I. Cyclurus Valenciennesii Agass
Vol. 5, Tab. 53, fig. 2 et 3.
J'envisage cette espèce comme le type du genre Cyclurus , parce qu'elle réunit à un haut degré tous les caractères que nous venons d'envisager comme distinctifs de ce genre. En effet la forme arrondie de la caudale ne saurait être plus distincte que dans l'exemplaire de fig. 2. On y voit également bien l'inclinaison très-pi'ononcée de la colonne vertébrale; mais comme le dessin de cette figure est renversé, il s'ensuit que la courbe, au lieu d'être dirigée en haut, se trouve au conti'aire inclinée en bas, ainsi que l'indiquent les lettres a,b, qui correspondent aux mêmes lettres de la fig. 3.
Fig. 3 nous présente la structure particulière de la colonne vertébrale, qui , comme il vient d'être dit au paragraphe du genre, se compose de vertèbres très-étroites et très-larges, dont le nombre a dû être très-considérable, à en juger d'après celles qui sont conservées. On compte au moins 50 vertèbres caudales, à partir de l'insertion de l'anale. La même figure nous donne une idée de cet autre caractère propre aux Cyclures, qui consiste dans l'extrême développement de la dorsale. Il est probable que cette nageoire occupait au moins la moitié du dos, attendu que dans l'exemplaire en question, elle s'étend depuis à-peu-près l'origine de la caudale jusque bien au-delà de l'insertion de l'anale*, il est même très-probable, qu'intacts, lés derniers rayons dépassaient l'origine delà caudale. Dans l'exemplaire figuré, on ne compte pas moins de 27 gros rayons à la dorsale, L'anale, en revanche, ne paraît pas avoir été bien développée, quoiqu'elle fût composée de rayons de même longueur mais plus gros que ceux de la dorsale. J'y compte 6 rayons sur l'exemplaire de fig. 3, mais il se pourrait qu'il en manquât un ou deux. Il n'existe que de faibles traces des ventrales, mais elles sont sufïisantes pour nous indiquer leur position; d'où il est permis de conclure que la partie antérieure du tronc quia disparu, n'était pas très-élancée.
Si maintenant nous examinons les diverses nageoires en détail , nous trouverons
que leurs rayons sont sans exception très-gros, profondément ramifiés et articulés de
très-près ; dans la caudale en particulier, les articulations se voient dès l'origine des
rayons et se poursuivant jusqu'à leur extrémité. Cette nageoire a en outre cela de
■ particulier, qu'elle ne forme, pour ainsi dire, qu'un seul faisceau. On ne saurait des
lors lui appliquer la formule habituelle employée pour les caudales à deux lobes. On compte en tout 20 rayons à la caudale, qui tous se font remarquer par leur extrême largeur. Chaque rayon se divise en deux faisceaux presque dès son origine, et ceuxci se subdivisent de nouveau avant d'avoir atteint la moitié de leur longueur, de sorte que l'on peut dire que tous les grands rayons se composent de quatre faisceaux distincts, dont les articulations sont ordinairement alternantes. Il en est de même des rayons de la dorsale, quoiqu'ici les faisceaux soient un peu moins distincts, et les rayons plus grêles. Les rayons de l'anale sont plus gros que ceux de la dorsale et leurs articulations plus marquées. Les écailles sont très-allongées, à-peu-près comme dans le genre des Tanches, quoique beaucoup plus grandes? Elles sont en même temps très-épaisses , mais tellement fracturées qu'il m'a été impossible d'en figurer une détachée. Les deux exemplaires figurés, les seuls que je connaisse de cette espèce, proviennent des lignites de Menât (Puy-de-Dôme) et m'ont été communiqués l'un par M. le Dr.Hibbert^ et l'autre par M. le Professeur Valenciennes, qui a bien voulu me le céder pour le Musée deNeuchâtel, où il se trouve déposé maintenant.