X. PALiEONlSCUS MAGNUS AgaSS
Vol. 2. Tab. i3 et i4-
Ce poisson a été confondu jusqu'à présent avec le P. Freieslebeni auquel il ressemble beaucoup, et dont il ne diffère que par quelques particularités de la forme de ses écailles et par son allure. Cependant il existe déjà plusieurs figures où il est assez bien représenté 5 entre autres : Scheuchzer pisc. quer. et vindic. pi. 4- f- i et 3 ^ Wolfart Hist. nat. Hassiae infer. pars I. pi. i3. 14. f- i et i5; Mylius memor. Saxonia? subterran. pars II. pi. 85 ; Walch et Knorr Natur. der Versteiner. Tom. I. pi. 20. f. I ; sans cependant que ces auteurs aient cherché à le déterminer , ou seulement à le distinguer de l'espèce commune que l'on trouve dans les mêmes lieux.
N'ayant point encore vu d'exemplaires des poissons fossiles d'East-Thickley que M. Sedgwick a si bien représentés dans les Géol. Transact. , je ne puis affirmer précisément si et en quoi l'espèce à laquelle il a donné le nom de Palœothrissum magnum diffère de celui du Zechstein d'Allemagne auquel j'ai donné le même nom spécifique ^ mais ce qui est certain , c'est que l'espèce que de Blainville a nommée Palaeothrissum magnum, d'après un exemplaire de la collection de M. Alex. Brongniart, n'est pas du tout la même que celle à laquelle il a donné le même nom , d'après des exemplaires qui lui ont été communiqués par 31. Sedgwick. Carie Palaeothrissum magnum Sedgwick est bien du genre Palaîothrissum, mais le Palaeothrissum magnum de Blainville de la collection de M. Brongniart appartient à un autre genre, auquel j'ai donné le nom de Pygopterus et à l'espèce celui de Pygopterus Humboldti. Si M. Sedgwick avait décrit la nature de la surface extérieure des écailles de l'espèce qu'il représente, il eût été facile de décider la question de l'identité ou de la différence des ichthyolithes d'East-Thickley et du Mansfeld. L'inspection des figures me fait supposer que tous les Palœoniscus représentés dans les Transactions géologiques sous les noms de P. macrocephalus, magnuset elegans, ne sont que des exemplaires plus ou moins bien conservés d'une même espèce à laquelle on pourra conserver le nom de P. elegans, si elle diffère de celles du Zechstein d'Allemagne.
Le Pala'oniscus magnus, tel qvie je l'ai établi, est une espèce très-distincte du P. Freieslebeni par ses écailles plus larges et moins élevées, par ses dimensions moins
cflîlées et enfin par des rides moins nombreuses à la surfaee extérieure des écailles. Quoique j'aie vu des exemplaires du P. Freieslebeni de tous les âges, présentant toujours les mêmes caractères que je lui ai assignés plus haut, j'avoue cependant n'avoir .vu encore que de grands exemplaires du Palaeoniscus magnus, à l'exception pourtant de deux petits individus qui se trouvent au Muséum de Paris. L'on pourrait donc penser que ces exemplaires ne sont que de vieux P. Freieslebeni (quoique j'en aie vu un grand nombre de plus petits que les grands exemplaires du Freieslebeni que j'ai figurés) , et cette objection serait majeure si la différence spécifique de ces deux espèces ne consistait que dans les rides moins nombreuses à la surface des écailles du magnus, puisqu'elles pourraient s'émousser avec l'âge : mais j'ai constaté, par l'examen d'un assez grand nombre d'individus, que les différences dans les dimensions des écailles ne sont point apparentes et ne sauraient provenir d'un déplacement de leur position naturelle-, tout comme la largeur plus considérable du tronc ne provient point de l'aplatissement des exemplaires qui présentent ce caractère, les séries des écailles étant trop régulières dans toute leur étendue pour qu'on puisse le supposer. Les plus beaux exemplaires de cette espèce que j'aie vus se trouvent aux Musées de Municb et de Paris. Les originaux des tables i3 et i4 sont de la collection donnée au Muséum de Paris par M. de Humboldt; tous les deux nous font voir le poisson par la surface interne des écailles du côté gaucbe : dans celui de la table i3, il y a un lambeau d'écaillés du côté droit au-dessus de l'anale. La différence qu'il y a dans l'état de conservation des nageoires de ces deux individus m'a engagé à les faire figurer les deux; dans la table i4 on voit les écailles qui recouvrent les nageoires, et dans la table i3 les articulations des rayons eux-mêmes.
Le Palœoniscus magnus atteint des dimensions assez considérables; la plupart des exemplaires qui se trouvent dans les collections ont plus d'un pied de long. Il est considérablement plus large que le P. Freieslebeni; son dos est voûté par une courbe semblable à celle du ventre, qui lui donne un aspect fusiforme à cause du rétrécissement considérable de la partie du tronc postérieur à la dorsale et à l'anale. La tête est médiocre ; plutôt petite que grande comparativement à la masse totale du poisson : le museau forme aussi une saillie au-dessus et en avant de la mâchoire supérieure ; l'orbite est également petite et très-avancée sur la tête; les pièces operculaires paraissent plus grandes; mais la mâchoire inférieure est certainement plus grande et ses branches plus élevées que dans le P. Freieslebeni. La ceintui'e thoracique est très-forte et forme une saillie anguleuse au-dessus de l'insertion des pectorales, dont on voit quelques rayons dans la table i3. Les ventrales sont en avant du bord antérieur de la dorsale ; elles paraissent généralement plus rapprochées du milieu de l'abdomen, c'est-à-dire, du moins plus éloignées de l'anale que dans le P. Freiesle-
béni; elles sont aussi plus grandes que dans cette espèce. La doisale n'en est pas moins un peu en arrière du milieu du tronc; sa base est plus large, et toute la nageoire par conséquent plus grande aussi que dans l'espèce ci-dessus mentionnée. L'anale insérée sur le bord oblique du rétrécissement de la queue est un peu plus , petite que la dorsale ; elle est plus rapprocbée du bord du lobe inférieur de la caudale que des ventrales : les nageoires ont des rayons fendus à plusieurs reprises au delà du milieu de leur longueur, et articulés à des espaces plus éloignés que les articles ne sont larges ou que les rayons ne sont épais ; tandis que les écailles qui les recouvrent sont plus petites, plus courtes du moins que ces articulations, et rangées par séries régulières le long des rayons de manière à les recouvrir; tout le long du bord antérieur de la dorsale , de l'anale et des ventrales il y a de petites écailles pointues, allongées et très-grêles, accolées fortement contre les rayons qui les portent et qui s'étendent jusqu'à l'extrémité des nageoires. La caudale a cela de particulier que son lobe inférieur, étant moins large, paraît plus petit à côté du supérieur; cette différence devient d'autant plus frappante que le prolongement de la queue, le long du lobe supérieur, est moins étroit, les écailles qui le recouvrent moins allongées, et les plaques impaires de son bord supérieur plus grandes et plus redressées ; le long du lobe inférieur elles sont beaucoup plus petites. Les rayons mêmes de la nageoire sont très-brancbus à leur extrémité et recouverts de très-petites écailles. Un des caractères les plus marqués de cette espèce, c'est la disposition et la forme des écailles; les séries dorso-ventrales sont très-arquées en avant sur le dos, et droites, mais un peu obliques sur les flancs jusqu'au bord de l'abdomen, où elles se tournent un peu en arrière ; celles de la partie antérieure du tronc , dans lesquelles on compte plus de trente écailles, tandis qu'il n'y en a qu'une vingtaine dans celles du P. Freieslebeni, sont aussi plus larges que celles de son extrémité caudale, Toutes les écailles sont moins élevées que celles du Freieslebeni; leurs côtés, par conséquent plus égaux, ont des bords équilatéraux sur toute la surface du poisson jusqu'au prolongement de la queue, où elles sont plus longues que hautes; en avant du tronc elles sont plus grandes cependant que vers la queue. Leur surface extérieure est sculptée de rides moins marquées et moins nombreuses, tandis que l'on distingue les rides d'accroissement concentrique, f. 2 et 3. tab. i3. ; leur surface interne ondulée présente à son bord postérieur une sorte d'éventail , résultant de ces ondulations , f . 4 et 5. tab. i3. On voit quelquefois des exemplaires de cette espèce qui ne paraissent pas plus larges que le P. Freieslebeni; mais qui, du reste, ont tous les caractères que je viens d'indiquer; ce sont surtout ceux qui sont fortement arqués par le ventre et dont le milieu du dos est enfoncé.
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