‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 109 sur 156 · DES ESOCIDES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES ESOCIDES EN GÉNÉRAL

La famille des Esoces telle qu'elle a été établie et caractérisée par Ciivier dans son Règne animal, ne me parait pas circonscrite dans des limites aussi naturelles que la plupart des autres familles établies par ce grand naturaliste. L'importance qu'il attachait à la structure des rayons dorsaux l'a engagé à opérer des rapprochemens que je ne crois pas naturels. C'est ainsi que prenant , chez les Salmones , la nageoire adipeuse pour un caractère de première valeur, il a placé à côté des vrais Salmones des poissons qui , comme les Scopèles , les Aulopes et les Saurus , se rapprochent bien plus des Clupes. Déjà le prince de Canino a relevé judicieusement ce qu'il y a d'exagéré dans ce rapprochement , et en divisant la famille des Salmones en plusieurs tribus naturelles , il a fait voir de combien d'élémens divers elle se compose. Tout en approuvant ces changemens , et en rendant hommage à la sagacité de leur illustre auteur, je crois cependant qu'il aurait été naturel de les pousser encore plus loin ; car de deux choses l'une : ou bien l'on réunira la famille des Clupes à celle des Salmones ; ou bien , si on veut les démembrer, il faudra faire rentrer les Anchois dans la tribu des Scopèles , et les Harengs dans celle des vrais Salmones, et ainsi de suite. Mais alors la famille des Esoces devra aussi fournir son contingent à ces nouveaux groupes , et les genres Stomias , Chaulioilus et plusieurs autres, encore moins connus, iront naturellement prendre place dans le voisinage des Scopèles et des Aulopes. J'attache maintenant d'autant moins d'importance à l'arrangement des rayons des nageoires du dos , que je me suis convaincu , par l'étude du développement des rayons chez les jeunes sortant de l'œuf , qu'il existe ordinairement dans le jeune âge une nageoire continue tout le long du dos et sous le ventre . et que la séparation des nageoires dorsale , anale et caudale n'est qu'un fait secondaire dans l'organisation des poissons. Cela étant, la position plus ou moins reculée de la dorsale qui était envisagée comme un caractère essentiel des Esoces , n'a plus à mes yeux la même valeur ; je dirai même que la présence de quelques rayons articulés dans la seconde dorsale du Chauliodus setinolus , à l'endroit où se trouve l'adipeuse dans les Salmones , ne me parait point s'opposer à ce que ce genre soit exclus de la famille des Esoces , pour être reporté dans le voisinage des Aulopes.

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