‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 39 sur 289 · III. Palsoniscus glaphyrus Agass · texte numérisé non relu

III. Palsoniscus glaphyrus Agass

Vol. 2, tab. 10 Cj fig. I et 2.

Cette petite espèce n'a point encore été figurée ; cependant j'en avais déjà vu un dessin dans le portefeuille de Cuvier : c'est l'espèce que j'ai citée à la page 21 du i" volume de cet ouvrage. L'original de ma figure se trouve au Musée d'York ; il m'a été communiqué par M. le Prof. Phillips.

Les traits les plus caractéristiques de ce poisson sont ses grandes écailles et la brièveté de son corps. Sa forme extérieure est à peu près celle du P. Voltzii ou du P. fidtus; mais il diffère des deux par la grosse dentelure du bord postérieur de ses écailles. Cette espèce a la tête proportionnellement très-petite, égalant à peine la cin-

quièmc partie de sa longueur totale, et beaucoup moins large que le tronc- quoiqu'elle soit très-mal conservée dans l'original de ma figure, on peut s'assurer cependant qu'elle est entière , car on distingue l'extrémité des mâchoires cpii forme une houclie très-petite. On aperçoit en dessus l'orbite, qui est proportionnellement beaucoup plus grande. Les pièces opercnlaires sont aussi fort petites. En dessous et en arrière de la mâchoire inférieure, ou distingue des traces de sept rayons branchiostègues. Les pectorales ont entièrement disparu; mais on voit distinctement l'insertion des autres nageoires. La dorsale occupe le milieu du dos ; son bord antérieur se trouve cependant un j>eu en arrière des ventrales. Les rayons de toutes les nageoires sont moins rapprochés les uns des autres que dans les autres espèce* du calcaire magnésien 5 et par ce caractère, cette espèce se rapproche davantage de celles d'Autun, comme elle leur ressemble aussi beaucoup par sa forme trapue. Tous les rayons sont très-fendus, mais leurs bifurcations sont moins nombreuses que dans la plupart des autres espèces du genre. Au bord antérieur des nageoires, on distingue facilement les petits rayons, qui sont accolés contre les plus grands ; ils diffèrent de ceux des autres espèces en ce qu'ils sont plus allongés et moins serrés contre le bord des nageoires. Les écailles (fig. 2) sont proportionnellement très-grandes sur toute la surface du corps ; celles des côtés de la queue seulement sont un peu plus petites ; leur surface extérieure est complètement lisse -, tous leurs bords sont droits ; au bord postérieur, on distingue une dentelure très-marquée, dont les pointes, très-distinctes les unes des autres, sont proportionnellement très-allongées. Toutes les écailles sont fort minces; on distingue à leur surface intérieure de gros onglets articulaires qui s'engrènent dans de larges fossettes triangulaires ; d'une écaille à l'autre on voit s'étendre une quille très-étroite, mais très-marquée. La ligne latérale s'étend directement de l'angle supérieur de l'opercule à l'extrémité de la queue.

Cette espèce provient du calcaire magnésien d'Angleterre,

ÏV. Pal-egniscus macrophthalmus Agass.

Vol. 2, Tab. 10 c, fig. 3.

Autant le P. glaphjrus se distingue de ses congénères par la petitesse de sa tête, par la largeur de son corps et par la grosseur de ses écailles, autant il est facile de reconnaître le P. macrophthalmus à des caractères directement opposés. En effet, cette espèce a la tête très-grande , et, proportionnellement aux dimensions du tronc, elle est aussi très-grosse; sa longueur n'est comprise que trois fois et demie dans la longueur totale du poisson; sa largeur paraît avoir été plus considérable même que celle du milieu du tronc. L'orbite est très-grande, placée immédiatement au dessus

de la mâchoire et à la partie antérieure de la tête, qui se termine par un museau trèsobtus, arrondi et plus saillant que la mâchoire inférieure, dont les branches sont étroites. En dessous de la mâdioire inférieure, on voit des traces de neuf rayons branchiostègues au moins, dont le premier est fort large; les suivans, qui sont beaucoup plus étroits, s'allongent insensiblement. La surface des os du crâne est ornée de stries et de points irréguliers. La ceinture thoracique est très-vigoureuse ; l'humérus, qui est le plus large de ses os, forme à peu près un angle droit avec le scapulaire. Le corps est très-étroit, tout d'une venue ; le milieu du dos n'est pas plus élevé que la nuque ; le pédicule de la queue seulement se rétrécit un peu avant de se prolonger le long du lobe supérieur de la caudale. La dorsale est un peu plus rapprochée de la caudale que de la tête ; elle occupe l'intervalle qu'il y a entre l'anale et les ventrales. Celles-ci sont beaucoup plus rapprochées de l'anale que des pectorales. Toutes ces na^ geoires sont petites ; leurs rayons, extrêmement grêles, sont à peine bifurques à leur extrémité 5 leurs articulations transversales sont très-distantes ; à leur bord antéi-ieur on distingue, à l'aide de la loupe seulement, de très-petits rayons accolés aux plus grands. La caudale présente également quelques particularités : ses rayons sont un peu moins grêles que ceux des autres nageoires du tronc 5 sOn lobe inférieur est presque aussi large et aussi long que son lobe supérieur. A son bord inférieur, on distingue à peine de petits rayons accolés le long du plus grand , tandis qu'il y en a de très-visibles et de très-allongés tout le long du bord du lobe supérieur. Les écailles sont trèspetites ; celles de la partie postéi'ieure du corps ne le sont pas sensiblement plus que celles de la partie antérieure 5 celles du prolongement du pédicule de la queue seulement sont plus allongées et plus étroites ; leur surface extérieure est sillonnée par quelques stries irrégulières. Je n'ai point aperçu de dentelure à leur bord postérieur; les onglets articulaires de leur surface intérieure sont à peine visibles ; cependant on y distingue des quilles très-plates qui traversent les écailles.

Du Calcaire magnésien d'Angleterre.

L'exemplaire original de ma ligure, qui est le plus beau que j'aie vu de cet espèce, appartient à M. Riepley de Witby .

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