chaque genre en particulier, et qui nécessiteront peut-être par la suite une autre classification , lorsqu'on connaîtra mieux toutes les particularités de ce type remarquable.

Si l'on tient compte du développement extraordinaire du système dentaire dans quelques genres de cette famille et en particulier chez les Holoptychius , on sera tenté de rapprocher les Célacanthes des Sauroïdes , tandis que la dentition du genre Undina, telle qu'elle a été décrite par M. le comte de Munster, semblerait établir une plus grande affinité avec les Pycnodontes.

D'un autre côté , le système ccailleux offre des particularités que l'on ne rencontre dans aucune autre famille ; c'est ce qui m'a engagé à ranger provisoirement les C(elacanthes entre les Sauroïdes et les Pycnodontes. Il se pourrait cependant que leur véritable place fut plutôt dans le voisinage des Sclérodermes et des Acipenserides.

La famille des Célacanthes est une de celles qui exigera encore les recherches les plus nombreuses avant de pourvoir être envisagée comme suffisamment connue et convenablement délimitée. L'état fragmentaire des débris qu'on trouve le plus fréquemment , et qui résulte de la ténuité des écailles et des os de ces poissons , est en lui-même déjà un obstacle à leur étude , et l'absence d'un représentant dans la création actuelle , qui puisse servir de terme de comparaison avec les espèces fossiles, rend cet examen encore plus difficile. Il est probable dèslors qu'on ne parviendra que très à la longue à saisir tous les caractères des divers genres que je vais signaler à l'attention des paléontologistes ; de même que je n'ai reconnu moi-même (jue très-tard l'existence de cette famille, long-temps après avoir établi celles des Lépidoïdes, des Sauroïdes et des Pycnodontes. Le bel état de conservation de la plupart des Lépidoïdes et des Sauroïdes des terrains secondaires m'avait fait prendre le change sur l'importance de bien des fragmens appartenant à ce nouveau groupe que je négligeai , jusqu'à ce que la vue d'une portion assez considérable de la queue d'un Célacanthe vint me révéler l'existence de toute une famille ignorée jusqu'alors.

TOM. Il . 'z' Part 22

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