‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 40 sur 289 · V. PaL^EONISCUS LONGISSIMUS Agass · texte numérisé non relu

V. PaL^EONISCUS LONGISSIMUS Agass

Yol. 2, tab. 10 c, fig. 4-

Le P. longissimiis diffère tellement de toutes les espèces déjà décrites, que peu de mots suffiront pour le caractériser nettement. 11 paraît ne pas être très-rare, car j'en ai vu plusieurs exemplaires dans les collections de M. Witham et de M. Randyll, ainsi qu'au Musée d'Yorck. L'original de ma figure appartient à M. Witham. L'un

de ceux de M. Kandyll est surtout instructif, en ce qu'il prosente ce poisson par sa face supérieure^ il montre évidemment que c'est une espèce plus arrondie que toutes les autres de ce genre j sa longueur est même plus considérable, proportionucllcment à sa largeur.

Les poissons fossiles auxquels on peut, d'après les détails de leur ostéologie, supposer un corps plat, plus ou moins large, ne se présentent jamais autrement dans les roches que couchés sur le flanc , tandis que ceux dont le corps est plus ou moins arrondi, présentent tantôt les flancs, tantôt les faces supérieure ou inférieure. Ceux dont la tête est déprimée ou comprimée, et dont le corps est arrondi, sont fréquemment tordus à la nuque ; il en est de même de ceux dont la tête est plus ou moins arrondie, et dont le corps est plat.

Dans le P. longissimus , la tête paraît avoir été arrondie comme le tronc; la surface des os du crâne est granulée, c'est-à-dire qu'elle est ornée de points saillans, plus ou moins allongés et en séries sur les fi'ontaux, et formant des stries irrégulières sur les plaques operculaires et sur les os de la ceinture thoracique. La tête égale environ un sixième de la longueur totale du corps. 11 est diflîcile de s'en faire une juste idée d'après l'exemplaire de ma figure, tant ses os sont disloqués; mais on en voit nettement plusieurs parties dans celui de 31. Pxandyll, dont je viens de parler.

Les nageoires sont proportionnellement petites, et, vu la longueur considérable du poisson, elles paraissent fort éloignées les unes des autres. La dorsale, qui est opposée aux ventrales, occupe le milieu du dos. L'anale est un peu plus rapprochée du lobe inférieur de la caudale que des ventrales. Je n'ai vu les pectorales que dans l'exemplaire de M. Randyll; leurs rayons paraissent être plats, ils ne sont bifurques que jusqu'au tiers de leur longueur ; leurs articulations transversales sont assez éloignées pour que chaque division d'un rayon paraisse beaucoup plus longue que large. Il en est de même des rayons de la dorsale, de l'anale et des ventrales. Les rayons du lobe inférieur de la caudale sont sensiblement plus gros que ceux de son lobe supérieur ; les premiers ne sont bifurques qu'à leur extrémité. Tous ces rayons ont des articulations transversales très-rapprochées. Les petits raj^ons du bord inférieur de la nageoire sont très-courts; ceux de son bord supérieur sont beaucoup plus grands, trèsallongés et pointus ; ils deviennent successivement plus petits jusqu'à l'extrémité du prolongement du pédicule de la queue.

Comme dans tous les poissons arrondis, les écailles ont été disloquées en s'aplatissant avec le corps ; elles sont de moyenne grandeur, généralement plus longues que hautes ; celles du milieu des flancs seulement sont équilatérales. Leur surface est marquée de stries et de points irréguliers, plus nombreux dans celles de la partie anté- ToM. II. 14

rieure du corps ; le bord postérieur de celles-ci présente une fine dentelure, qui est à peine visible dans celles de la queue. Toutes ces écailles sont très-épaisses.

Le P. longissinius n'a encore été trouvé que dans le Calcaire magnésien d'Angleterre.

Dans son rapport sur la Géologie, la Minéralogie, la Botanique et la Zoologie de. Massacbussets, publié en i833, M. llitchcok a donné de nouveaux détails sur le gisement du poisson que j'ai décrit sous le nom de Palœoniscus fultiis , vol. 2, p. 43, tab. 8, fig. 4 et 5. Il en a également donné une figui'e dans son Atlas, Tab. i4, fig. 46. L'original de ma fig. 4? qui se trouve à Paris dans la collection de M. Alex. Brongniart, me paraît être la contr'empreinte de l'exemplaire publié par M. Hitcbcok; du moins le sommet de la tête et ses côtés présentent- ils exactement les mêmes saillies accidentelles et la même dislocation des os du crâne. Les pectorales, les ventrales et l'anale présentent aussi absolument la même position. Il ne peut donc y avoir aucun doute sur l'identité de ces deux poissons ; aussi suis-je convaincu que c'est par inadvertance que la partie inférieure et la partie supérieure de la caudale ont été rendues symétriques dans le dessin de l'ouvrage américain. J'aurai plus tard occasion de parler des autres espèces figurées par M. Ilitcbcok. D'après les renseignemens donnés par cet auteur, il paraît que les scbistes bitumineux de Middletown (Sunderland, Mass.) et ceux de West-Springfield appartiennent au terrain du grès bigarré ; M. Ilitcbcok ajoute « que Sunderland est la seule localité où l'on puisse se procurer encore de ces fossiles. Là les scbistes forment les bords de la rivière, à une bauteur de plusieurs pieds \ cependant les icbtbyolitbes sont le plus abondans dans la partie inférieure des coucbes, qui correspond environ au niveau des basses eaux. J'en ai exploité, dit-il, des centaines d'exemplaires dans cet endroit; cependant il est fort rare d'en trouver de parfaits. Sur une plaque de scbiste, large de i5 pouces sur 3 pieds de long, que je possède, on voit distinctement l'empreinte de sept poissons. Il m'est même arrivé assez souvent de rencontrer vin poisson coucbé en travers sur un autre, sans en être séparé par la plus mince couclie de rocbe. Aussi , d'après ces exemplaires , est-il facile de concevoir comment l'on a pu commettre la méprise de croire que , parmi les poissons de Monte-Bolca , on en ait trouvé un dans l'acte même d'en avaler un autre. Une couche mince de matière carbonifère indique ordinairement la place oîi il se trouve un poisson ; cependant les contours de la tête ne se distinguent le plus souvent que par des rides irrégulières. Quelquefois on rencontre ime couche

très-mince de chaux carbonatéo fibreuse, qui, ayant une couleur cVun gris lustré, donne à ces exemplaires Taspcct de poissons qui viennent de sortir de l'eau. Souvent les exemplaires sont très-mutilés, tellement même que la forme du poisson est entièrement détruite , et que les écailles et les nageoires sont pêle-mêle , et cela à côté d'autres exemplaires qui sont entiers. Cette circonstance ne nous permet pas d'attribuer ces mutilations, comme on a coutume de le faire, à une force destructive agissant sur la roche lorsque le poisson y a été déposé , ou plus tard -, mais si nous supposons que les poissons, lorsqu'ils périrent, furent successivement enveloppés de limon, on conçoit aisément comment quelques-uns d'entr'eux ont pu se décomposer et tomber en pièces avant d'être enterrés assez profondément pour être préservés. Il se pourrait aussi que plusieurs de ces poissons eussent été dévorés par d'autres animaux; et, dans ces deux cas, nous devons nous attendre à n'en trouver que des fragmens fossiles. La grande ressemblance de ces fossiles avec ceux des schistes bitumineux de 3Iannsfeld a déjà été remarquée ; il est probable qu'ils appartiennent tous au genre Palœothrissum. »

L'espèce dont il s'agit ici est fort rare en Amérique ; elle n'a pas encore été trouvée ailleurs. Ce que M. ïlitchcok rapporte de son état de conservation, est parfaitement d'accord avec ce que j'ai dit des Palœoniscus de Mannsfeld, à la page 70 et suiv. de ce volume.

Dans les collections de Lord Cole et de Sir Ph. Egerton, j'ai encore observé plusieurs beaux exemplaires du Palœoniscus Diwenioj, également de Munster-Appel, comme ceux qui sont décrits pag. 45 et suiv. Parmi les exemplaires de Lord Cole^ j'en ai remarqué un dont la forme est plus large, le corps plus court, les écailles plus grandes et l'anale plus longue que dans les auti^es. Cependant cet exemplaire n'est pas assez bien conservé pour qu'il soit possible de décider si ces différences résultent de son état de conservation , ou si ce sont des indices de l'existence d'une seconde espèce dans cette localité. En les signalant ici, j'ai voulu fixer l'attention des paléontologues qui pourraient avoir l'occasion d'observer un grand nombre d'exemplaires de ces fossiles.

Dans ces mêmes collections, j'ai aii un plus grand nombre d'exemplaires du Palœoniscus macropomus j tous provenant dllmenau, qui confirment pleinement les différences indiquées entre cette espèce et les P. Freieslehenietmagnus. M. le comte

de Munster m'écrit aussi que tous les exemplaires qu'il a vus proviennent des mines abandonnées d'Ilmenau, que ce poisson y était assez commun, mais qu'il est difficile de s'en procurer maintenant, et qu'il s'y trouve toujours dans des géodes nommées Schwielen par les mineurs, et jamais dans les schistes proprement dits. On trouve aussi dans ces géodes de beaux fucus. A Eisleben, à Mannsfeld et à Riegelsdorf, M. le comte de Munster n'a nulle part trouvé le P. macropomus .

Le Palœoniscus de New-Haven, indiqué dans les Proceedings of the 4 Meeting Brit. Ass. pag. 76, est ime espèce que je ne connais encore qu'imparfaitement j je la désignerai provisoirement sous le nom de

PaL.CONISCUS CARINATUS Ag.

Yol. 2, Tab. 4^^fig. I et 2.

Je ne connais encore qu'un seul exemplaire de cette espèce, qui se trouve dans la collection de Lord Greenock, mais dans un état de conservation tel, qu'il est impossible de reconnaître tous ses caractères. On ne voit de la tête qu'une partie des pièces operculaires, et un fragment de la mâchoire inférieure, dont le bord est armé de trèspetites dents en brosse rude ; le tronc est entier, il est vrai , mais les rayons des nageoires manquent complètement, excepté la base de ceux de la caudale, qui sont trèsfins. On voit aussi de grosses écailles acuminées en forme de petits rayons le long du prolongement du pédicule de la queue; à son bord inférieur, on aperçoit la base de quelques rayons de l'anale. Les dimensions de ce poisson le rapprochent du P.fultus et du macropomus ; mais il me j^araît différer de toutes les espèces du genre par la grosseur plus considérable des écailles qui recouvrent les parois abdominales, et qui sont beaucoup plus grandes que celles de la queue , du bord du dos et du milieu du ventre, où l'on n'aperçoit que des écailles très-étroites, dont la longueur est au moins double de leur largeur. Ce qui rend surtout difficile l'appréciation des caractères de cette espèce, c'est que l'on voit toutes les écailles du côté droit seulement par leur surface interne ; on ne peut se faire qu'une idée incomplète de leur surface extérieure d'après le petit nombre de celles qui sont tombées. Comme ces empreintes sont assez distinctes et parfaitement lisses, il est probable que la surface extérieure des écailles n'était ornée d'aucun dessin particulier. Quant à leur surface interne, elle est également lisse ; sur son milieu s'élève une quille plate, qui, au bord supérieur de l'écaillé,

— lori —

se prolonge en un gros onglet articulaire très-pointu. Au bord inférieur, on observe , en arrière de cette quille , une dépression triangulaire assez grande pour loger l'onglet articulaire de l'écaille inférieure. A l'angle postérieur de l'opercule, on aperçoit sur les six premières écailles un tube étroit, qui les traverse complètement d'avant en arrière. A en juger seulement d'après les dimensions des écailles des flancs, il ne serait pas impossible que ce poisson appartint au afenre Àmblyplerm. De meilleurs exemplaires, sur lesquels on pourra distinguer nettement la structure des nageoires , décideront de sa position générique. L'exemplaire qui vient d'être décrit a été trouvé dans une géode de fer hydraté carbonate de Nevi'-Haven près de Leith.

Je dois ajouter encore, pour compléter ces additions au chapitre des Pala?oniscus, quelques indications sur deux des espèces qui viennent d'être décrites.

1) Il existe dans la collection de M. le professeur Jameson des échantillons de calcaire de Rutherford Inn, à 17 milles au sud d'Edimbourg, sur lesquels on remarque des écailles du P. Robisoni, avec de petites coquilles qu'on envisage généralement comme des Planorbes.

2) Il existe dans la collection de New-Castle un échantillon du Palœoniscus comttis , sur lequel on distingue les apophyses épineuses des vertèbres abdominales , qui sont courtes , dilatées à leur extrémité et tronquées. Elles sont assez distantes l'une de l'autre, ce qui prouve que les corps de vertèbres étaient au moins de moyenne longueur.

3) Un exemplaire de la même espèce , dans la collection de M. Witham , fait voir que les écailles de la face inférieure du corps sont beaucoup plus petites, plus étroites et plus allongées que celles des côtés. En revanche, il y en a plusieurs très-grandes à la racine de l'anale.

//. Nouvelles espèces dv genre Amblypterus.

Avant de passer aux nouvelles espèces que j'ai reconnues dans les collections d'Angleterre, je dois mentionner ici une espèce du Muschelkalk d'Allemagne, dont la découverte est due à M. le comte de Munster, c'est le

Amblypterus Agassizu Munst.

Sous ce nom, M. le comte de Miinster m'a communiqué plusieurs dessins d'une espèce de poisson fossile trouvée dans le Muschelkalk d'Esperstaedt en Thuringe. Cette espèce a tous les caractères des Amblypterus : la forme et la position des nageoires, la ténuité de leurs rayons, l'aspect des écailles et la configuration générale du tronc sont les mêmes ; elle se rapproche même à plusieurs égards de V À . macropterus , décrit ci-dessus, pag. ol. Mais, d'un autre côté , le museau est plus allongé , et la mâchoire supérieure forme une saillie arrondie au Carton ToM. II.

dessus de la mâchoire inférieure, saillie qui résulte probablement, comme dans les Palaeoniscus , du développement considérable de Telhmoïde. Jusqu'ici j'avais cru ce caractère exclusivement propre aux Palseoniscus , n'ayant vu que peu d'exemplaires du genre Amblypterus dont la tête fût assez bien conservée pour ne me laisser aucun doute sur sa forme.

La dorsale et l'anale sont également grandes, mais leurs derniers rayons sont fort courts , ce qui fait paraître ces deux nageoires très-échancrées. Le bord antérieur de la dorsale est sensiblement plus rapproché de la tète que celui de l'anale ; les ventrales et les pectorales sont plus petites que dans \'.4. macropterus. Les rayons des pectorales sont plus allongés que ceux des ventrales. Les écailles sont très-petites ; on les voit en grande partie par leur face extérieure, qui est finement striée vers le milieu du corps ; ces stries sont à-peu-près parallèles aux bords supérieur et inférieur des écailles ; vers le dos , elles divergent plutôt en éventail , et vers la queue, elles redeviennent plutôt parallèles. Leur face interne est entièrement lisse, avec un onglet articulaire au milieu du bord supérieur et une fossette correspondante à son bord inférieur. Dans la tête , on distingue nettement la saillie que forme le bord antérieur du museau au dessus du maxillaire supérieur ; le maxillaire inférieur est proportionnellement grand et vigoureux ; les pièces operculaires sont étroites et se dirigent obliquement vers l'insertion de la pectorale ; à leur bord on aperçoit quelques franges qui pourraient bien être des traces des branchies.

L'espèce n'est encore connue que par un seul exemplaire qui se trouve dans la collection de M. le comte de Munster. Il est à-peu-près complet, car il ne manque que la caudale et une partie du pédicule de la queue. Ses dimensions sont à-peu-j)rès celles de notre Spirlin. C'est, jusqu'à présent, la seule espèce d'Amblypterus que l'on ait signalée dans le Muschelkalk, et à cette occasion je dois rendre un juste tribut de reconnaissance au zèle de mon savant ami M. le comte de Miinster. Il ne s'est pas seulement borné à enrichir la paléontologie d'une foule de matériaux précieux. Depuis que j'ai déterminé les poissons de sa superbe collection , il s'est livré avec un soin si particulier à l'étude des poissons fossiles, qu'il distingue maintenant facilement leurs différences spécifiques, même sur des fragmens incomplets." Il a souvent l'attention de m'envoyer des descriptions et des croquis des espèces nouvelles dont il enrichit tous les jours l'ichtliyologie.

En poursuivant ses recherches sur la formation houillère d'Ecosse , lord Greenock a fait une découverte fort importante pour l'avancement de nos connaissances sur les poissons fossiles. Dans les schistes bitumineux de Wardie , qui contiennent une immense quantité de géodes de fer hydraté carbonate , il a remarqué que ces masses -, presque toutes arrondies et déforme plus ou moins régulière, contiennent comme noyau

quelque débris organique, soit un coprolithe, soit une portion plus ou moins considérable de poisson fossile. Les eaux de la nier, qui baignent ces couches, détachent facilement ces géodes que l'on trouve en grande aljondance à New-llaven près de Leith. C'est là que lord Greenock a ramassé ses beaux Ichthyolithes ; on en a également trouvé sur la côte opposée et à Inchkeith. La collection de lord Greenock contient le plus grand nombre de fossiles de ces localités , parmi lesquels j'ai distingué au moins huit espèces de poissons, et entr'autres plusieurs Ainbljptcrus. D'autres espèces appartiennent au genre Pjgopterus de la famille des Sauroïdes ; c'est probablement de celles-ci que proviennent les nombreux coprolithes que l'on trouve aussi dans ces géodes , et qui contiennent fréquemment des écailles de ces mêmes Amblypterus. D'autres poissons, des genres lùirjnoùis et Acantliodes j n'ont été trouvés jusqu'ici que par fragmens incomplets ; en sorte que l'on doit s'attendre encore à de nouvelles découvertes intéressantes, qui enrichiront la Faune de la formation houillère. Parmi ces fragmens, il y a des traces certaines de Placoïdes , que je décrirai plus tard. M. W. Trevelyan m'a également communiqué de beaux exemplaires de ces poissons. J'en ai vu d'autres au musée d'Oxford, qui m'ont été communiqués par M. le professeur Buckland. — ■ Les espèces du genre Ambljpterus trouvées à New- Haven , sont :

i, Amblypterus nemopterus Ag.

Yol. 2. Tab. 4 Jfj fig- I et 2.

Cette espèce ressemble beaucoup à VA. macroptenis de Saarbriick ; et si je n'en avais pas vu des exemplaires très-complets, je n'aurais pas osé me prononcer sur la différence spécifique bien caractérisée qui les distingue. La forme générale de V Amblypterus nemopterus est la même que celle du macroptenis : la partie antérieure du tronc est environ du double plus large que le pédicule de la queue, et le dos est uniformément arqué. Les rayons des nageoires sont grêles, et ceux du bord antérieur de la dorsale et de lanale considérablement plus allongés que ceux du bord postérieur de ces nageoires. Les pectorales et les ventrales sont également acuminées. Ce sont ces caractères surtout qui distinguent l'espèce de New-Haven d'avec celle de Saarbriick , dont les larges pectorales et les ventrales sont très-arrondies, et dont la dorsale et l'anale n'ont pas de rayons très-allongés à leur bord antérieur.

La tête de cette espèce est petite , égalant environ un cinquième de la longueur totale du corps; l'œil, également petit, est placé tout-à-fait au bout du museau. Les mâchoires sont assez bien conservées pour que l'on puisse reconnaître qu'elles sont fortes, garnies à leur bord de très-petites dents coniques, peut-être en brosse. La

gueule est très-fendue. Du reste, les os de la tête sont trop mal conservés pour cpi'il soit possible de décrire leur forme. Les pièces operculaires paraissent avoir été trèsétroites 5 et à en juger d'après l'empreinte de quelques fragmens, leur surface extérieure était striée. Les os de la ceinture tlioracique l'étaient certainement, dans leur sens longitudinal. Les rayons de toutes les nageoires sont grêles, et ont des articulations assez distantes. La dorsale n'occupe pas exactement le milieu du dos ; elle est un peu plus rapprochée de la caudale que de la tête; sa base est large, ses rayons antérieurs très-développés et au moins six fois plus longs que ses rayons postérieurs 5 ils sont tous bifurques à plusieurs reprises jusque vers leur milieu ; leurs articulations transverses sont au moins du double plus longues que les rayons ne sont larges. En avant de la dorsale , les écailles du dos s'élèvent insensiblement le long de son bord antérieur, et finissent par former de petits rayons qui s'étendent jusqu'à l'extrémité des plus grands. L'anale a sa base encore plus large , et à-peu-près de la même forme que la dorsale ; les rayons de son bord antérieur sont également très-allongés , tous bifurques à plusieurs reprises ; mais les articulations transversales sont un peu plus rapprochées. La caudale n'est entière dans aucun des exemplaires que j'ai vus ; cependant l'on peut s'assurer sur celui que j'ai figuré, que son lobe inférieur est plus allongé qu'il ne l'est en général dans les Amblyptcnis. Tous les rayons de cette nageoire sont grêles, profondément bifurques; leurs articulations transversales, quoique plus longues que larges, sont cependant plus rapprochées que dans les autres nageoires. Le long du prolongement de la queue, les écailles impaires qui le bordent ne sont pas beaucoup plus grandes que celles de ses côtés. Les pectorales et les ventrales sont plus petites , c'est-à-dire, plus étroites que dans VA. macvopterus ^ mais les rayons de leur bord antérieur sont beaucoup plus allongés; ce qui donne à ces nageoires une forme très-différente, plutôt semblable à une faucille qu'à une large rame. Les écailles sont généralement de grandeur médiocre, plutôt petites; proportionnellement à la taille du poisson ; elles sont presque de même forme et de même grandeur sur tout le corps ; celles de la partie antérieure des flancs sont seulement un peu plus hautes et plus grandes que celles des côtés de la queue ; sur le prolongement de celles-ci elles sont un peu plus longues que larges. Leur surface extérieure est ornée de petites rides saillantes, disposées, à-peu-près comme les lignes d'accroissement , en losanges concentriques plus ou moins régulières et un peu oblicjues , de telle sorte que leurs angles aigus sont tournés vers les angles supérieur-antérieur et inférieur-postérieur de chaque écaille. 11 faut être sur ses gardes pour ne pas confondre ces rides de l'émail qui orne la surface des écailles, avec les stries d'accroissement que l'on voit en dessous dans les écailles brisées. La ligne latérale s'étend directement de l'angle supérieur de l'operculé au milieu de la queue ; on distingue à

travers ses écailles de petits tubes obliques, qui forment, à raison de leur direction inclinée , une série comparable à des hachures obliques , parallèles entre elles à la partie antérieure du corps , mais qui sont placées de plus en plus bout à bout vers son extrémité postérieure.

Celte espèce et la suivante paraissent être très-fréquentes à New-Haven ; la moitié des poissons que l'on trouve dans cette localité appartiennent à l'une ou à l'autre. Lord Greenock et 31. Trevelyan possèdent plusieurs exemplaires de VA. nemopterus ; l'original de ma figure appartient à M. Trevelyan.

Page 1